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Après les élections d’avril 2007, les adversaires du Général étaient rentrés dans leurs petits souliers ; les scores réalisés par les uns et les autres ne plaidaient pas en leur faveur.

Il était parvenu depuis son premier mandat à réunir autour de son programme et de sa personne l’essentiel de la classe politique. Tout le monde était avec le général, soutenant ses vues et positions. Ce succès donna une allure de plébiscité à sa réélection surtout que son poursuivant immédiat, l’ancien président de l’Assemblée Nationale dont les partisans claironnant qu’ils avaient été spoliés de leur victoire en 2002.

Les résultats de 2007 ne pouvaient que les ramollir. Le soutien dont bénéficie ATT est l’un des plus forts qu’un régime ait bénéficié depuis l’indépendance. En soutien libre et volontaire aucun régime de Modibo Keita à Alpha Oumar Konaré n’est arrivé à réunir tout le monde autour de lui, comme le général ATT.

Ce succès politique porte en lui les germes d’une destruction de la dilapidation de ce capital sympathie.

L’autre succès, c’est la politique de logements et d’emplois. Une politique de logement jamais égalée est mise en route.

Quoi qu’on dise, en la matière, il a fait mieux que l’ensemble des régimes de l’indépendance à ce jour. Tenant ses promesses.

Comme ses prédécesseurs, le premier de ses échecs est l’école. Depuis l’arrivée du Professeur Amadou Touré, de grève en sorties intempestives, les professeurs et les étudiants se succèdent dans les rues. De repêchages des notes attribuées à la tète ou au genre, on a atteint le fond avec la correction d’un professeur par ses étudiants. Quelle école ?

Pas d’année blanche, clament les autorités scolaires.

L’année sera sauvée, quel que soient les moyens ou le temps passé en classe. Un forum est tout de même proposé pour une sortie de crise.

La crise du Nord est l’autre épine qui empêche le Général-Président de se mouvoir. Contrairement à son collègue du Niger, le Colonel Mamadou Tandia, ATT impose à son armée un dialogue qu’il est le seul à respecter. Il tient aux Accords d’Alger et le chef bandit Bahanga ne voit son salut que dans l’ampliation du protocole de Tripoli.

Cette guerre est l’échec retentissant de la première année de règne du Général.

La cherté de la vie est là aussi, comme partout ailleurs. Les prix de toutes les denrées de consommation courante ont pris l’ascenseur. Les explications fournies par-ci et par-là sont rationnelles. Mais les mesures prises pour contenir les prix n’arrivent pas à endiguer le phénomène qui reste entier.En plus des facilités accordées à certains opérateurs économiques céréaliers, c’est une politique volontariste de production qui est entrain de voir le jour. En attendant la toute prochaine récolte, les prix ressemblent à tout, sauf à ce qui est chanté sur tous les toits. Voici encore un autre échec du pouvoir ATT.

D’ailleurs certaines tentatives de marches vite contenues et de protestations contre la vie chère, avaient traversé l’esprit de quelques Bamakois. Le libéralisme prôné ici et là ne fait que l’affaire de ceux qui ont pignon sur rue.

Issa Laye Camara

Le Renouveau du 04 juin 2008