Partager

Mercredi, à Saly Portudal, une station balnéaire située à 80 km de Dakar, a débuté un atelier international avec comme thème « Enjeux majeurs du commerce et les politiques agricoles en Afrique de l’ouest et du centre : élargir le dialogue pour bâtir une alliance », organisé par la conférence des ministres de l’Agriculture de l’Afrique de l’ouest et du centre (CMA/AOC).

Expliquer aux différents responsables du monde agricole les enjeux des futures négociations agricoles internationales prévues à Hong Kong et impliquer davantage d’autres acteurs comme les parlementaires, représentants du secteur privé et journalistes conviés sur le traitement des questions agricoles au niveau national, régional et international, représentent les principaux objectifs visés par cette rencontre.

C’est grâce au soutien de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), du Projet de renforcement de l’interface entre les États et les Chambres d’agriculture de l’Afrique de l’ouest (PRIECA/AO), du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) basé à Wageningen aux Pays-Bas et des Juristes et économistes internationaux contre la pauvreté (JEIP), que cet atelier se tient.

Durant la rencontre, les participants, vont partager les informations disponibles sur le rôle et la place de l’agriculture dans le processus de développement économique et social, ainsi que sur la dynamique de l’intégration régionale dans l’espace Afrique de l’ouest et du centre, de faire l’état des lieux des négociations internationales notamment le volet agricole dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et des Accords de partenariat économique (UE/ACP) ; vont plancher sur la place et le rôle des acteurs publics et privés, notamment, les organisations paysannes à travers les organisations professionnelles et les Chambres d’agriculture et faire adhérer les parlementaires et les journalistes à la démarche participative et consensuelle des politiques de développement agricole et commercial.

Durant la première journée des travaux, nombreuses questions ont été discutées par les participants, comme : le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), comment aider l’Afrique à s’extirper du piège de l’aide, reformuler les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), l’Afrique a-t-elle les capacités indispensables pour affirmer son développement et regarder l’avenir avec sérénité ? Comment renforcer l’interdépendance entre les dépenses de santé, d’éducation et d’agriculture afin que ces secteurs participent au développement durable ? Comment à un moment où les pays industrialisés rechignent à investir massivement dans l’agriculture, trouver les solutions internes pour assurer notre propre développement ? Les questions de l’utilisation des OGM et de la biosécurité sont-elles incontournables ? Comment retenir une part importante ou équitable de la création de richesses dans nos pays en évitant le scénario pétrolier du Tchad ? …

Par rapport à la question : « Comment obtenir des avancées notables sur les négociations agricoles de l’OMC en faveur des pays africains ? », seule une pression morale et politique peut permettre aux pays africains d’obtenir des avancées considérables, ont jugé les experts.

Les pays africains ont tout intérêt à s’unir et à parler d’une voix solidaire pour espérer faire bouger les choses après l’échec en juin dernier des négociations de l’OMC, ont estimé les participants.

Pour certains intervenants, le coton représente aux Etats-Unis, un enjeu électoral auquel les mandats électoraux sont intimement liés. Les Républicains qui sont majoritaires, n’ont pas l’intention de perdre des voix en lâchant sans compensation les cotonculteurs américains. En novembre prochain, les élections parlementaires de mi-mandat pour les deux chambres auront lieu.

De son côté, l’Union européenne, argue le fait qu’elle a assez reculé.

Ainsi, pris en tenaille entre deux gros partenaires, les pays africains doivent organiser le dialogue national, régional et international afin d’aller de l’avant, chose qui n’est pas au dessus de nos moyens, estiment les intervenants. Il faudrait pour cela, affirmer un peu plus de volonté politique et de synergie d’actions. Car sans une démarche volontariste, les pays comme le Bénin continueront toujours, à importer leurs œufs, et d’autres pays, du riz, alors que le Mali et le Nigeria ont largement le potentiel pour approvisionner la sous région.

Les travaux prendront fin ce soir.


1er septembre 2006.