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Accusé par ses détracteurs de n’avoir rien fait à la tête de l’Association des municipalités du Mali depuis son installation en 2005, le président sortant de ladite association et non moins candidat à sa propre succession, le maire de la commune III du District de Bamako, Abdel Kader Sidibé vient de présenter son rapport d’activités 2005-2009.

Il ressort du document qui a été déposé à notre rédaction que « le présent rapport d’activités qui couvre la période de janvier 2005 à décembre 2009, fait le point d’exécution des activités réalisées par le bureau exécutif national de l’AMM, conformément au plan d’action adopté à cet effet ».

Un plan d’action qui s’articule autour de cinq axes stratégiques suivants : renforcement des capacités (instances) de l’AMM au plan du lobbying, de la représentation et de la défense des intérêts de ses membres ; renforcement des capacités des élus locaux par rapport à la promotion de la gouvernance locale et de l’administration communale ; promotion de la coopération décentralisée et des relations internationales (positionnement international de l’AMM ; développement de programmes thématiques pour le développement local durable et l’enracinement de la décentralisation et enfin le renforcement des capacités du secrétariat exécutif de l’AMM.

Fort de ce plan d’action 2005-2009 adopté lors du premier congrès ordinaire qui s’est tenu les 16 et 17 décembre 2004 à Bamako, le bureau exécutif national de l’AMM dirigé par le maire Abdel Kader Sidibé s’est attelé au cours de ces cinq dernières années à la défense des intérêts de ses membres et au renforcement des capacités de l’AMM au plan du lobbying de la représentation.

D’autres activités ont aussi été réalisées. Il s’agit entre autres des activités de renforcement des capacités des connaissances et compétences des élus locaux afin de promouvoir la gouvernance locale et l’administration communale ; des activités de promotion de la coopération décentralisée, de l’intercommunalité et des partenariats internationaux de l’AMM ; des activités de développement local durable et l’enracinement de la décentralisation et enfin du renforcement des capacités de la direction exécutive.

Parlant de la défense des intérêts de ses membres, le rapport d’activité 2005- 2009 fait ressortit qu’au cours de ces cinq dernières années « l’AMM a consolidé son statut d’acteur incontournable du processus de décentralisation dans notre pays ».

L’association est en effet associée à toutes les prises de décisions relatives au renforcement du processus de décentralisation. Mieux, elle est membre de conseils d’administration des comités consultatifs de nombreuses structures et organisations intervenant dans le domaine du développement durable local.

Quant à la protection administrative et juridique des intérêts de ses membres, l’AMM a fait adopter un statut des élus locaux par le gouvernement. Elle est parvenue aussi à mettre en place un fonds d’expertise judiciaire qui lui a permis d’assister certains maires ayant des problèmes juridiques.

Dans le cadre de l’assistance et action de solidarité, l’AMM a apporté son appui financier et technique à certaines communes lors des différentes manifestations : festival d’Andéramboukane. Festival Diamwari, Mopti ; festival de Kayes – Médine ; journée des municipalités de Ségou (deux éditions).

En vue d’assurer une meilleure représentation au niveau des différentes instances de décision de la décentralisation, du développement local, de la lutte contre la pauvreté, l’AMM a créée à partir de mars 2005 sept commission techniques et 3 groupes de travail.

Elle a beaucoup contribué aussi à la pérennisation du dispositif technique d’appui aux collectivités territoriales à travers des missions et des rencontres dans certaines communes.

Elle a, en outre, entrepris une vaste campagne de plaidoyer et de lobbying afin que l’opérationnalisation du transfert des compétences et des ressources se poursuive conformément aux recommandations issues de l’atelier national tenu en octobre 2004.

Le Bureau Exécutif National de l’AMM, sous la houlette de Abdel Kader Sidibé, a organisé de façon régulière la journée nationale des communes, véritable forum de rassemblement des élus locaux et d’échanges thématiques. Cette journée a été institutionnalisée par l’Etat à la demande de l’AMM. A partir de 2005, elle a introduit une innovation importante avec « commune expo : le salon des collectivités locales ».

Ces journées des communes ont beaucoup contribué à l’ancrage de la décentralisation, à l’effectivité du transfert des ressources et des compétences, à une meilleure appropriation par les élus des problématiques liées à la gestion et à l’administration communale.

Parlant des activités de représentation, il ressort du rapport d’activité 2005-2009 que l’AMM est aujourd’hui présente dans différentes organisations et structures d’appui et d’orientation à la décentralisation, de programmes de développement des collectivités tant sur le plan national qu’international.

Dans le cadre des activités de promotion de la coopération décentralisée, de l’intercommunalité et des partenariats internationaux de l’AMM, il semble que « la période 2005-2009 a été celle d’une révolution dans le domaine de la coopération décentralisée, de l’intercommunalité et du positionnement international de l’AMM. »

C’est surtout dans le domaine du genre que l’équipe d’Abdel Kader Sidibé a fait un progrès remarquable « plus de 200 femmes participent aujourd’hui activement aux activités de la journée nationale des communes du Mali contre seulement 07 de 2000 à 2004 », nous informe t-on.

Mieux, en juillet 2006, l’association a procédé à la mise en place du caucus des femmes élues locales du Mali. Cette activité a enregistré la présence de près de 600 femmes sur les 740 élues locales que compte le pays à cette époque.

Ce caucus qui s’est doté d’un plan d’action a permis à 250 élues locales des régions de Koulikoro, Kayes, Ségou, Sikasso de bénéficier de diverses formations en leadership et communication électorales à l’approche des élections communales d’avril 2009. Le caucus est également initiateur de la création de la plateforme des femmes élues locales de l’espace UEMOA.

Avec une masse salariale mensuelle de 600 000Fcfa repartie entre 5 agents dont 2 cadres « A », trois agents B et du personnel de soutien (chauffeur, gardien, agent de nettoyage), en décembre 2004, l’AMM compte aujourd’hui 33 employés dont 20 cadres A (10 déployés à l’intérieur du pays), pour une masse salariale mensuelle de près de 7 000 000Fcfa.

En cinq ans, l’AMM a multiplié par 6 le nombre de ses employés. Ce qui en fait aujourd’hui la troisième association de pouvoirs locaux en termes de personnel, après la SALGA d’Afrique du Sud et ALGON du Nigéria.

L’association a mis en œuvre une stratégie de promotion de l’emploi des jeunes diplômés en son sein. En effet, plus de la moitié des agents de conception et des catégories B et C en sont à leur premier emploi, après avoir soutenu sur des thèmes qui intéressent l’AMM, souvent après près de deux ans de stage renuméré.

C’est dire que le mandat qui s’achève a jeté les bases d’une nouvelle stratégie de positionnement de l’AMM en tant qu’organisation de développement, avec la mise en œuvre de plusieurs projets et programmes. L’AMM, avec ses résultats, suscite aujourd’hui un grand intérêt de la part de tous les acteurs politico administratifs de notre pays. Ce qui à l’évidence constitue la première preuve que ce mandat 2005-2009 a été bien rempli.

Birama Fall

13 Mai 2010.