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«Il n’y aura ni autonomie, ni indépendance! Le Mali restera un et indivisible!». Ce leitmotiv du Président de la République a été, une fois encore, réaffirmé avec fermeté. C’était lors de l’ouverture des Assises nationales sur le Nord, qui constituent l’une des étapes vers des solutions s’accordant avec l’autre offre d’IBK: «tout le reste est négociable».

Le vendredi 1er novembre dernier, dans la grande salle du Centre International de Conférences de Bamako (CICB), le président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta a été on ne peut plus clair: «la stabilisation du Mali passe par la résolution des problèmes», mais dans le strict respect de son intégrité territoriale.

Par conséquent, du haut de la tribune des Assises nationales sur le Nord, il a appelé tous les fils et filles du pays à saisir l’opportunité ainsi offerte pour débattre, «fraternellement, en toute convivialité et, pourquoi pas, de manière communielle», de tout ce qui peut aider à recoudre le tissu national.

Après les Etats généraux sur la décentralisation, tenus une semaine auparavant, ces Assises nationales constituaient l’autre volet de la réponse d’IBK au cataclysme qu’a subi le Mali au cours de l’année 2012.

Au-delà, il s’agissait d’asseoir les bases d’un règlement définitif des crises cycliques qui secouent le Septentrion. Comment? En refondant un «nouveau Contrat social» entre les Maliens. Contrat social qui sera le fruit de la contribution de tous les acteurs dans «l’identification et la correction des défaillances de notre système politico-institutionnelle».

Pour en arriver là, malheureusement en seulement deux jours de travaux et avec une polémique autour de la représentativité réelle de certaines délégations (voir encadré sur Gao), trois thèmes centraux ont été au programme, discutés par trois commissions de travail: Réconciliation Nationale, Cohésion sociale et Vivre ensemble, Gouvernance locale et Développement accéléré des régions du Nord.

Pour le premier, le Président de la République a annoncé la restructuration et la redynamisation de la Commission Nationale de Dialogue et de Réconciliation, en lui ajoutant la dimension Vérité et en la mettant au travail au plus près des Maliens, au-dedans et au-dehors (dans les différents camps de réfugiés).

Quant aux second et troisième thèmes, leurs terrains ont été déjà balisés par les recommandations (la régionalisation en est une majeure) issues des Etats généraux sur la décentralisation des 21, 22 et 23 octobre dernier, et le Plan de développement accéléré des régions du Nord validé lors d’un atelier le 14 du même mois.

Ainsi, le processus de «retour à la normale» enclenché par l’Accord préliminaire de Ouagadougou fait son petit bonhomme de chemin. Ainsi, les envolées lyriques et autres allusions au passé grandiose et glorieux du Mali qui ont jalonné le discours présidentiel à l’ouverture des travaux de ces assises ont ravivé la flamme de l’espoir dans le cœur des Maliens. Espoir quant à la volonté commune de ne pas «laisser s’abîmer cette belle symbiose» magnifiée dans une salle du CICB où ce jour «s’étale la belle étoffe de notre nation métissée».

Cependant, que l’on ne s’y méprenne pas. Le Président a bel et bien conscience que toute cette stratégie ne saurait être une panacée sans le sacrifice national et le respect des engagements internationaux. Autrement dit, d’une part la mise en œuvre du Plan accéléré de développement des régions du Nord est intimement liée à la mise à disposition des ressources promises (notamment à la table ronde de Bruxelles).

Et, d’autre part, même au cas où serait tenue la parole donnée, les Maliens devront «renouer avec une nouvelle éthique du travail bien fait». Sinon, tous les efforts consentis resteront vains. Et le Président de citer, à titre illustratif, les chantiers qui ont été ouverts pour impulser le développement des régions du Nord, mais qui n’ont pu aboutir à des résultats satisfaisants ou être menés à terme, du fait souvent d’une certaine façon de faire, et, bien des fois, par la faute de ceux-là mêmes qui s’insurgent contre le retard de cette contrée du pays en y faisant régner une atmosphère d’insécurité quasi-permanente et hostile à toute action durable.

En tous les cas, Ibrahim Boubacar Kéïta a saisi l’opportunité pour rappeler la raison principale pour laquelle les Maliens lui ont fait confiance: «gérer le réel et non pas les fantasmes de quelqu’un». Il a donc promis d’œuvrer à faire du Mali «l’architecte de son destin» et appelé au «républicanisme» de la classe politique dans son ensemble.

Qu’en sera-t-il de tous ces engagements et appels au nationalisme? Réponse dans un très proche avenir, et bien sûr prioritairement au lendemain des législatives prochaines, comme l’a si bien souligné IBK lui-même.

Mahamane G. Touré

Le 22 Septembre du 04 Novembre 2013