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Après les états généraux sur la décentralisation, les acteurs du développement du Mali se donneront rendez vous ce week end (aujourd’hui et demain) pour les Assises nationales sur le nord. La ténue de cette rencontre constitue la concrétisation d’une promesse tenue par le gouvernement Tatam Ly, en vue de la résolution adéquate et définitive de la crise du Nord-Mali.

C’est à l’initiative du président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Kéïta et du gouvernement, sous l’égide du ministère de la Réconciliation Nationale et du Développement des Régions du Nord que les travaux des Assises Nationales sur le nord se tiendront ce matin. Ils se poursuivront demain avec des débats sur l’atteinte des voies et moyens pour la réconciliation nationale, la cohésion sociale et le vivre ensemble.

Selon les termes de référence de ces assises, elles s’inscrivent dans la perspective de refondation d’un nouveau Contrat social entre les Maliens. Elles visent à réunir tous les acteurs de la Nation malienne pour identifier et corriger les défaillances structurelles de notre système politico-institutionnel afin de promouvoir une nouvelle gouvernance démocratique prenant mieux en compte les réalités profondes de notre société et l’aspiration fondamentale de changement nourri par le Peuple malien dans tous les domaines pour un développement plus harmonieux et plus solidaire.

Les échanges porteront également sur les recommandations des États généraux de la décentralisation et le programme de développement accéléré des régions du nord.

Le Programme de Développement Accéléré des Régions du Nord (PDA/RN), mieux qu’un programme d’ absorption de la crise, constitue un moyen vital pour consolider la paix et la sécurité à travers le développement socioéconomique des régions affectées par la crise. Ainsi, il vise, entre autres, à réhabiliter les infrastructures de l’administration publique ; assurer la sécurité alimentaire et la nutrition ; assurer la paix et la sécurité à travers la restauration de l’autorité de l’Etat et le renforcement de la cohésion sociale.

Faut-il le rappeler, ce programme a été structuré en cinq (5) axes stratégiques prioritaires, à savoir : le retour de l’administration et la cohésion sociale ; l’agriculture et la sécurité alimentaire ; le relèvement économique ; l’accès aux services sociaux de base et infrastructures, développement et mines. Il est composé de deux catégories de projets répartis comme suit : 36 projets/programmes en cours d’exécution ; 93 nouveaux projets dont le financement est à rechercher.

Il faut noter que le cout total de ces projets et programmes retenus dans le Plan d’Actions Prioritaires est estimé à 1 098 220 503 714F CFA dont 381 967 000 000F CFA (soit 35%) sont acquis et 716 253 503 714F CFA (soit 65%) sont à rechercher auprès de l’Etat et ses partenaires.

A en croire ses organisateurs, l’objectif de ces assises est de « faire connaître et partager les préoccupations et les attentes du peuple malien sur la voie de la recherche d’une paix durable, juste et inclusive ». Mais aussi, recoudre le tissu national, renforcer l’unité nationale et définir les bases de la refondation d’une nation plurielle, réconciliée avec elle-même.

Cette rencontre de deux jours regroupera des centaines de participants, à savoir : toutes les composantes sociales du pays. Notamment, des acteurs étatiques, des chefferies coutumières et traditionnelles, de la classe politique…

A ceux-ci, s’ajoutent ceux des organisations de femmes et de jeunes, de la société civile, des forces de défense et de sécurité, des Mouvements et groupes d’autodéfense, des représentants des réfugiés et des déplacés, des médias publics et privés, des partenaires au développement et organisations internationales.

A noter que ces assises nationales sur le Nord se tiennent un dizaine de jours après les États généraux de la décentralisation, tenus du 21 au 23 octobre à Bamako, qui visaient à améliorer la gouvernance par l’approfondissement du processus de décentralisation pour un développement équilibré du territoire national. Les recommandations sorties de ces états généraux constitueront un tremplin pour les participants afin de dégager des solutions qualitatives aux accords de Ouagadougou, conclus entre le gouvernement du Mali et les groupes armés du Nord.

Moustapha Diawara

01 Novembre 2013