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L’étudiant en médecine a procédé à des pénétrations au doigt sur une enfant de 9 ans

La salle Boubacar Sidibé de la Cour d’appel de Bamako a abrité l’ouverture officielle de la deuxième session de la cour d’assises de Bamako. Peu de temps après ceux qui ont eu le courage de suivre la première affaire du jour se posent encore des questions sur la nature de l’homme qui se tenait devant eux à la barre. L’accusé Soungalo Coulibaly puisque c’est de lui qu’il s’agit était un étudiant de la Faculté de médecine et d’odontostomatologie. Il est âgé aujourd’hui de 28 ans.

Après son admission au bac et son inscription à la FMPOS, le jeune Soungalo Coulibaly a obtenu le droit de loger chez un compatriote à N’Tomikorobougou en commune III. Comme la plupart des jeunes admis des régions. Ses nouveaux logeurs, des protestants pratiquants, vivent dans l’enceinte d’une église protestante avec une fillette de neuf ans. Très vite l’enfant eut de l’admiration pour l’étudiant qu’elle rejoignait chaque fois dans sa chambre pour lui poser des questions sur la vie. Ce rapprochement conduisit l’enfant et l’étudiant à entretenir des relations bizarres pour un homme de la santé, que dis-je, de la médecine. Pendant que la fillette vouait un respect total et parental à celui qu’elle appelait Tonton, ce dernier nourrissait des velléités sataniques envers elle. Lorsqu’il comprit qu’il avait totalement acquis la confiance de la petite E.T, il commença par lui parler de sexe et à introduire son doigt dans le vagin de la gamine. Souvent il attendait que les parents de l’enfant sortent pour la conduire dans le bureau du pasteur de la communauté et commençait ses séances de pédophilie. Ses pulsions satisfaites, les deux ressortaient comme si de rien n’était et reprenaient la vie normale.

Quelques temps après, la famille de E.T eut un logement plus spacieux et plus décent que la petite piaule que l’église lui avait donnée à Kouliniko. Tous partirent sauf l’étudiant que les religieux ont gardé sur place. Mais une semaine après le déménagement la fillette commença à souffrir d’une infection vaginale. Elle avait de la peine à uriner et lorsqu’elle y parvenait, elle ressentait une brûlure intense et une vive douleur dans sa partie intime. Sa mère, Wassoun Johanna Koné fut la première à découvrir le mal de la fillette. Elle la conduisit dans une chambre pour la soumettre à un interrogatoire intelligent. E.T. ne résista pas et répondit que c’était Soungalo Coulibaly qui lui faisait l’amour en se servant de son doigt. Johanna porta plainte alors contre l’étudiant pédophile qui nia les faits dans un premier temps. Mais lorsqu’il a été confronté à la fillette il reconnut la nature perverse de ses rapports avec la jeune fille.

A la barre, le jeudi dernier, Soungalo Coulibaly est revenu sur les faits. « Oui j’ai commis cet acte mais je le regrette. Je souhaite que les jurés me donnent la chance de me ressaisir. Je souhaite également que les parents de la fille me pardonnent. Je ne sais même comment j’ai pu commettre un tel acte dans une maison destinée à l’adoration de Dieu », a plaidé le jeune homme. Il était visiblement gêné par la présence de plusieurs dizaines de personnes dans la salle.

Cette plaidoirie pro domo n’a pas ébranlé le ministère public dont le banc était occupé par l’avocat général Idrissa Arizo Maïga. Après un retour détaillé sur les faits, Maïga a insisté sur le caractère pervers et l’atteinte à la pudeur du garçon. « Imaginez une enfant de 9 ans dans le sexe de laquelle un étudiant en médecine a introduit son doigt plusieurs fois pour satisfaire une libido obscène. Et surtout imaginez que cet acte impudique dans notre société se passait dans un lieu de culte. Non, Soungalo est un homme vulgaire, un homme qui n’a du respect que pour ses pulsions qu’il était prêt à satisfaire dans un autel. Je vous demande de le maintenir dans les liens de l’accusation. Et si dans votre souveraineté, vous lui accordez des circonstances, je vous demande de lui appliquer les peines prévues ».

Me Malicki Djibrilla Maïga qui défendait l’accusé a reconnu la gravité des faits qui sont reprochés à son client. « Certes l’acte commis par mon client est inadmissible. Mais Monsieur le président, messieurs les conseillers, honorables assesseurs, je vous demande d’accorder une chance à cet étudiant pour lui permettre de terminer ses études. Il a certes commis une faute grave, mais je puis vous l’assurer, l’homme a mûri pendant les 17 mois qu’il vient de passer en prison. Aujourd’hui, il ne veut que terminer ses études et lutter pour oublier cette page sombre de sa vie ».

La cour a-t-elle été sensible à la plaidoirie du jeune avocat ? On serait tenté de répondre par l’affirmative lorsque la cour a délibéré. Dans sa sagesse la cour a maintenu Soungalo Coulibaly dans les liens de l’accusation, mais elle lui a reconnu des circonstances atténuantes. Elle l’a condamné à 5ans de prisons avec sursis.

Après la délibération, Soungalo Coulibaly n’a pas pu retenir ses larmes de joie. Il venait d’éviter le pire et de se voir offrir par les juges une seconde chance pour terminer ses études et donner un sens à sa vie.

G.A.DICKO

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… La perpète pour Mamoutou Bagayako, le parricide

L’autre affaire du jour est celle qui est objet de l’arrêt de renvoi n°155 du 17 avril 2012. Elle oppose le ministère public à Mamoutou Bagayogo. L’homme a été mis sous mandat de dépôt le 16 décembre 2010 pour avoir tué sa mère de plusieurs coups de bâton dans la nuit du 27 au 28 décembre de la même année. Jeudi Mamoutou à la grande satisfaction de tous les présents a été condamné à la perpétuité.

Comme vous l’avez compris les faits remontent à la nuit du samedi à dimanche 27 décembre 2010. Ils se sont déroulés Niono-Wéré, commune de Dougoufé dans le cercle de Baraouéli. Mamoutou Bagayogo, un aventurier dans le sang était revenu d’une tournée qui l’avait conduit à Bamako, Kita et Kayes. Ce périple a duré cinq longues années. L’arrivée de l’enfant presque perdu mit du baume au cœur de sa mère, la dame Sanata Tangara. Pour célébrer le retour de son rejeton, la pauvre femme se démena comme un diable pour lui offrir un succulent plat de patates douces. Après le repas Sanata qui tenait à étancher sa nostalgie pour son enfant décida de partager la chambre avec lui.

Aux environs de 02 heures du matin, pressée par un besoin naturel, elle se leva et se rendit aux toilettes dans l’arrière-cour. Pendant qu’elle se soulageait, Mamoutou son fils la rejoignit avec un bâton et commença à la rouer de coups sans aucune explication. La pauvre mère n’eut même pas assez de temps pour appeler au secours. Elle tomba et succomba à ses blessures. L’auteur de ce parricide constatant que sa mère ne bougeait plus sous ses coups tenta de prendre la fuite. Mais un crime n’est jamais parfait. Des villageois le poursuivirent et le ramenèrent chez lui où ils découvrirent le corps de Sanata baignant dans un étang de sang.

En d’autres temps et sous d’autres cieux, Mamoutou n’aurait pas la chance de passer devant un tribunal populaire comme la cour d’assises, il serait simplement envoyé aux enfers par une justice expéditive. Mais l’homme est chanceux puisque les villageois n’ont pas voulu se salir les mains avec le sang d’un parricide. Ils le conduiront aux autorités compétentes pour qu’il soit jugé conformément à la loi.

A l’instruction l’homme ne donna aucune explication à son ignoble acte. Jeudi dernier également les jurés n’ont rien obtenu de la brute. De là à mettre l’acte de l’homme sur le compte de la démence mental, le pas a été franchi par plusieurs individus présents dans la salle. Mais de là à émouvoir un homme comme l’avocat général Idrissa Arizo Maïga, l’écart est très grand. Dans son réquisitoire l’avocat général n’est pas passé par mille chemins pour dire le contraire de ce que la défense insinuait (la folie). Mamoutou est un criminel et la preuve c’est que le certificat d’expertise médicale « ne relève aucune anomalie psychique ou physique pouvant influer sur la responsabilité pénale de l’inculpé. » le ministère public à requis le maintien dans les liens de l’accusation. La cour a suivi et le tueur de sa mère a écopé de la perpétuité.

G.A.D.

L’Essor du 26 Novembre 2012


Cour d’assises : 5 ans de prison avec sursis au pédophile Soungalo Coulibaly

Lors de l’audience du 22 Novembre dernier, l’affaire Ministère public contre Soungalo Coulibaly a été jugée par la Cour d’assises à Bamako présidée par Moussa Sara Diallo assisté par Modibo Coulibaly et Kamafily Dembélé. Le Ministère public était représenté par Idrissa Harizo Maïga, Avocat général près la Cour d’appel de Bamako.

Selon l’arrêt de renvoi, la demoiselle Elisabeth Traoré, âgée de 9 ans seulement, habitait avec ses parents adoptifs dans la cour de l’Eglise protestante du quartier de N’Tomikorobougou. Le nommé Soungalo Coulibaly, l’accusé, habitait au même lieu. Le rapprochement aidant, Soungalo Coulibaly gagnait la confiance de la petite Elisabeth Traoré qui lui vouait un grand respect, au point de le prendre pour un membre de sa famille. Soungalo Coulibaly, profitant de cette aubaine, guettait toujours l’absence des parents adoptifs d’Elisabeth Traoré, pour amener l’enfant dans un bureau de l’Eglise. Pour prier ensemble ?

Non justement: il introduisait son doigt dans le vagin de la fillette pour satisfaire ses ardeurs sexuelles. Un acte impudique qu’il perpétra trois fois sur sa victime qui s’est retrouvée ainsi avec des difficultés d’uriner.
Entre temps, la fillette déménagea avec ses parents adoptifs à Kouliniko, derrière Samé. Etant dans ce nouvel endroit, les douleurs qu’elle ressentait l’ont amenée à parler à sa tante, Wassoum Djohana Koné, qui a fait appréhender et conduire Soungalo Coulibaly à la Brigade de police chargée de la Protection des mœurs et de l’enfance pour enquête. C’est suite à cela que Soungalo Coulibaly a été inculpé pour crime de pédophilie, malgré sa dénégation des faits à lui reprochés. Mais appelé à la barre le 22 Novembre dernier pour comparution devant la Cour d’assises, Soungalo Coulibaly, en présence de Maliki Djibrilla Maïga son avocat, a plaidé coupable.

Dans son réquisitoire, le représentant du Ministère public, Idrissa Harizo Maïga, non moins Avocat général près la Cour d’appel de Bamako, dira que cette pratique ignoble, la pédophilie, prend de l’ampleur dans notre pays. Pour y mettre fin, il requiert que l’accusé soit condamné à une peine exemplaire car, selon lui, le crime de pédophilie n’est pas jusque-là sévèrement puni par les magistrats. C’est pourquoi, il a requis 5 ans de prison ferme.

Dans son plaidoyer, Me Maliki Djibrilla Maïga dira qu’il fait confiance à la justice malienne et pense que le président ne va pas se laisser faire. Il relèvera également que la loi n’est pas aussi trop sévère dans des cas comme celui de son client qui n’a aucunement nié les faits à lui reprochés et n’a également dit autre chose à la barre, si ce n’est pas: «Je regrette mon forfait, je demande pardon à tout le monde et surtout la clémence de la Cour car je suis étudiant. J’ai été mis à l’arrêt quand je n’avais pas encore fait mon examen de fin d’année. Je souhaiterais bénéficier de la clémence de la Cour pour me préparer à le faire».
Toujours dans son plaidoyer, Me Maliki Djibrilla Maïga a demandé au Président d’avoir pitié d’un étudiant très timide qui souhaite continuer ses études pour servir ce pays dans les jours à venir.

Après le débat contradictoire à la barre, la Cour, dans sa souveraineté, a retenu l’accusé dans les liens de la culpabilité tout en lui accordant de larges circonstances atténuantes. Soungalo Coulibaly a été condamné à 5 ans de prison avec sursis.

Seydou Oumar N’DIAYE

Le Prétoire du 26 Novembre 2012