Partager

Les femmes maliennes ont-elles perdu le pari de faire siéger 30 % d’entre elles au parlement malien ? La question est à l’ordre du jour après la proclamation des listes de personnes autorisées à se porter candidats aux législatives du 24 novembre prochain.

jpg_une-2246.jpg

Le 24 octobre, la Cour constitutionnelle a publié la liste provisoire des candidats aux élections législatives du 24 novembre prochain. Sur 417 listes de partis ou d’alliances déclarées «valides», 1 117 candidats se positionnent pour l’occupation des 147 sièges en jeux à l’Assemblée nationale. Sur ce nombre, ne figurent que 124 femmes, soit 11,1 %, loin des 30 % de sièges que convoitent les maliennes aux postes électifs du pays. La législature sortante comptait 15 femmes. Ce qui représentait un taux de 10,2%.

A l’analyse, la faiblesse des chances des listes sur lesquelles figurent plusieurs femmes laisse craindre une chute libre de leur représentativité par rapport à la législature 2007-2013 qui, il faut le souligner, était également en baisse par rapport à celle de 2002-2007. Aucune candidature féminine n’est enregistrée dans des circonscriptions électorales telles que Nioro du Sahel, Diéma, Yélimané (région de Kayes), Banamba (région de Koulikoro), Yorosso dans la région de Sikasso, Baroueli, Bla (Ségou) ou encore Bandiagara, Bankass, Ténenkou, Koro (Mopti), Tombouctou, Diré, Gourma-Rharous (région de Tombouctou), Ansongo, Ménaka (Gao), Kidal, Abeïbara, Tin-Essako dans la huitième région.

C’est le district de Bamako qui a la plus forte proportion de candidatures féminines avec 37 candidates sur 200, soit 18,5 %. Suivent alors les régions de Gao (13,6 %, soit 6 sur 44), de Ségou (12,6 %, soit 21 femmes sur 166 candidats) et de Kidal (12,5% ou une femme sur 8 personnes).

Le bas du tableau est occupé par les régions de Tombouctou (2 femmes sur 38 personnes, soit 5,2 %) et de Mopti (5 sur 90, environ 5,5%).

Des chances dès le premier tour

A Tin-Essako (région de Kidal), Mohamed Ag Intalla est pratiquement assuré d’être élu dès le premier tour, puisqu’il est l’unique candidat en lice dans ladite circonscription. Au-delà de Ag Intalla, il y a de fortes chances que les législatives s’arrêtent au premier tour dans toute la région de Kidal. Et pour cause, Tessalit et Abeïbara ont chacun deux listes en compétition. Seul le cercle de Kidal qui enregistre trois listes connaîtra probablement un second tour, si une liste ne parvient pas à faire une différence remarquable de plus de 50 % des voix.

A l’opposé de la circonscription de Tin-Essako où il n’y qu’une liste, la commune I du district de Bamako bat le record des listes en compétition : 26.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE

Le 25 Octobre 2013