Partager

L’Assemblée Nationale a entamé le 24 avril dernier sa première séance plénière au titre de la session
ordinaire d’avril 2008 ouverte le mardi 1er avril 2008. Il y avait trois points inscrits à l’ordre du jour parmi lesquels une séance de questions orales du député Bréhima Béridogo adressées au Pr. Amadou Touré, ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique.

Quoi qu’on dise, le ministre a démontré qu’il maîtrise les questions liées à l’enseignement au Mali. Mais le député interpellateur était animé d’une autre foi. Comme ledit l’adage, il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. Est-ce que le député voudrait réellement comprendre ?

De son interpellation, il ressort cinq thématiques : l’Orientation des élèves titulaires du DEF, la contractualisation de l’enseignement, la gestion d’une année académique à l’université, la gestion du partenariat et enfin les mesures de sortie de crise.


De l’orientation des élèves titulaires du DEF

C’est en application des conditions et modalités d’orientation des élèves titulaires du DEF fixées par l’Arrêté n°03-1613/MEN-SG du 26 juillet 2003 qu’en 2006, sur un total de 64 127 élèves susceptibles d’être orientés, 11 150 au lieu de 12 000 titulaires comme l’avait dit le député ne l’ont pas été. Ils représentent 17,38%.

En 2007, sur un total de 77 649 élèves susceptibles d’être orientés, 14 173 titulaires précisément, ne l’ont pas été. Ils représentent 18,28%. En moyenne, ce sont plus de 16 000 nouveaux titulaires du DEF qui sont en plus à orienter chaque année. Or, l’Etat ne dispose que de 43 établissements d’enseignement secondaire général sur 210 et 14 établissements d’enseignement technique et professionnel sur 120.

L’Arrêté du 26 juillet 2003 stipule que “dans la limite des places disponibles… être âgé de 17 ans au plus ou exceptionnellement de 18 ans pour les filles n’ayant pas doublé la classe de 9ème année”. C’est dire que les structures publiques de formation représentent respectivement 20,47 et 11,66% de l’ensemble des structures. Celles-ci sont, pour l’essentiel, concentrées à Bamako.

Déjà, dans les grandes orientations de la politique éducative, l’option fondamentale en matière d’enseignement secondaire général, technique et professionnel, consiste à orienter à l’horizon 2008, 65% des élèves admis au DEF dans les établissements d’enseignement secondaire. Ceci fera 35% d’élèves non orientés en 2010.

Les valeurs relatives, en terme de pourcentage d’élèves admis non orientés en 2006 et 2007, participent de cette progression. Pour en minimiser les effets, le département a déjà adopté un certain nombre de mesures : Le PISE II consacre déjà dans sa composante “formation professionnelle” un volet à l’apprentissage dans lequel 22 899 jeunes déscolarisés sont concernés. Il s’agit d’élèves titulaires du DEF non orientés.

Il est évident que tous les élèves titulaires du DEF ne peuvent être orientés et pris en charge par l’Etat tant les capacités d’accueil et les ressources financières sont limitées. Si la loi garantit le droit à l’éducation à chaque citoyen, elle ne fait pas obligation à l’Etat d’assurer à tous un enseignement public, au-delà du cycle fondamental. Le gouvernement s’efforce, suivant les critères suscités (âge et performance) d’orienter dans la limite de ses capacités”, a martelé le ministre Touré.


De la contractualisation de l’enseignement

La contractualisation de l’enseignement résulte des effets pervers des mesures d’ajustement structurel des années 80 où, au nom de la rationalisation des ressources, l’Etat devait réduire son train de vie. Ceci a eu pour conséquence l’arrêt du recrutement de fonctionnaires au profit des contractuels.

Dans le secteur de l’éducation, particulièrement dans l’enseignement fondamental, la mesure a été douloureusement ressentie avec la fermeture de certaines écoles de formation de maîtres et le départ volontaire d’enseignants à la retraite. Pour pallier cette situation, le PRODEC prévoit le recrutement et la formation de 2 500 nouveaux maîtres en moyenne par an, soit une augmentation nette annuelle d’un peu plus de 2 000 enseignants au bénéfice des établissements d’enseignement fondamental, normal, secondaire, général, technique et professionnel.

Ces enseignants sont des contractuels. Aujourd’hui leur membre est supérieur à celui des enseignants fonctionnaires. Il est à noter que l’effectif des enseignants au niveau du supérieur, composé de plus de 90% de fonctionnaires, atteint à peine la moitié des besoins optimum d’encadrement au niveau de cet ordre d’enseignement.

L’utilisation des contractuels dans le système répond en ce moment, à un besoin fortement ressenti dans la mesure où elle contribue à régler la question relative à l’offre d’éducation en comblant une grande partie du déficit d’enseignants.

Ainsi, elle donne du travail à beaucoup de jeunes diplômés, quoi qu’on en pense. Elle permet aussi le nécessaire rajeunissement du corps enseignant.


De la gestion de l’année académique à l’université

L’année universitaire est généralement définie en terme de nombre de semaines. La notion de date d’ouverture et de fermeture des classes ne s’applique pas forcément à l’université. Dans les universités de la sous-région, conformément aux normes du CAMES, il est généralement admis qu’une année unversitaire ne peut être validée que si elle s’étale au minimum sur 25 semaines.

Les autorités en charge de l’Enseignement Supérieur peuvent donc instituer, à titre exceptionnel un Régime Spécial d’Etude (RSE) en faveur de la structure affectée par les perturbations telles que le boycott de cours par les étudiants, les grèves des syndicats d’enseignants, entre autres.


Des relations avec les partenaires sociaux de l’école

Face aux partenaires sociaux de l’école, notamment les organisations syndicales, les autorités scolaires actuelles se sont fixées un devoir : “celui d’écouter et d’expliquer. Toujours écouter, toujours expliquer afin d’avoir un consensus autour de l’école.

C’est en suivant cette ligne de conduite inscrite dans le PDS que nous avons placé notre action depuis notre arrivée à la tête de ce département. Du reste, la feuille de route tracée par le Premier ministre pour le secteur de l’Education demande au gouvernement de développer un partenariat accru pour une école apaisée et performante”, a précisé le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique.

Depuis bientôt 8 mois, les revendications formulées par les différents syndicats d’enseignements sont au nombre de 39 points, dont 27 ont reçu une réponse favorable, 11 points n’ont pas été retenus parce que leur incidence financière n’est pas supportable par le Budget ou que leur bien fondé n’est pas évident.

Les rencontres se poursuivent autour du cahier de charge déposé par l’AEEM. Pour sauver l’année scolaire 2007-2008, des actions spécifiques fondées sur le dialogue et le respect des textes sont en cours. Ainsi, dans tous les établissements d’enseignement supérieur, l’adoption d’un décret du 26 décembre 2007 a permis d’obtenir la suspension de mot d’ordre des retentions des notes d’examens par le SNESUP.

La crise de l’école malienne est profonde. L’organisation d’un forum national en août prochain annoncée par le Premier ministre le 18 mars dernier va-t-il permettre de faire le diagnostic de tous les maux dont souffre l’école malienne?


Daba Balla KEITA

25 Avril 2008