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Le ministre de l’Agriculture, Seydou Traoré, a défendu avec conviction le mardi 17 janvier devant l’Assemblée nationale le projet de loi portant création de l’Office de mise en valeur du système Faguibine.

Après des débats francs, les députés ont voté à l’unanimité, soit 99 présents, ce texte très important qui pourrait assurer l’autosuffisance alimentaire.

L’Office de mise en valeur du système Faguibine (OMVF) est un établissement public à caractère administratif (EPA) doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière et qui a pour mission de mettre en valeur les ressources hydrauliques et agropastorales de son aire d’intervention que constitue le système Faguibine.

Celui-ci s’articule autour de trois points : la maintenance des chenaux et des ouvrages hydrauliques, la promotion du développement des cultures vivrières et industrielles et des productions animales, la réalisation de toutes actions devant permettre l’accroissement de la production et de la productivité et des revenus des paysans de la zone.

Du rapport de la commission de développement rural et de l’environnement lu par Mohamed El Maouloud Ag Hamata, il ressort que les activités nécessaires pour atteindre les résultats attendus sont groupés en quatre composantes.

La première porte sur l’aménagement et la gestion des ressources hydrauliques : aménagement des lacs pour sécuriser l’alimentation en eau de 32. 500 ha supplémentaires, 400 ha de périmètres irrigués dans la vallée des cours d’eau, 500 ha de mares de submersion et de décrue, 15 ha d’oasis en zone nomade exondée…

La deuxième composante concerne le développement des productions végétales et animales. Il s’agit entre autres de réaliser une étude de diagnostic des systèmes de production, entreprendre des actions de recherche de développement, assurer la disponibilité en semences adaptées, améliorer l’alimentation du cheptel et les conditions de son abreuvement, protéger la faune sauvage.

La troisième composante est relative au désenclavement : construction de pistes rurales et installation d’un télécentre communautaire polyvalent et d’une radio rurale «La voix des Lacs» à Goundam.

La dernière composante s’intéresse au renforcement institutionnel : celui des capacités des organisations paysannes, appui à l’éducation et à la formation des ruraux, appui à l’émergence d’organisations féminines fortes, appui à la décentralisation, appui à la lutte contre le VIH/SIDA et le paludisme.

En outre, l’OMVF est placé sous la tutelle du ministre chargé de l’Agriculture. Son siège est à Goundam.

Sa zone d’intervention couvre les 16 communes du cercle du même nom, 3 communes du cercle de Diré-Bourem Sidi Amar, Kondi et Arham

Le coût du projet est de 12, 936 milliards de Fcfa pour une durée de 5 ans. Il sera pris en charge par l’Etat et les partenaires techniques et financiers.

Rappelons que sur financement du bureau des Nations Unies pour le Sahel, il a été créé en 1986 un programme de mise en valeur du système Faguibine dont le siège est fixé à Goundam.

Le programme avait connu deux phases distinctes d’une durée de deux ans chacune. Il a permis de réaliser d’importants travaux de terrassement (manuels et mécaniques) de fixation mécanique et biologique de la zone.

Chahana TAKIOU

19 janvier 2006.