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Le Premier ministre serait-il en train d’être désavoué par sa majorité à l’Assemblée nationale ? La question mérite réflexion au regard de certains signaux dont l’hémicycle a fait montre au cours de la session écoulée et de celle en cours.

Au cours de la session ordinaire de l’Assemblée qui s’est achevée dans la première semaine du mois de juillet, le président de l’Assemblée nationale, le Pr. Dioncounda Traoré, dans son discours n’avait pas caché son mécontentement à l’encontre de l’exécutif en particulier le Premier ministre.

Le président de l’Assemblée nationale reprochait au gouvernement d’avoir commencé à exécuter le collectif budgétaire réajusté alors que celui-ci devait auparavant avoir l’approbation des députés. Dioncounda Traoré avait alors instruit à Modibo Sidibé et à son équipe, le respect des rôles et des prérogatives de chaque institution.

C’est donc au forceps que le collectif budgétaire sera voté. Tout comme sera voté au forceps, la loi portant cession du capital de l’Etat dans la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT). Mais, ces actes ne semblent pas, outre mesure, être les seuls à l’origine de la mésentente latente qui s’instaurerait entre le Premier ministre et sa majorité à l’Assemblée nationale.

A en croire certaines sources, il faut ajouter à la colère des députés les difficultés de l’heure qui ont pour noms hausse incontrôlée des prix des denrées de première nécessité, crise scolaire, ainsi que l’incapacité du gouvernement à assurer la sécurité des biens et des personnes surtout dans le Septentrion et les revendications non satisfaites des syndicats comme l’UNTM.

En effet, la majorité qui avait approuvé la Déclaration de la politique générale de Modibo Sidibé voyant en sa personne l’homme de la situation, commence à douter de ses capacités réelles à gérer les crises sociales auxquelles le pays est confronté. Ainsi, la rencontre entre le PM et l’opposition ne serait pas fortuite. IBK et ses pairs du FDR ont bien des propositions à faire au PM. Ces propositions, à ne pas en douter, pourraient bien aider le pays à sortir de l’impasse.

Denis Koné

29 Juillet 2008