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La séance plénière, d’hier jeudi 15 mai, de la session ordinaire d’avril 2008 de la quatrième législature de l’Assemblée nationale avait, à son ordre du jour, des délibérations sur cinq projets de loi.

Les élus de la nation ont adopté à l’unanimité les deux premiers projets de loi soumis à leur attention et qui portaient sur la création du Laboratoire national des eaux, défendu par le ministre de l’Energie, des mines et de l’eau, Hamed Sow et celui portant sur la création de l’Inspection de l’Agriculture, soutenu évidemment par le ministre de l’Agriculture, Pr Tiémoko Sangaré.

C’est le président de l’Assemblée nationale, Pr Dioncounda Traoré, qui a présidé les travaux de cette séance plénière. Deux membres du gouvernement, les ministres Hamed Sow et Tiémoko Sangaré étaient là pour défendre leurs projets de lois déposés à l’Assemblée nationale. Ils étaient accompagnés par le ministre chargé des relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement, Mme Diabaté Fatoumata Guindo et de leurs techniciens.

Le premier projet de loi soumis à l’attention des députés était celui portant création du Laboratoire national des eaux. Ce projet de loi a été adopté par le conseil des ministres du 1er août 2007 avant d’être déposé le 21 mars dernier sur la table de l’Assemblée nationale. Selon le projet de loi, le laboratoire national des eaux, qui va naître sur les centres du Laboratoire national de la qualité des eaux, sera chargé d’assurer les missions globales de contrôle et d’analyse des ressources en eaux.

Cela, à travers, entre autres, l’échantillonnage et l’analyse physico-chimique, bactériologique, toxicologique et microbiologique des eaux naturelles ; la promotion de la recherche sédimentaire, l’information scientifique des populations dans le domaine de la qualité de l’eau… Le Laboratoire sera décentralisé dans les régions.

Le ministre Hamed Sow tenu à assurer les élus de la nation sur certaines préoccupations qu’ils ont soulevées. Ainsi, il leur a affirmé que qualité de l’eau distribuée par l’EDM-SA est bonne et les 46 points d’eau font l’objet d’analyse hebdomadaire. Au delà de la qualité de l’eau, la question est son accessibilité dans certaines localités de notre pays.

«Là où il n’y a pas assez d’eau, on ne peut pas parler de qualité. Il faut nécessairement un village un point d’eau» a soutenu le député Abdoulaye Coulibaly. En réponse, le ministre Sow dira que la préoccupation majeure de son département est de donner de l’eau potable à chaque Malien. Le taux de couverture actuel est de 67%.

Ce qui est assez raisonnable et l’objectif du gouvernement, à l’horizon 2015, est d’assurer la couverture totale de l’ensemble du pays. Pour cela, il suffit d’exploiter 10% des nos ressources en eaux. «S’il y a un domaine où l’on peut atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement, c’est bien l’accès à l’eau potable» a déclaré le ministre.

Il a annoncé que 37 localités auront leur point d’eau potable en 2009 et que les 30% des 28 000 points d’eau non fonctionnels seront réhabilités.

Le projet de loi mis en vote par la suite a été adopté par les députés à l’unanimité des 126 votants.

Le projet de loi relatif à la création d’une Inspection de l’Agriculture trouve son fondement à la place centrale qu’occupe ce secteur dans notre économie.

Cependant, il existe une situation fortement préjudiciable au département de l’Agriculture qui est confronté à une absence de contrôles assidus et réguliers, au nombre peu élevé des missions de contrôle et d’audit menées par les services de contrôle externe et qui portent essentiellement sur les aspects financiers.

Il apparaît alors nécessaire de doter ce département d’un outil de contrôle interne, de promotion et de renforcement des capacités des acteurs du secteur du développement rural.

L’Inspection de contrôle aura comme missions de contrôler le fonctionnement et l’action des services et organismes relevant du département, de veiller au respect et à l’application des dispositions législatives et réglementaires relatives à la gestion administrative, financière et matérielle, enfin d’assister les services et le personnel par les conseils de gestion ou d’aide à l’organisation ou par la mise en œuvre de programmes d’information et de formation pouvant contribuer au renforcement de leurs capacités et à une gestion saine des services et des deniers publics.

Après les explications du ministre Tiémoko Sangaré sur les différentes préoccupations, les députés ont adopté à l’unanimité ce projet de loi.


Youssouf CAMARA

16 Mai 2008