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L’Assemblée nationale du Mali a adopté, hier 30 octobre 2008, à la majorité absolue son nouveau règlement intérieur. Ce règlement intérieur, s’il est approuvé par la cour constitutionnelle, s’ouvre aux principes de l’expression plurielle, marque de la vie démocratique.

Si l’organisation du débat indique la répartition des temps de parole entre les groupes parlementaires proportionnellement à leur taille, les députés ont ajouté que « toutefois, l’opposition disposera au moins du quart du temps de parole affecté aux députés ».

depuis la première rentrée parlementaire de cette législature, l’opposition n’a cessé de fustiger la violation des principes de l’expression plurielle dans les débats à l’hémicycle. Ceci avait engendré à plusieurs reprises le boycott des débats par les groupes parlementaires RPM et Parena-Sadi.

Cette lutte politique acharnée contre le diktat de la majorité mécanique visait à abolir le répartition du temps de parole strictement proportionnelle à la taille de chaque groupe parlementaire. Konimba Sidibé, du Parena, tout en se réjouissant de cette nouvelle règle, a rappelé que leur objectif est de permettre à l’opposition de mieux s’exprimer sur les problèmes de la nation.

La commission des lois constitutionnelles, de la législation, de la justice et des institutions de la République, chargée de la relecture du règlement intérieur, a souligné qu’à l’issue de l’examen des 98 articles du document révisé, il a été porté des amendements à 26 articles dans deux chapitres. Ces amendements sont pour l’essentiel des corrections de rédaction des mises en cohérence et libellés de certains chapitres.

Les principales modifications ont concerné l’articles 8, où le bureau de l’institution est passé de 19 à 21 membres, et l’article 55 du règlement intérieur qui a revu la proportion orale de l’opposition dans les débats. A la faveur de cette révision, les groupes parlementaires Parena-Sadi (de l’opposition) et de la convergence pour le développement du Mali (de la majorité) pourront faire leur entrée au bureau de l’Assemblée nationale avec respectivement les postes de neuvième vice-présidence et de neuvième secrétariat parlementaire.

Le 6 octobre dernier, le président Dioncounda Traoré annonçait cette révision comme une piste permettant de trouver les voies et moyens d’un arrangement institutionnel interne, conduisant à un consensus. En fait, cette recherche de consensus visait une stabilité du bureau de l’institution et des bureaux des commissions de travail pour capitaliser les expériences acquises.

Cela favoriserait le renforcement du débat démocratique par une distribution des temps de parole permettant une plus grande expression de l’opposition. Hier, le président de l’Assemblée s’est érigé contre les derniers conservateurs de la majorité qui voyaient en la mesure une concession truffée de pièges tendus par l’opposition.

S.C

31 Octobre 2008