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Au moins 30 % des élus de la nation. Depuis des années, c’est le quota qu’exigent les femmes leaders d’opinion des partis politiques au Mali. En prélude aux élections législatives prévues pour les 24 novembre et 15 décembre, elles réitèrent leur volonté de parvenir à cet objectif. Mais par quels moyens ?

jpg_une-2219.jpgPendant que les états-majors des partis s’activent à l’élaboration des listes de candidats pour les législatives prochaines, les femmes leaders politiques sortent de leur réserve. C’est à la faveur d’une conférence de presse que le Cadre de concertation des femmes des partis politiques (CCFPP) a révélé un document intitulé «engagement des partis politiques pour la participation des femmes aux élections générales».

Le but de cette conférence est «d’alerter le public» sur leur vision, selon Mme Diallo Fanta Siby, rapporteuse du CCFPP. La vision ? Elle est déjà connue des partis politiques : les maliennes exigent 30 % des postes électifs du pays… à commencer par l’Assemblée nationale. Un document-cadre a été élaboré à cet effet. Il leur reste à démarcher les directions politiques nationales ainsi que les sections des différents partis. Pour l’ex-ministre de la Promotion de la Femme de la Famille et de l’Enfant, Mme Dandara Touré, l’objectif est de passer de 15 à 30 femmes au parlement pendant la législature 2014-2019. jpg_une-2220.jpg

Démarche tardive ? Les différentes listes sont déjà en instance de finalisation. Mais pour le CCFPP, «le moment est bien opportun ; les listes sont toujours en cours d’élaboration». Mieux, ce combat vaut aussi pour les municipales annoncées pour la mi-2014.

64 % de pratiques néfastes

«Le message fort à l’adresse des partis politiques, ce que nous demandons aux partis politiques, c’est d’inscrire les femmes sur les listes et en très bonne position. C’est là où se trouve notre combat», a commenté Mme Diallo dans un entretien qu’elle nous a accordé. Au-delà du quota des 30 %, on demande aux partis politiques d’accorder 20 % du budget à la formation ou du moins, à la conscientisation des femmes.

Si la faible représentation des femmes aux instances de décisions est imputée à l’insuffisance d’engagement politique, le CCFPP, pour sa part, indexe des «obstacles liés aux pratiques internes au sein des partis politiques». Selon la rapporteuse de l’organisation, une étude menée par le Centre Malien pour le Dialogue Interpartis et la Démocratie (CMDID) en juin 2013 a montré que 64 % des pratiques au sein des partis bloquent les femmes dans leurs volontés de se faire élire.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 9 Octobre 2013