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Dans son rapport, la Commission des Travaux Publics, de l’Habitat et des Transports a rappelé qu’au début de l’indépendance, notre pays avait réussi à mettre en place une Compagnie aérienne symbole de sa souveraineté et qui faisait la fierté de toute la nation.

Depuis un certain temps, la desserte aérienne du pays connaît, fait-elle remarquer, beaucoup de difficultés, difficultés accentuées par la disparition de Compagnies aériennes étrangères qui y faisaient escale et par la liquidation des Compagnies Air Mali et Air Afrique.

Ces difficultés ne favorisent guère le développement du transport aérien qui devrait participer au désenclavement intérieur et extérieur et au développement économique du pays. Conscient de cet handicap, le gouvernement s’est engagé à relever le défi. Les journées de réflexion sur le transport aérien tenues à Bamako en mars 2003 ont dégagé une orientation claire pour la création d’une Compagnie aérienne performante.

Suite à un appel d’offre international lancé en nombre 2003, le groupe Aga Khan a été retenu comme partenaire stratégique de la nouvelle compagnie aérienne. Ce choix est, explique la Commission, le résultat de l’analyse des quatre offres reçues sur la base du cahier de charges élaboré par un comité de pilotage et approuvé par la réunion du Comité International de suivi du cadre macro-économique d’octobre 2003.

Le groupe Aga Khan a été choisi compte tenu de son niveau de compétence professionnelle, de son expérience en matière de création et de redressement de compagnies aériennes, de son compte d’exploitation prévisionnel et de son plan d’investissement. En outre, le groupe jouit, ajoute la Commission, d’une réputation de régularité et de ponctualité dans son exploitation.

Le groupe Aga Khan prévoit, indique la Commission, un investissement global de 4,183 milliards de Fcfa dont 60% pour la première année. Les investissements couvrent entre autres la construction d’un siège pour 850 millions de Fcfa et la constitution d’un stock de pièces de rechange. En plus, le groupe prévoit un effectif de 185 personnes dont 150 au sol dans un délai d’un an avec l’engagement de procéder à la formation complémentaire du personnel malien.

Les journées de réflexion sur le transport aérien de mars 2003 ont, relève la Commission, retenu qu’un niveau dosé de participation de l’Etat au capital de la nouvelle compagnie aérienne serait de nature à rendre celle-ci crédible vis-à-vis du partenaire stratégique et des actionnaires potentiels. C’est ainsi qu’il a été recommandé que la participation de l’Etat au capital de cette nouvelle Compagnie soit d’au moins 20%.

Le capital social est donc ainsi réparti : l’Etat malien 20%, le partenaire stratégique 51%, les privés nationaux 29%. La nouvelle Compagnie qui est à ses débuts a déjà tenu son premier Conseil d’administration le 12 avril dernier. Elle est en ce moment en train de remplir les conditions prévues par la règlementation en vigueur en vue de l’obtention du permis d’exploitation.

La Commission, qui s’est réjouie de la création de la nouvelle Compagnie aérienne nationale, a recommandé au gouvernement la vigilance nécessaire afin qu’elle ne soit pas une compagnie de plus. L’objet de la nouvelle compagnie est l’exploitation et le développement des services aériens réguliers ou non réguliers de transport public intérieurs et internationaux, de passagers, de marchandises et du courrier.

Au regard de son objet, elle va contribuer au développement du tourisme, à l’amélioration de l’offre et de la qualité des services de transport aérien. Pour toutes ces raisons, la Commission a demandé l’adoption dudit projet de loi.

Une nouvelle structure de gestion cinématographique

Le projet de loi portant ratification de l’Ordonnance N°05-007/P-RM du 9 mars 2005 portant création du Centre National de la Cinématographie du Mali a été également adopté.

Dans ses motivations, la Commission de l’Education, de la Culture et de la Communication indique qu’en janvier 2001 se sont tenus les Etats Généraux du cinéma qui ont posé un diagnostic poussé de notre cinéma. L’activité cinématographique exige d’importants moyens financiers auxquels l’Etat seul ne peut faire face.

Il est donc nécessaire de susciter un esprit de coopération et de partenariat en direction du privé national et des sources de financement extérieures. Le statut du CNPC ne lui permet pas de faire face à ces exigences à cause des nombreuses entraves administratives : absence de budget de production, manque de matériel technique, insuffisance de moyens humains, impossibilité d’exploiter les filières bilatérales de financement, budget conçu et ordonné par le département de tutelle, toutes choses qui contribuent à réduire le domaine d’activité du CNPC.

Dès lors, une plus grande souplesse de fonctionnement et une autonomie de gestion s’avèrent nécessaires pour que le CNPC se dégage de la lourdeur administrative afin d’assurer le partenariat et la coopération multilatérale en direction du privé et des sources de financement extérieures.

Aussi, les Etats Généraux ont-ils recommandé la mise en place d’une nouvelle structure de gestion et d’animation plus dynamique et plus agressive. Pour donner une réponse à toutes les interrogations des cinéastes, des professionnels du cinéma et surtout des pouvoirs publics dont le souci est d’assurer une politique cohérente et viable, le département en charge du cinéma a envisagé de créer en lieu et place du CNPC, le Centre National de Cinématographie du Mali (CNCM) avec le statut d’Etablissement Public à Caractère Scientifique, Technologique et Culturel (EPSTC).

Le CNCM a pour missions de contribuer au développement socioculturel et économique du Mali par le cinéma, de coordonner et d’animer des activités cinématographiques au Mali.

A ce titre, il est chargé de contribuer à la promotion des films maliens au Mali et à l’Etranger, de favoriser les échanges entre professionnels du cinéma à l’intérieur et à l’extérieur du pays, de favoriser l’utilisation des nouvelles technologies pour la promotion du cinéma, de produire des films d’actualité, des films documentaires ou artistiques, d’assurer la conservation et la gestion des archives cinématographiques, de contribuer au développement du cinéma ambulant, de soutenir et de développer la production et la coproduction de films avec des partenaires étrangers, notamment des films d’éducation et de sensibilisation, de tenir le registre public de la cinématographie, de délivrer les visas d’exploitation cinématographique après avis de la Commission Nationale du visa cinématographique, les autorisations de tournage de films sur le territoire national et les cartes professionnelles du cinéma.

La Commission de l’Education, de la Culture et de la Communication a fortement recommandé au gouvernement la mise à la disposition du CNCM des moyens matériels et humains nécessaires à l’accomplissement de sa mission, l’incitation à la création de salles de cinéma, l’implication conséquente de l’Etat pour l’émergence d’un secteur privé assez compétitif au plan de la création et au plan économique, la mise en place diligente d’un fonds d’appui au cinéma, la création d’une billetterie nationale centralisée.

L’Etat doit plus que jamais assurer sa part de responsabilité et adopter de véritables politiques cinématographiques. Car dans les pays en développement, l’éclosion d’un cinéma national est une question d’Etat, bien plus qu’une question d’engagement individuel même si le rôle des individus n’est pas à négliger.

L’Etat ne saurait donc, sans dommage pour la culture nationale, se retirer d’un secteur aussi sensible que le cinéma.

Samou KONÉ

31 mai 2005