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Ce n’est pas de sitôt que les parlementaires auraient dû interpeller le gouvernement de Modibo Sidibé. Après les déclarations catastrophiques du président ATT lors de journée internationale de la femme, il fallait effectivement se poser la question de savoir dans quelle direction cheminait notre pays.

Malgré le PDES chanté par les autorités, les courtisans, l’Alliance pour la démocratie et le changement (ADP) et les opportunistes de tous bords, le peuple malien est perplexe face à l’incurie d’un gouvernement qui continue de gérer des problèmes sans convaincre.

Crises céréalière, de l’école, du Nord…autant de goulots d’étranglements pour un pouvoir qui avait annoncé, tambour battant, des lendemains enchanteurs. Aujourd’hui, les parents d’élèves observent avec anxiété la situation scolaire de leurs enfants dont l’avenir est plus qu’incertain.

La diplomatie malienne, prise à la gorge, se perd en conjectures pour déterminer ses partenaires, à chaque étape du processus engagé avec les rebelles du Nord.

Après le faux pas du protocole d’entente, l’Etat a finalement fait volte face après avoir compris que le partenaire algérien était incontournable. Concernant la crise alimentaire qui frappe de plein fouet notre pays, il convient de dire qu’ATT parait aujourd’hui tout à fait désabusé.

C’est donc cette période charnière que les députés ont choisi pour interpeller le gouvernement sur la crise de l’école et celle de l’initiative riz.

Quelles seront les portées et l’efficacité de l’action gouvernementale dans ce qui est aujourd’hui considéré comme une fuite en avant d’une équipe prise au dépourvu ?
Pourtant, rien ne devait les conduire vers cet amateurisme.

Il faut en effet se rappeler que dans son programme de campagne électorale ATT avait déclaré : « Le sous-développement n’est pas une fatalité. Au Mali, nous avons le potentiel nécessaire pour assurer un décollage et un développement économique durable.


Les ressources agricoles, sylvicoles, forestières, halieutiques et pastorales de notre pays sont immenses mais malheureusement sous ou mal exploitées.

L’office du Niger peut être un puissant propulseur du développement agricole et notre cheptel figure parmi les plus importants du continent. » N’avait-il pas mis la charrue avant les bœufs puisqu’il est clair, qu’avant d’en arriver là, il fallait une bonne politique de maîtrise de l’eau.

C’est ainsi que dans la loi d’orientation agricole, il était convenu de donner la priorité à la réalisation de programmes de constructions d’ouvrages de régulation des cours d’eau, pour assurer l’irrigation des terres en maîtrise totale de l’eau, à la gestion optimale et durable des aménagements hydro agricoles,

à la rationalisation de l’utilisation des eaux de surface et des eaux souterraines, au développement de la petite irrigation pour les cultures de bas-fonds et de petits périmètres, à la promotion de l’irrigation privée, individuelle ou familiale pour les agriculteurs pauvres ou les femmes.

ATT avait, aussi, fait état de la maîtrise des facteurs de production à travers l’utilisation de moyens d’intensification agricoles comme l’utilisation rationnelle des intrants, des équipements agricoles et l’adoption de techniques de production appropriées. Aujourd’hui, le gouvernement n’est pas parvenu à relever ces défis.

Modibo Sidibé a lancé son opération riz dont personne n’est encore persuadé de la pertinence puisque tout reste aléatoire pour un gouvernement qui reste figé devant les conditions à remplir pour amorcer un tel développement.

Le secteur transversal de l’agriculteur nécessite aussi le développement du transport dont le prix ne cesse d’augmenter, car, comme l’a si bien dit ATT, il est lié à la hausse du prix des hydrocarbures.

Ces efforts ne peuvent être concrétisés sans l’essor et la modernisation des télécommunications et du secteur de l’énergie. Autant de facteurs qu’il faut prendre en compte avant de clamer sur tous ses toits qu’on va doubler sinon tripler la production agricole.

Concernant l’école, le pays se trouve loin de l’apaisement et de la performance préconisés. On tente de colmater les brèches d’une école dont l’année, par faute d’évaluations, ne saurait être récupérée qu’à travers de pompeux discours.

Les partenaires, dont certains sont découragés, ne parlent plus le même langage. Or, ATT avait clairement indiqué : « il faut impérativement instaurer un climat de confiance avec les partenaires de l’école.

J’impulserai une nouvelle dynamique de concertation et de collaboration entre tous les acteurs du système éducatif. Assurer un enseignement de qualité au plus grand nombre d’enfants de notre pays sera une priorité. A cette fin, la fonction enseignante sera revalorisée, les conditions de dispense de l’enseignement améliorées et les infrastructures augmentées. »

Ces perspectives restent aujourd’hui dans le domaine des chimères puisque l’école, aux niveaux secondaire et supérieur, est totalement bloquée. La question du Nord est celle qui révèle le plus l’incohérence de nos autorités qui sont ballottées au gré de leurs errements, tantôt vers le négociateur libyen, tantôt vers celui de l’Algérie.

Il est donc temps pour les députés de convoquer le gouvernement à l’Assemblée nationale pour qu’il nous dise où il compte conduire le pays. Ou qu’il nous dise tout simplement : « bé bi ba bolo« .


Baba Dembélé

22 Mai 2008