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Le 19 Novembre 2007, dans la salle “Awa Keïta” de l’Assemblée Nationale, sous la houlette de la Coalition Malienne pour les Droits des Enfants (COMADE), les organisations de défense des droits des enfants ont rencontré le président de l’Institution, M. Dioncounda Traoré, et plusieurs de ses collègues députés, en présence des représentants de l’UNICEF et du Plan International, ainsi que des membres du Parlement des Enfants.

Ces organisations (UNICEF et Plan International), s’il faut le rappeler, oeuvrent beaucoup pour la promotion et la protection des enfants, d’où leur présence. Les échanges ont porté surtout sur le rapport sur la situation des droits des enfants.

Un plaidoyer pour les enfants

Le président de la Coalition Malienne pour le Droit des Enfants, M. Mohamed Lamine Cissé, dira qu’aujourd’hui, le monde entier commémore la Journée mondiale de prévention des abus envers les enfants.
Aussi, dit-il, la COMADE, qui regroupe 67 organisations nationales et internationales a donc saisi cette occasion pour réitérer, à l’Assemblée nationale, sa confiance par rapport à cette question d’intérêt national.

Le président de la COMADE a rappelé les différentes actions menées depuis 2005, année de son élection à la présidence de la Coalition. Il a évoqué, entre autres, les actions de plaidoyer entreprises auprès du gouvernement malien, des organisations partenaires, des partis politiques et des populations.

Le président de la COMADE a aussi rappelé la présentation du rapport complémentaire pour la mise en oeuvre de la convention relative aux droits de l’enfant en Septembre 2006 à Genève. “Aujourd’hui 19 Novembre, la convention relative aux droits de l’enfant atteindra l’âge de la maturité, c’est-à-dire 18 ans”, a déclaré le président de la Coalition.

Selon M. Mohamed Lamine Cissé, plus de 46 millions d’enfants souffrent d’abus et de négligences ; entre 60 et 100 millions de filles ont disparu de la population mondiale ; et plus de 120 millions d’enfants n’iront jamais à l’école, faute de structures d’accueil et de moyens.
A ses dires, l’abus contre les enfants est un problème mondial, sans considération géographique culturelle ou religieuse.

S’adressant aux députés et au président de l’Assemblée nationale, il dira que le Mali est aussi fortement touché par le problème. Il a ensuite dressé l’état de la situation des enfants à travers le continent et au plan international.
Parlant de la préoccupation des ONG intervenant dans le domaine, le président Cissé affirme que leur devoir est de renforcer, d’interdire, de partager, d’encourager, de promouvoir, de rappeler et de protéger.

Selon le représentant de l’UNICEF, la célébration des 19 et 20 Novembre, Journées internationales de de l’Enfant et de la lutte contre les abus faits aux enfants, sont essentielles pour l’UNICEF et la communauté internationale.

Aussi, des efforts supplémentaires doivent être fournis, avant d’insister auprès de tous les acteurs pour faire progresser la cause des enfants à travers le monde, partout où ils se trouvent, a-t-il fait remarquer.

En ratifiant la convention des droits des enfants, le Mali s’est engagé à garantir, à tous ses enfants, le droit à une identité, un développement harmonieux, l’accès aux services sociaux de base et la protection contre toute forme d’abus, d’exploitation ou de négligence, a-t-il ajouté.

Le Mali a toujours exprimé sa volonté politique de promouvoir les droits de l’enfant et de lui accorder une protection bienveillante, a indiqué le représentant de l’UNICEF qui a, à cet effet, rappelé une citation du Président de la République : “Les enfants dans mon pays occupent une place de choix ; ils sont souvent considérés comme la manifestation de la bénédiction divine et sont tenus en haute estime par leurs parents et la collectivité. Ils représentent un symbole de l’espoir et l’avenir de la famille, de la communauté, du pays et du continent.”.

Et le représentant de l’UNICEF de poursuivre : “La convention relative aux droits de l’enfant et les deux protocoles facultatifs à la convention concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, et celui concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés, ont été ratifiés par le Mali en Septembre 1990, avec cependant de réserves concernant certaines dispositions de l’article 16 de la CDE relatif à l’usage arbitraire ou illégale dans la vie privée de l’enfant, lequel reste sous l’autorité des parents, et sur l’article 32 relatif à l’exploitation économique des enfants en rapport avec les réalités du pays.”.

Il a aussi évoqué quelques textes signés et ratifiés par notre pays, ayant trait à la situation des enfants. Selon lui, en dépit des insuffisances constatées, les efforts enregistrés au plan économique, politique et international, et l’engagement du gouvernement à lutter contre la pauvreté, sont le gage d’une meilleure prise en compte des droits de l’enfant pour la période à venir. Il a insisté sur les relations qui doivent exister entre les ONG et les hautes autorités du pays, dans ce domaine.

Quant au président de l’Assemblée nationale, il s’est félicité de cette initiative des ONG et les a encouragées à oeuvrer davantage dans ce sens.

Au cours des débats, il a surtout été question des recommandations sur le droit des enfants pour la cause desquelles toutes les ONG ont plaidé. Ainsi, un “numéro vert” a été exigé pour les enfants en vue de les mettre à l’abri de certains dangers.

Les débats ont été houleux sur ce sujet, car plusieurs intervenants se sont montrés réticents, face à cette exigence formulée dans un rapport sur les enfants. Selon eux, il ne faut pas calquer nos réalités à celles des pays européens. Le Mali, soutiennent-ils, est un pays qui a des spécificités qu’il faut à tout prix respecter.

Mais les membres du Parlement des Enfants ont soutenu leur plaidoyer devant leurs collègues des l’Assemblée nationale. De par l’importance des débats et la pertinence des questions soulevées, les élus de la nation, -par la voix de leur président- a marqué sa satisfaction devant cette initiative de la COMADE et ses partenaires, en faveur du droit des enfants.

Laya DIARRA

20 novembre 2007.