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Le président de l’Assemblée nationale a changé son cabinet. C’est ainsi qu’il a remplacé le Secrétaire général Seydou Nourou Kéïta par un adémiste bon teint, Mohamed Traoré, ancien membre du Comité Exécutif du parti et ex-haut cadre de la Francophonie. Trois commissions de travail ont été renforcées par des assistants parlementaires. Le protocole, les huissiers, la division matériels ont été également renforcés en ressources humaines. Un chamboulement qui fait grincer les dents des uns et fait rire les autres.

Tôt hier lundi 31 mars, dans la matinée, le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, a pris une décision portant abrogation de la décision n°022/P-AN-RM du 13 mars 2003 portant nomination d’agents à l’Assemblée nationale.

Les partants ont pour noms Mamadou Lamine Guindo, Moussa Seydou Sanogo, tous deux précédemment chargés de mission, Amadou Kéïta, précédemment conseiller diplomatique et Hamoro Diarra, précédemment chef de cabinet.
De même, il a abrogé la décision du 16 février 2007 portant nomination de Seydou Nourou Kéïta, en qualité de Secrétaire général de l’institution.

Quelques heures après, en début d’après-midi, le président Dioncounda Traoré rend publique une nouvelle décision. Elle porte le n° 28 et son objet concerne la nomination de personnel. Un ensemble de textes, la Constitution en première ligne, a été visé. Le dernier alinéa de ce chapitre est ainsi intitulé : «vu les nécessités de service». C’est dire que pour le président de l’Assemblée nationale, il y avait une nécessité de changement dans son entourage dans la mesure où depuis son élection en septembre dernier, il n’avait touché à aucun membre de son cabinet.

Ainsi, l’article premier de cette décision dit que sont nommés dans les fonctions ci-après, à l’Assemblée nationale, les agents ci- dessous désignés : chef de cabinet, Issa Togo, ancien député de Koro, de la législature sortante.

Les conseillers sont au nombre de cinq :
-Moussa Coulibaly conseiller des affaires étrangères, ancien ambassadeur du Mali à Paris (diplomatique)
-Issaka Kaya, ingénieur d’agriculture (développement rural)
-Abdramane Touré du MPR, Professeur d’enseignement supérieur (affaires administratives)
-Hassane Touré, licence en relation internationale (juridique)
-Almoustapha Haoussa, Professeur d’enseignement supérieur (Arabe).

Ce n’est pas tout. Le président a nommé également trois chargés de mission : Almoutèye Ag Rhaly, maitrise en droit public, Al Johari Ag Hamatou, licence en droit et science politique, Sirou Traoré, maîtrise en droit privé.

Le personnel administratif de l’Hémicycle s’est vu aussi étoffer par la nomination de trois personnes : Soumaïla Diarra, un adémiste bon teint, le comptable «sans argent» de la permanence du parti servira désormais à la division matériels. Mamadou Amadou Dembelé, réputé être du Mouvement citoyen, va grossir les huissiers. De même, le protocole dirigé par le même Samir Nama s’élargira avec la venue de Dioncounda Coulibaly du CNID.

En outre, Mohamed Traoré, Professeur. d’enseignement supérieur, succède à Seydou Nourou Kéïta au Secrétariat général de l’Assemblée nationale. De plus, trois nouveaux assistants parlementaires viendront renforcer les Commissions de travail : Hammadoun Harouna Goro à la Commission Education, Modobo Camara de l’URD, ancien directeur du CRT à la commission Travaux publics et Ibrahim Mahamane Touré, maîtrisard en droit. Ces nouveaux promus bénéficieront des avantages prévus par la réglementation en vigueur.

Précisons que dans ces nominations, il semble que Dioncounda ait pris en compte ses alliés de l’ADP, notamment l’URD, le CNID et le MPR. Cependant, il n’a pas voulu faire une purge. C’est pourquoi, certains du RPM restent toujours dans le cabinet : le directeur de cabinet Toumani Djimmé Diallo, l’attaché de presse, Amadou Baba Wagué, le directeur du protocole, Samir Naman et les huissiers.

Par cet acte, Dioncounda Traoré se pose en rassembleur et entend travailler avec toutes les sensibilités politiques. Au grand dam de certains gloutons de son parti qui n’ont cessé de le bousculer depuis sa nomination comme président de l’Assemblée nationale afin de truffer tous les postes de l’Hémicycle d’abeilles. Il a résisté jusqu’à ce chamboulement tout à fait politiquement correct. A suivre.

Chahana TAKIOU

01 Avril 2008.