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La séance de questions orales à l’Assemblée nationale, entre l’Honorable Bréhima Dianessy, député élu à Bafoulabé, et le ministre des Infrastructures Routières, le Colonel Abdoulaye Koumaré, a eu un goût inachevé le jeudi 29 novembre dernier. L’élu de Bafoulabé est resté sur sa faim tant le ministre tergiversait dans ses réponses, avec souvent des divergences dans les chiffres.

Ces questions étaient relatives à la construction de la route Bafoulabé – Mahina, longue de 8 kilomètres selon le député. C’est la première divergence entre le ministre et l’Honorable, car le ministre Koumaré parle plutôt de 6 kilomètres. Pour l’Honorable député, cette route, dite de la honte, n’est ni réhabilitée, ni bitumée.

Afin de remédier à cette situation, il a rappelé que le Président déchu avait décidé de financer sur le Budget national la construction de ce tronçon. Deuxième divergence de vues entre le ministre et le député: le Colonel Koumaré a précisé qu’une partie du financement de la route était prévue sur les fonds de la vente de la SOTELMA, à hauteur d’un milliard et le reste sur le Budget Spécial d’Investissement du département en charge des infrastructures routières.

L’Honorable Dianessy est convaincu que le bitumage de ce tronçon permettra de désenclaver les deux localités, de soutenir les efforts de développement de l’agriculture, de faciliter la circulation des personnes et des biens et de faciliter l’accès des populations aux services sociaux de base. Les travaux avaient été lancés le 15 juillet 2010 et c’est l’entreprise GME-SA qui avait effectué les travaux préliminaires. Entretemps son contrat a été résilié et elle a été remplacée par EOK le 15 juin 2011.

Malheureusement, depuis, l’état d’exécution n’a connu aucune évolution et cela en dépit des efforts des autorités locales. L’exécution des travaux est arrêtée à cause du gel de la totalité des crédits d’investissement par le gouvernement. «L’administration étant une continuité, du lancement des travaux en 2010 à ce jour, je crois que votre département a été alerté par les élus que nous sommes et par l’AGETIPE, le maître d’ouvrage délégué, des conséquences que l’arrêt des travaux pourrait entraîner, en plus des conséquences financières, surtout un isolement total des localités de Mahina et de Bafoulabé », s’est inquiété l’Honorable Dianessy, avant d’ajouter que ces deux localités s’étaient retrouvées isolées au cours de l’hivernage dernier.
Quant à la route Bafoulabé – Sandaré, il a rappelé que les 5 communes du Nord du cercle qu’elle dessert ont consenti un effort financier de 72 millions de francs CFA comme contribution pour la construction d’un centre de santé de référence à Tomora. Dianessy a ajouté que ce centre avait coûté 1 milliard à l’Etat malien. «Le désarroi des populations fut très grand lorsqu’on leur signifia que la route devant faire la jonction avec leur localité avait été déviée à partir de Sébékoro. Du coup, l’accès à ce centre se trouve très affecté».

En réponse à ces questions, le ministre a donné les raisons de la rupture du contrat avec la première entreprise, qui manquait de personnel qualifié, de matériel et d’approvisionnement adéquats. Il a également tenté de rassurer le député Dianessy en ce qui concernait les dommages environnementaux liés à la construction de la route. Le ministre a annoncé qu’en remplacement des arbres coupés, il sera procédé à la plantation de 1700 pieds, conformément au cahier des charges du projet. Il a aussi indiqué que les travaux reprendraient dès que les ressources seront disponibles. Quand? La question est elle aussi restée sans réponse.

Youssouf Diallo

22 Septembre du 3 Décembre 2012