Partager


La salle Modibo Kéïta de l’Assemblée nationale du Mali a été le théâtre hier d’une chaude empoignade entre l’honorable Cheickna Hamalla Bathily, député élu à Nioro du Sahel et le ministre de l’Industrie et du Commerce, Choguel Maïga. Le premier interpellait le second sur les élections consulaires intervenues à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, le 1er Octobre dernier. Trois questions étaient posées au Ministre : pouvez-vous nous interpréter l’article 13 de l’arrêté N°061149/MIC du 1er juin 2006 ? pensez-vous qu’une recommandation prime sur un arrêté ? en considérant l’organisation du scrutin du dimanche 1er octobre 2006, ne pensez-vous pas qu’il y a eu une violation flagrante de l’article 13 par les recommandations en date du 28 septembre ?

Parlant de l’arrêté du 27 septembre 2006 modifiant la composition des membres du bureau de vote à quelques trois jours seulement des élections, Choguel Maïga a révélé aux députés que dans l’esprit de cet arrêté, les représentants des candidats étaient bel et bien des assesseurs et qu’à ce titre ils devaient obligatoirement signer le procès-verbal de dépouillement.

Or, lors des dernières élections consulaires du 1er octobre dernier, le président du bureau de vote, magistrat de son état, a mentionné dans son procès-verbal que les représentants des deux listes (A et B) n’étaient que des simples observateurs n’ayant aucun droit dans le déroulement des opérations électorales.

Cette interprétation du président du bureau de vote est une interprétation littérale des dispositions de l’article 10 de l’arrêté 01149 du 1er juin 2006 qui stipule : « les représentants des listes dans les bureaux de vote ont un rôle d’observateur« . Une contradiction flagrante qui a été décelée dans les explications du ministre du Commerce et de l’Industrie.

En effet, Choguel Maïga a laissé entendre que le procès-verbal qui a sanctionné les élections consulaires du 1er octobre dernier est nul. Logiquement, si ce procès-verbal est nul, on ne peut donc pas le prendre en compte pour valider ces élections.

Les deux représentants étant des assesseurs ne l’ayant pas signé. A propos des votes par correspondance, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Choguel Maïga, s’est longuement expliqué sur le vote par correspondance et le vote par procuration.

Tous deux objet de beaucoup de commentaires. Dans ses recommandations prises le 28 septembre dernier, le ministre a mentionné la notion de procuration. Or en règle générale, la procuration doit être apparente pour être prouvée. Une procuration par correspondance ne doit jamais être mise dans une enveloppe.

A en croire le député Bathily, tous les abus sont partis de ces fameuses recommandations. Le député Cheickna Hamalla Bathily dira à Choguel Maïga : « ce sont vos recommandations qui ont mis le feu aux poudres. C’est vous qui avez créé tous ces problèmes, vous devez assumer ce que vous avez fait« .

Le ministre de révéler au député : « on a envoyé un message très clair au ministre pour l’influencer et faire du trafic d’influence. Ne jouez pas à l’innocent« .

Pour le ministre, il n’y a eu que 59 % du taux de participation. Ce qui veut dire que même dans le vote physique, les gens ne sont pas sortis. Selon lui, c’est çà la réalité. Tout le reste, ce sont des procès d’intention. Et Choguel, toujours à propos des procurations, ajouta : « on ne peut pas à sept jours des élections changer les règles du jeu en supprimant les votes par correspondance« .

Or, à trois jours des mêmes élections, il a usé de son autorité pour prendre un arrêté qui changea la composition du bureau de vote, qui a confiné les représentants des deux listes dans un simple rôle de spectateurs et introduit des nouvelles règles du jeu.

Birama Fall

10 novembre 2006.