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Dans le même élan, le ministre de l’Éducation de base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Mme Sidibé Aminata Diallo était hier à l’Assemblée nationale pour faire le point de la situation avec les députés.
La séance qui s’est déroulée dans la salle Aoua Kéita de l’Hémicycle était présidée par le président de l’Assemblée, Dioncounda Traoré.

La communication présentée par Mme Sidibé Aminata Diallo avait pour thème « l’accès et la qualité de l’éducation au Mali : la problématique de l’équité« .
Dans son mot de bienvenue, Dioncounda Traoré a salué cette initiative d’associer l’Assemblée nationale à la quête d’une éducation de qualité dans notre pays.

Car l’éducation reste la clé du développement et l’objectif de l’éducation pour tous à l’horizon 2015 est une préoccupation du Parlement, a assuré Dioncounda Traoré en précisant que l’augmentation du taux de scolarisation est nécessaire dans la bataille pour le développement.

« La route du développement passe par le développement de l’éducation« , a-t-il résumé.
La problématique de l’équité de l’accès à l’éducation, de l’amélioration de la qualité, des contraintes à lever pour accélérer la réalisation des objectifs de l’éducation pour tous ont formé l’ossature de l’exposé du ministre.

Au plan international, a expliqué Mme Sidibé Aminata Diallo, les objectifs de l’EPT couvrent l’expansion des activités d’éveil de la petite enfance, l’universalisation de l’éducation pour tous d’ici à 2015, l’amélioration des résultats de l’apprentissage, la réduction du taux d’analphabétisme des adultes (en particulier la disparité entre les taux d’alphabétisation entre hommes et femmes).

Recrutement massif d’enseignants:

L’expansion de l’éducation fondamentale et la formation d’autres compétences destinées aux adolescents et aux adultes, l’acquisition accrue par les individus et les familles de connaissances, compétences et valeurs nécessaires à une vie meilleure font également partie des objectifs.

C’est au début des années 1990 que notre pays s’est engagé dans un vaste programme de refondation de son système éducatif grâce au Programme de développement décennal de l’éducation (PRODEC). Des stratégies ont été définies pour améliorer l’accès et la qualité de l’éducation dans un souci d’équité.

Depuis l’adhésion du Mali à la Déclaration de Jomtien (en Thaïlande) en 1990, le souci d’une plus grande équité dans l’accès à une éducation de base et de qualité pour tous les enfants du pays est une donnée constante, a expliqué le ministre qui a ensuite abordé les obstacles à surmonter. Et ceux-ci sont nombreux.

Il s’agit d’abord des disparités géographiques. Depuis lors, beaucoup a été fait pour réduire la disparité entre les villes et les zones rurales.

L’offre d’éducation s’est considérablement accrue en milieu rural. C’est dans ce cadre que le PRODEC a opté pour la création de conditions optimales pour doter chaque village d’au moins une école fondamentale et/ou un CED. A terme, le PRODEC va construire 27 000 salles de classes, 9000 bureaux et 4500 points d’eau. Sans compter la réhabilitation d’au moins 2000 salles.

L’augmentation de salles de classes entre 2002 et 2007 (de 22 330 à 32 414) a permis de porter le taux de scolarisation de 71,2 à 85% en milieu urbain et de 47 à 65%. Du coup, le taux brut général de scolarisation atteint aujourd’hui 77% pour l’ensemble du pays.

Le recrutement massif d’enseignants pour les écoles fondamentales se poursuit. Tout comme le soutien à l’émergence de différents modes d’organisation scolaire comme les écoles communautaires, les médersas, les centres d’alphabétisation des adultes et les CED (Centre d’éducation pour le développement).

Le ministre a aussi cité la création de cantines scolaires, d’écoles pour les populations nomades et le développement d’un programme efficace de santé scolaire.
La priorité est aussi accordée à la réduction des disparités liées au sexe, la dynamisation de l’enseignement préscolaire et la création d’institutions spécialisées pour la prise en compte des handicapés et des enfants en situation difficile.

Formation intitiale et continue:

L’éducation pour tous au Mali se fera en tenant compte de l’équité dans l’amélioration de la qualité de l’éducation, la reforme des curricula et l’introduction des langues nationales dans l’enseignement et le renforcement de la formation initiale et continue ainsi que de l’encadrement pédagogique des enseignants.

Mme Sidibé Aminata Diallo a préconisé pour accélérer la réalisation de l’objectif de l’éducation pour tous, de lever les contraintes économiques et financières (difficultés de mobilisation des fonds), culturelles (scolarisation de la petite fille), démographiques, (fort taux de croissance démographique) et institutionnelle (nouveau contexte crée par la décentralisation).

Autres contraintes :

le manque de revenu et la pauvreté des parents, le problème de la motivation des enseignants, les revendications catégorielles, le sida.
En terminant sa communication, Mme Sidibé a réaffirmé sa foi en la capacité de notre pays à aller vers la réalisation de l’éducation pour tous d’ici à 2015.

Le débat qui a suivi a surtout traité de pédagogie convergente, des enfants de la rue, des manuels scolaires, des cantines et des écoles communautaires…

En réponse, Mme Sidibé a jugé que la pédagogie convergente comportait beaucoup d’avantages et assuré que l’État se souciait réellement des enfants de la rue. L’État, a-t-elle ajouté, continuera à promouvoir les cantines scolaires car c’est souvent le seul moyen de maintenir les enfants à l’école.


A. LAM

30 Avril 2008