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Sous réserve d’éventuels réajustements de la Cour Constitutionnelle, sur les 147 occupants des sièges de l’Assembée nationale, seuls 26 ont pu être reconduits, à l’issue des deux tours du scrutin législatif des 1er et 22 juillet 2007. C’est dire que, quelque part, la quasi totalité des anciens députés ont été victimes, soit de leur manque d’implication, lors des campagnes législatives et du déroulement des votes, soit du désaveu des électeurs, voire des populations.


Les anciens et les “bleus”

Sur les 26 députés réélus, 11 ont de l’Adema, 7 de l’URD, 3 du CNID, 2 sont des indépendants, 1 du MPR, 1 du RND et 1 du RPM. Ainsi, les 121 autres élus sont tous ce qu’il convient d’appeler des “bleus”, autrement dit, de nouveaux venus, peut-être pas forcément sur la scène politique, mais certainement au sein des débats de la future formation de l’Assemblée nationale.

Ainsi, l’Adema, qui engrange 55 députés, n’aura pas peut-être le dernier mot, lors des futurs débats de l’Assemblée nationale. Mais les avis des adémistes y compteront beaucoup, même si leur nombre ne frise pas la majorité.

Ce qui ne porte pourtant à penser, d’emblée, que le futur président de l’hémicycle sera issu du parti de l’abeille. Néanmoins, avec sa majorité de 11 “vétérans”, réélus, ses 44 nouveaux arrivants, loin de se retrouver “dépaysés”, apprendront plutôt vite auprès de leurs “aînés”.

Après les législatives de 2002, le parti de l’abeille avait été durement éprouvé par des désertions dues aux tensions internes. Si bien qu’après le départ de certains de ses députés, le parti s’est retrouvé avec 35 députés, qui comptait plus d’une cinquantaine, au départ.

L’URD, qui le talonne est, quant à lui, plutôt bien loti, puisque, parmi ses 36 élus, 7 ont pu conserver leurs sièges au parlement. Ses 29 nouveaux venus se sentiront aussi relativement à l’aise parmi eux. Le parti de Soumaïla Cissé comptait quelques 19 élus venant de l’Adema, après avoir récupéré, par la suite, 2 députés de l’UDD et du RAMAT.

Le parti qui s’en est bien tiré, après les législatives, c’est bien le parti Sadi. Aujourd’hui, c’est comme s’il savourait une certaine victoire, après le départ des 6 “dissidents” de la L.J.S, des mois après les législatives de 2002. Car, non seulement ces dissidents ne siègeront plus à l’hémicycle, mais le parti compte 4 nouveaux entrants, dont le Dr Oumar Mariko lui-même. C’est dire que les débats promettent d’être intéressants, au sein de la future Assemblée nationale.

Quant au MPR qui y comptait 4 élus, il en enregistre aujourd’hui 7, dont un ancien. Et le RND conserve son seul ancien député, Me Kassoum Tapo. Les indépendants, eux, ont amélioré le nombre de leurs représentants : sur leurs 11 anciens députés, ils sont parvenus à en faire réélire un, et même atteint aujourd’hui le nombre de 12 élus.

Le CNID, qui comptait 12 députés, en a aujourd’hui perdu 6. De ses 6 députés entrants, 3 sont anciens et les 3 autres sont nouveaux. Les voix du “Faso Yiriwo Ton” seront donc minoritaires au sein du nouveau parlement. Si bien que le président du parti peut, d’ores et déjà, renoncer à la quête du perchoir, du moins, si l’on en croit certaines sources qui lui en attribuent l’ambition.

Tous les autres partis qui ont obtenu des sièges sont minoritaires, surtout que le nombre de ces sièges varie entre 1 et 4 : 4 pour le Parena, 3 pour l’UDD, 6 dont se partagent équitablement le Miria, le Barica, et le PSP,un pour le BDIA et un pour le PCR qui fait ainsi sa toute première entrée à l’Hémicycle.

Mais c’est le RPM qui a subi la chute la plus brutale et spectaculaire, avec la perte massive de ses députés. On se rappelle qu’avec le décès de Kadari Bamba et le départ de certains de ses élus et hauts responsables – dont Housseyni “Poulo” Guindo de Sikasso – le parti du Tisserand, qui était fort de quelques 45 députés, s’en était retrouvé avec 43.

Mais le plus dur, après cet affaiblissement, c’est que les législatives 2007 ne lui ont apporté que 11 députés. Pire, sur ces 11 élus, seul un siégeait déjà à l’Hémicycle, en l’occurrence… IBK lui-même. Autant dire que la position du président sortant de l’Assemblée nationale sera des plus inconfortable.


Oumar DIAWARA

30 juillet 2007.