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Comme en 2009, ils sont encore trois candidats en lice pour la présidence du comité exécutif de la Fédération malienne de football : Hammadoun Kollado Cissé le président sortant, Boubacar Baba Diarra et Boukary Sidibé dit Kolon, respectivement présidents du Djoliba et du Stade malien. Les deux premiers, Hammadoun Kollado Cissé et Boubacar Baba Diarra étaient déjà là en 2009 à Tombouctou, tandis que le troisième, Boukary Sidibé participe à sa première «présidentielle». On reprend les mêmes et on recommence, pourrait-on dire quand on sait qu’en 2009, Boukary Sidibé dit Kolon avait décidé de se présenter à l’élection du président de la FEMAFOOT, avant de se retirer de la course et de faire alliance avec Hammadoun Kollado Cissé, futur vainqueur de l’élection. Candidat malheureux à l’élection de la cité des 333 Saints, Moussa Konaté se retrouve cette année dans un rôle similaire à celui de Boukary Sidibé en 2009.

En sa qualité de premier vice-président de la FEMAFOOT, le patron du COB a choisi de continuer le chemin avec Kola Cissé, à l’instar de la plupart des membres du comité exécutif sortant et ne briguera pas la présidence de la fédération. C’est dire que les quatre têtes de file de la dernière élection, à savoir Hammadoun Kollado Cissé, Boubacar Baba Diarra, Moussa Konaté et Boukary Sidibé dit Kolon sont encore les acteurs majeurs cette année et tout se jouera autour de ces quatre noms. On s’en souvient, en 2009, la campagne entre les trois candidats avait suscité beaucoup de passions et poussé le président de la République d’alors, Amadou Toumani Touré à rencontrer les trois protagonistes au palais de Koulouba.

Comme il le confirmera lui-même quelques jours plus tard, ATT souhaitait ainsi un consensus pour éviter le clash au sein du monde du football. Peine perdue car aucun accord ne sera trouvé entre les trois candidats et c’est une planète foot profondément divisée qui se retrouvera à Tombouctou pour les assises de l’Assemblée générale élective.

Celles-ci seront sanctionnées par l’élection de Hammadoun Kollado Cissé à la tête de la fédération, mais on sait que pendant le vote, Moussa Konaté et Boubacar Baba Diarra s’étaient retirés pour protester contre l’attitude de certains délégués. L’élection de Kola Cissé ne s’est donc pas passée sans heurts et ceci explique en grande partie les différentes crises qui ont secoué la Fédération malienne de football au cours des quatre dernières années dont la plus grave a été le départ de Boukary Sidibé dit Kolon du Comité exécutif après seulement un an d’exercice. Faut-il encore craindre le même scénario cette année ?

La question mérite d’être posée après les événements qui se sont produits ces derniers mois notamment le rejet de la liste de Boubacar Baba Diarra par la commission d’élection qui a provoqué une crise ouverte entre la fédération et le Collectif du 11 juillet, une association qui regroupe la majorité des clubs de première Division. Il a fallu l’intervention de la FIFA et du Tribunal arbitral du sport (TAS) pour pousser la commission d’élection à valider la liste de Boubacar Baba Diarra et inciter ce dernier à retirer la plainte qu’il avait déposé auprès de la juridiction de Lausanne. On ne parlera pas des insultes proférées sur les antennes des stations FM par certains représentants des candidats ou encore des propos virulents tenus par ces derniers dans les journaux de la place.

Quelques points de discorde

Mais ce calme ne devrait pas durer longtemps parce que beaucoup de questions restent sans réponse qui risquent de provoquer de nouveaux incidents dès l’ouverture des travaux, aujourd’hui à Mopti. Ces questions portent notamment sur le nombre de personnes qui composent le comité exécutif de la FEMAFOOT. Alors que la liste conduite par Hammadoun Kollado Cissé est composée de 22 personnes, celles de Boubacar Baba Diarra et Boukary Sidibé en comptent 21. La commission électorale a demandé aux deux derniers de compléter leurs listes à 22, mais Baba et Kolon ont répondu que le CE de la FEMAFOOT est composé de 21 membres selon les textes de la fédération et rejeté cette proposition.

Il y a aussi le sempiternel problème de la représentativité de certaines ligues et quelques clubs de l’intérieur. A chaque Assemblée générale élective, ce problème refait surface et on peut parier que le rendez-vous de la Venise ne sera pas une exception à cette règle. Qui peut voter et qui ne peut pas voter ? Quel délégué a été mandaté ? Voilà les questions qui reviennent invariablement dans les discussions depuis plusieurs semaines. Sans être maîtres du jeu, les ligues et clubs de l’intérieur seront encore au cœur des débats car s’il y a un maillon faible dans cette partie de poker, ce sont bien les régionaux.

A chaque élection, on les accuse à tort ou à raison de manipulation et à chaque rendez-vous, on assiste au même cirque. Le système de vote n’a pas changé, mais la donne peut changer cette année avec l’alliance annoncée entre les listes Boubacar Baba Diarra et Boukary Sidibé. Les deux candidats sont membres du Collectif du 11 juillet et projettent de faire alliance en cas de deuxième tour. Sur le papier, le Collectif du 11 juillet semble assuré d’avoir la majorité 24+1 puisque selon ses propres calculs, il peut compter sur les voix d’au moins 11 clubs de première Division (11), celles de 6 ligues (18) et des 3 groupements sportifs (3), soit 32 voix.

Mais il ne s’agit là que de simples promesses de votes, admet volontiers un membre du Collectif du 11 juillet, avant d’ajouter que rien n’indique que les choses se passeront comme convenu. Cela est d’autant plus vrai que quand on demande aux trois candidats ou à leurs représentants de donner le nom de quelques clubs et ligues appartenant à leur liste, ils citent presque les mêmes noms. La seule certitude, si certitude il y a, c’est que certains responsables régionaux ont leur nom sur des listes et on peut logiquement penser qu’ils voteront pour ces listes.

Sinon pour le reste, on ne peut jurer de rien. Tous les scénarios sont ainsi possibles et bien malin est celui qui pourra dire lequel des trois candidats sera porté à la tête de la FEMAFOOT à l’issue de cette 23è Assemblée générale élective. Depuis plusieurs mois, le Collectif du 11 juillet martèle à qui veut l’entendre que son objectif est le départ de Kola Cissé et l’association mise sur une alliance entre ses deux listes pour atteindre son but.

Mais si l’actuel président du comité exécutif a été lâché par les deux poids lourds du football national (le Djoliba et le Stade malien), une bonne partie des autres clubs de l’élite et certaines ligues de l’intérieur, il ne part pas battu à Mopti et Kola Cissé sait qu’un retournement de situation de dernière minute est toujours possible. Dans l’entourage de ses deux adversaires, la prudence reste d’ailleurs de mise et cette confidence d’un membre du Collectif du 11 juillet résume parfaitement la situation. «Tant que l’élection n’est pas terminée, on ne peut rien dire. Personnellement, j’évite de parler pour ne pas avoir à regretter».

S. B. TOUNKARA

Un vote à bulletin secret

Le collège électoral de l’Assemblée générale élective de la FEMAFOOT est composé de 4 catégories d’électeurs. Les 9 ligues affiliées à la fédération (Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou, Kidal et Bamako) ont chacune 3 voix. A ces ligues, s’ajoutent les 16 clubs de première Division (Stade malien, Djoliba, Réal, COB, CSK, AS Police, USFAS, Office du Niger sports, AS Bakaridjan, Onze Créateurs, Débo club, ASB, CSD, AS Nianan, ASOM, AS Eliwidji) qui sont représentés chacun par un délégué, soit 16 voix, les équipes championnes de deuxième Division des 9 ligues (AS Sigui de Kayes, AS Petit savant venant de Koulikoro, Stade malien de Sikasso, AS Biton de Ségou, AS Sabana de Mopti, AS Niafunké de Tombouctou, US Gounzourèye de Gao, le représentant de Kidal et Lafia club de Bamako, 1 voix pour chacune) et les groupements sportifs qui sont au nombre de 3, soit 54 électeurs.

Le PV N°005 de la Commission électorale daté du 30 septembre précise que les trois groupements sont retenus sous réserve de leur affiliation définitive par l’Assemblée générale. La Commission électorale n’a pas retenu l’Amicale des anciens arbitres comme groupement sportif et indique que conformément à l’article 16, le secrétariat général de la fédération a proposé des bulletins uniques de vote qui devaient être soumis aux candidats le mercredi 2 octobre.

Dans le même document, la commission invite la ligue de Gao à produire le procès verbal de l’Assemblée générale qui a renouvelé le bureau de l’instance dirigeante du football de la 6è Région. La ligue de Kidal, peut-on également lire dans le PV de la commission, «a donné le nom d’un club (Taranwat AC), mais il a été constaté que ce club n’a jamais fait de licence et se trouve en non activité depuis sa création. La commission a ainsi retenu qu’il n y a pas de club champion de deuxième Division pour à Kidal». Ces deux derniers points risquent de faire polémique pour la simple raison que la disqualification d’une ligue ou d’un club signifie des voix de moins pour la liste à laquelle sont inscrits ces clubs et ligues.

S. B. T.

Essor du 07 Octobre 2013