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Partis en grève depuis le lundi 8 septembre 2008, les étudiants de la Faculté des Sciences Juridiques et Politique (FSJP), comme chaque veille de fête, profitent d’un certain dysfonctionnement administratif pour organiser des Assemblées générales.

Un comportement qui est devenu une tradition chez presque tous les étudiants des établissements publics en vue de bien préparer les fêtes. Plus particulière la FSJP, comme les autres écoles sont en grandes vacances déjà, les étudiants ont décrété hier 15 septembre 2008, une grève illimitée jusqu’à nouvelle ordre.
C’était à la suite d’une assemblée générale tenue à l’EX-ENA centrale.

Ils avaient, en effet, l’intention de transformer l’Assemblée générale en une marche avec barricades. La manifestation fut aussitôt interdite par un important dispositif sécuritaire, notamment des dizaines de milliers de policiers.

Les motifs de la grève

Depuis lundi dernier, les étudiants de cette faculté, la seule n’ayant pas encore connu la fin de l’année universitaire 2007-2008 pendant que les autres facultés ne tarderont pas à commencer une nouvelle années. Ils sont sortis pour réclamer leur bourse entière à peine après seulement trois mois de cours magistraux.

Pourtant, l’administration a proposé les trois premiers mois de bourse en attendant d’attribuer le reste après la fête. Chose qui fut refusée par les étudiants.

Certes, les gens sont d’accord que les étudiants font bien de réclamer leurs droits, mais à cette étape des cours et compte tenu du retard dans l’année académique, cela devrait les dissuader à revendiquer. Car les premiers perdants sont eux les étudiants.

Par ailleurs, selon d’autres sources en provenance de certains étudiants, il paraît qu’il y a 8 mille de leurs collègues qui n’ont pas été inscrits au titre de l’année 2007-2008.

Encore, les calendriers des travaux dirigés ne sont pas dressés par l’administration. Là également, les étudiants semblent avoir raison. Malgré tout ces retards, on pense que les étudiants pouvaient rester en classe en même temps négocier avec l’administration.


L’habitude est une seconde nature

Lorsqu’on a tenté de leur poser des questions, certains étudiants se disent persuadés des retards accusés par la FSJP qui n’a plus une bonne réputation aux yeux des gens? Ils ont affirmé qu’en réalité, ils sont fatigués des cours magistraux. C’est pourquoi, les étudiants, en complicité avec leur comité AEEM, ont décidé d’aller en grève.

Ils ont pour prétextes quelques dysfonctionnements de l’administration. Voilà ce qu’on peut considérer comme vraie raison de la grève illimitée des étudiants.

Au Mali, c’est devenu une habitude injustifiée des élèves et étudiants à chaque fois que les fêtes de Ramadan ou de Tabaski s’approchent de décider d’aller en grève. Un comportement qui viole les textes universitaires.

Il constitue ainsi un acte qui ne pourra que contribuer à affaiblir le niveau des étudiants. Tout ce qu’on peut dire, c’est que si les autorités ne font pas attention, l’école malienne va vers son péril certain.
Pourtant il y a eu plusieurs interpellations sur l’insécurité au sein de nos écoles. Que reste-t-il donc à faire?

Espérons que le forum national sur l’éducation permette que l’école malienne revienne à l’école.

Hady BARRY

16 Septembre 2008