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En fin de semaine dernière, le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce a pris un arrêté convoquant l’assemblée consulaire de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) pour ce lundi. Un arrêté violant la loi et qui creuse davantage le fossé entre opérateurs économiques du Mali.

Depuis son hold-up électoral du 5 octobre 2006 qui lui a permis de se succéder à lui-même à la tête de la CCIM (avec 200 votes par procuration contre 0 à son adversaire Ousmane Guittèye, candidat du Groupement des commerçants), Jeamille Bittar n’a jusque-là aucune autonomie pour jouir de la plénitude de ses pouvoirs.

L’assemblée consulaire composant le bureau de la CCIM n’avait pu encore être mise en place alors qu’elle est l’organe délibératif formé des membres des trois sections (commerce, service, industrie).

Bittar, qui n’a jamais caché ses amitiés avec Koulouba, a été d’un bout à l’autre soutenu dans sa mascarade électorale. En convoquant ce lundi l’assemblée consulaire, le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo voulait certainement dissiper deux ans de crise et de division entre les acteurs principaux du négoce au Mali.

Mais, la session qui s’ouvre en principe ce matin et qui va durer quatre jours a été convoquée en violation de la réglementation. Les dispositions en la matière stipulent que la convocation de l’assemblée consulaire se fait trois semaines plus tôt par le ministre chargé du Commerce. Or, certains anciens membres consulaires réélus, n’ont été informés qu’entre le jeudi et le vendredi derniers.


Irrégularités

Cette irrégularité dans le délai de convocation est doublée d’autres manquements : le contentieux électoral de Sikasso n’est pas encore vidé. C’est pour cette raison d’ailleurs que le prédécesseur d’Ahmadou Abdoulaye Diallo, Mme Bah Fatoumata Néné Sy, avait refusé d’être menée en bateau. Au mois d’avril 2008, Bittar et ses affidés avaient initié la convocation de l’assemblée consulaire faisant fi des mêmes contentieux à Gao, Koulikoro et Sikasso.

Koulouba ayant eu peur d’endosser une fois de plus la responsabilité a aidé l’ancienne ministre à opposer une fin de non recevoir à Bittar. Ce dernier revient à la charge en obtenant cette fois-ci l’onction d’Ahmadou Abdoulaye Diallo.

Jeamille Bittar qui a ouvert en 2006 la série de contestations électorales dans notre pays en prélude aux législatives et à la présidentielle de 2007 n’entend pas perdre une seconde de son mandat de trois ans.

Il dit à qui veut l’entendre que son nouveau mandat ne commencera à courir que le jeudi 31 juillet 2008, prévue pour la fin des travaux de l’assemblée consulaire. Pour lui, les deux ans d’immobilisme n’appartiennent qu’au passé.


Abdrahamane Dicko

28 Juillet 2008