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Pour ceux qui ont suivi la chronologie des évènements de la guerre au Nord- Mali, depuis l’invasion des troupes de l’Otan, à leur tête l’ancien président français M. Nicolas Sarkozy et son philosophe, M. Bernard Henri-Levy, savent réellement que les choses n’ont pas du tout bougé fondamentalement. Si Kidal n’est pas libéré, la situation du Nord- Mali, reste entière.

Les batailles de Konna- Diabali-Léré-Tombouctou et celle de Gao ont été faites par les deux armées : française et malienne. Pour aller à Kidal, rencontre entre le général français, commandant l’opération serval et M. Diango Sissoko, Premier ministre du gouvernement de la transition du Mali : le peuple malien a dénoncé ça mais pas la société civile malienne qui n’existe que de nom. Le peuple malien a été pris dans un étau par l’état d’urgence décrété par le président intérimaire le prof.

Dioncounda Traoré, pour casser toute contestation afin de poursuivre la feuille de route des maîtres du jour, qui sont les vrais chefs d’orchestre de la situation du Nord- Mali.
Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA a été créé par le président Sarkozy et son gouvernement. Passation spéciale du dossier du Nord- Mali entre M. Sarkozy et François Hollande à l’Elysée. D’ici là, rien n’a changé sur le problème de Kidal. Pas de différence entre la politique de l’UMP et celle du parti socialiste : le MNLA est toujours l’enfant chouchou des différents gouvernements français.

Pour l’intérêt de la France, il n’y a pas une question de droite ou de gauche. L’intérêt de la France prime sur les questions politiques. Cela se voit et se sent en Afrique. Le député UMP, M. Alain Marsaud vient d’annoncer qu’il n’y a plus un Mali mais deux Mali : le sud et le nord et c’est la France qui a empêché le Nord d’annexer le Sud. Il faut que les maliens le sachent. Depuis l’invasion de la Libye par la France, toutes les politiques françaises : droite-gauche, extrême droite et autres, dans leur totalité avaient soutenu cette intervention.

La situation actuelle de Kidal, n’est rien d’autre que la continuation de la politique de Nicolas Sarkozy. Même si c’est reconnu par tout le monde que c’est le MNLA qui a tué les journalistes français, la France ne le reconnaîtra jamais et elle mettra cela sur le dos d’AQMI. La France n’est pas venue pour combattre son enfant qu’elle a conçu mais c’est de le mettre dans ses droits qu’elle trouve légitime depuis 1957 avec la création de l’OCERS (Organisation commune des Etats riverains du Sahara).

C’est par le projet de cette organisation que la France a mis dans la tête des touaregs, l’idée d’indépendance. Cette idée a été combattue grâce à la vigilance des cadres patriotes de l’US-RDA et leur laborieux travail a eu l’adhésion de la majorité des touaregs. Ceux qui ont pris les armes en 1963, sont toujours les débris de cette France.

Il faut accuser Ambéry Ag Rhissa, du MNLA que nous avons toujours indexé dans nos différentes livraisons, qu’il est un lâche et qu’il a été rattrapé par l’Histoire. C’est lui qui avait publié une lettre au journal «L’Essor» du Mali pendant la première rébellion des années 63-64, alors qu’il était enseignant à Gargando dans le cercle de Goundam, pour se démarquer des chefs rebelles dont Aladé.

Le prof. Ali Nouhoum Diallo a bien dit d’accuser M Ambéry Ag Rhissa. Il a bien critiqué la position de «leurs amis français» dans la situation de Kidal. Qu’est ce qu’il peut dire par rapport à «ses amis français». On doit connaître son ami que quiconque. La France ne peut pas être amie en même temps des Maliens et amie des Touaregs du Mali. M. Laurent Fabius, le dit clairement, «nos amis touaregs».

Le chef d’état-major-général des forces françaises a déclaré publiquement devant la presse malienne, en réponse à une question des journalistes que «la France n’est ni MNLA, ni anti-MNLA». Les Maliens ignorent totalement la capacité de nuisance des politiciens français qui maintiennent toujours des idées de vengeance.

Les Français ont toujours en tète, le départ de leurs troupes aériennes de Tessalit, Gao et Bamako en 1961, sur la demande du président Modibo Keïta. Ils ont fait payer à Hissein et à Moussa Traoré, leur critique arrogante de la démocratie imposée par M. François Mitterrand en 1990 au sommet de La Baule.

De 1957 à l’année 2013, malgré la succession des différents gouvernements de gauche et de droite, la position française du Nord- Mali, n’a pas varié. C’est en 1994, précisément le mois de septembre, que M. Bernard Debré, ministre et député français, avait déclaré à Bamako, que la rébellion est totalement finie au Mali, car c’est Bernard Kouchner qui entretenait cette rébellion par le canal de son ONG, «Médecins sans frontière». Dieu, merci, Bernard Kouchner a été ministre du président français socialiste de François Mitterrand.

Et le Mali a plus souffert des socialistes que de la droite française. C’est trop tard. Il devait les critiquer dès au début avec leur entrée dans la ville de Kidal sans l’armée malienne. Mais, il ne peut le dire car ce sont ses amis français, socialistes qui l’ont permis, lui et ses amis d’être à bout de Moussa Traoré et de son UDPM en mars 1991.Un homme endetté ne peut rien dire devant ses créanciers. On ne peut pas aimer une chose et son contraire. Les politiciens français sont des diables et celui qui s’allie au diable devient diable.

J’accuse

Les accusés de la mort des deux journalistes français sont : Nicolas Sarkhozy, Alain Juppé, François Hollande, Laurent Fabius, Yves Le Drian, Dioncounda Traoré et IBK. Le président de la République n’a rien fait depuis son investiture le 04 septembre 2013 pour libérer Kidal. Avec zèle, il organise une opération dite «Sanya» pour dégager les éléments de la junte de mars 2012.

Le professeur Dioncounda Traoré et son Premier ministre M. Diango Sissoko ont trahit et commis une forfaiture contre le peuple malien en autorisant l’armée française de rentrer à Kidal.

De janvier 2013 à nos jours, c’est l’armée française qui encadre et entretient les rebelles du MNLA à Kidal. Qu’est ce qu’elle a pu faire lorsque les ministres maliens en mission à Kidal, ont été attaqués par les manifestants du MNLA ? Tout ce que le MNLA fait à Kidal, est cautionné par la France. Le voleur et le complice du voleur sont frappés par la même loi.

Concernant la mort des deux journalistes français, ceux qui doivent rendre compte au peuple français, c’est bel et bien M. François Hollande et son ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius. La France et la Radio France Internationale ont payé les frais de leur hypocrisie politique et de propagande française à Kidal. C’est la même Radio France Internationale et France 24 qui faisaient l’éloge et la propagande du MNLA.

Beaucoup de journalistes de RFI ont des liens de sang avec les Touaregs. Beaucoup de dirigeants du MNLA, basés en France, sont mariés à des femmes françaises et bénéficient des lobbys français pour leur médiatisation. Ce que le MNLA fait à Kidal en occupant les locaux de l’ORTM est comparable à la radio des «Mille collines» du Rwanda qui avait fait la propagande du génocide rwandais contre les tutsis en 1994.La France n’est pas étrangère à ce génocide rwandais.

Les larmes du président IBK et la marche des journalistes maliens.
Des hommes politiques en manque de popularité ont pris part à la marche. Le Pr Ali Nouhoum Diallo n’avait aucune raison de marquer de sa présence. Si ce n’est par l’hypocrisie.

Au lieu de pleurer pour la mort de deux journalistes français, ces hommes et ses femmes devaient se rendre à Koubi (Konna) suite au chavirage d’une pinasse se rendant à Tombouctou : bilan, soixante douze morts (72).Si ce n’est la présence des ministres de la Sécurité, des Transports et de l’Action humanitaire, ni le président IBK, ni son Premier ministre Ouamr Tatam Ly, n’ont été aperçus sur les lieux du drame. Le président IBK s’était seulement contenté de l’envoi d’un message de condoléances comme d’ailleurs son homologue français, M. François Hollande.

Nous n’avons vu ni les larmes de Blaise Compaoré (président du Burkina Faso), ni de Alassane Dramane Ouattara, qui ont été tous effondrés par la mort de ces deux journalistes français. Pour dire que la France est toujours «la mère patrie et nos grand-père, les Gaulois».

Yacouba Aliou, Bamako

12 Novembre 2013