Partager

En violation de la résolution 2100 d’avril 2013 des Nations Unies et de l’Accord de Ouagadougou du 18 juin 2013, qui recommandent le désarmement et le cantonnement des mouvements armés du Nord, le MNLA reste seul maître à Kidal. Cela se passe au vu et au su de la communauté internationale avec à sa tête la France.

La résolution 2100 d’avril 2013 qui crée la Minusma est formelle sur la libération totale des zones occupées au Nord du Mali. Sur le principe selon lequel il ne peut pas avoir deux armés dans un même pays et pour favoriser le retour définitif de la paix, cette résolution a été adoptée.

L’accord de Ouagadougou dont le but était le retour de l’administration à Kidal pour permettre la tenue de l’élection présidentielle sur l’ensemble du territoire national a accordé un point important au désarmement et au cantonnement des mouvements armés et au retour de l’administration et même des forces armées maliennes à Kidal.

Malgré tout, la communauté internationale avec à sa tête, la France qui a joué un grand rôle dans la chasse contre les narcotrafiquants, assistent à la violation de la résolution citée plus haut et l’accord de Ouaga. Le MNLA n’a jamais respecté ni la résolution 2100, ni l’accord qu’il a signé à Ouagadougou le 18 juin 2013.

Le retour de l’administration qui a été matérialisé par la nomination d’un gouverneur et des préfets n’est que de façade. Le chef de l’exécutif régional et son équipe n’ont pas pu regagner leur cadre de travail. Ils sont logés à la mairie tandis que le gouvernorat est toujours occupé par le MNLA. La station régionale de l’ORTM, un autre élément de souveraineté nationale, est aussi annexée par le même MNLA.

Kidal est loin d’être libéré puisque la souveraineté de l’Etat y est confisquée. Même l’armée nationale dont le déploiement était programmé n’a pas pu y mettre les pieds. Sa progression vers la zone indûment occupée a été contrariée par deux fois par la force Serval au moment où le MNLA terrorisait les populations à peau noire, faisait exploser les grenades ou pactisait avec le mouvement Ançar Dine d’Iyad Ag Ghaly dans des attentats kamikazes en présence même des forces de la Minusma et du bataillon sénégalais.

La goutte qui fait déborder le vase

C’est malheureux aujourd’hui qu’un pan du voile soit levé sur le comportement peu orthodoxe du MNLA à la main tachée de sang. L’assassinat lâche de nos deux confrères, Ghislaine Dupont et Claude Verlon de RFI le samedi 3 novembre est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La France à travers l’opération Serval présente à Kidal, Tessalit, Gao et Tombouctou ainsi que la Minusma et le bataillon sénégalais ont fermé les yeux sur cette situation qui ne faisait que pourrir. Avant la mort dramatique de nos deux confrères que rien ne justifie, l’hydre MNLA s’est toujours comportée comme en territoire conquis.

Comme s’ils étaient aidés en cela par des mains invisibles, le MNLA et le Haut conseil de l’Unité de l’Azawad (HCUA) n’ont rien cédé de leur volonté de donner une autonomie à Kidal. IBK encore candidat à la présidentielle de juillet 2013 a frôlé le pire lorsqu’il s’était rendu en campagne à Kidal. Son avion a failli être empêché d’atterrir et sa délégation a essuyé des jets de pierres. Il a fallu l’intervention du patriarche Intallah pour que le pire soit évité.

Le même scénario s’est répété le 15 septembre 2013 au cours de la toute première visite de membres du gouvernement d’Oumar Tatam Ly à Kidal. Les véhicules des ministres de la Réconciliation nationale et du Développement des Régions du Nord, Cheick Oumar Diarrah, de la Sécurité intérieure et de la Protection civile général Sada Samaké et de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, général Moussa Sinko Coulibaly ont été lapidés par une foule déchaînée à la solde du MNLA/HCUA. Leur avion avait auparavant été empêché de décoller. A part la presse qui a fait écho de ces manifestations qui pouvaient, qui pouvaient être tragiques personne n’a été scandalisé.

Il est plus que jamais temps de clarifier une fois pour toute la situation de Kidal. Faire respecter par le MNLA/HCUA la résolution 2100 et l’accord de Ouagadougou en faisant désarmer les combattants et faire jouer à l’Etat la plénitude de sa souveraineté nationale sur l’ensemble du territoire national.

Abdrahamane Dicko

04 Novembre 2013