Partager


Accusés de coups mortels et complicité, les auteurs de l’assassinat de Adama Boubèye Maiga ont comparu lundi devant la Cour d’assises de Bamako. Parmi les quatre accusés, deux ont été condamnés à 3 ans d’emprisonnement ferme.

L’affaire avait été renvoyée pour complément d’informations lors de la dernière session de la Cour d’assises. Mais elle a été de nouveau enrôlée pour être jugée par la 3e session de la Cour qui se tient présentement. Le 6 novembre dernier, les 4 accusés à savoir, Bouréima Diakité, Boubacar Diallo, Dramane Doumbia et Abdouramane Diakité sont revenus à la barre pour répondre du crime de coups mortels et complicité.

Des faits, il ressort que dans la nuit du 23 au 24 décembre 2003, Adama Boubèye Maiga qui s’était rendu dans un bar-restaurant à Magnambougou a été invité vers minuit par des individus inconnus de lui à un entretien en dehors de l’établissement. Mais dès qu’il franchit le seuil de la porte, ses interlocuteurs se sont saisis de lui et l’ont précipité dans un véhicule qui a pris la direction de la périphérie de la ville.

Quelques heures plus tard, Boureima Diakité, gardien dans un garage à Sokorodji où il était également domicilié, en cohabitation avec son cousin Abdouramane Diakité, se présenta au commissariat du 7e arrondissement pour déclarer qu’il vient de battre un quidam qui s’était introduit dans le garage pour tenter de voler une roue de gros porteur.

Aussitôt s’étant transportés sur les lieux, les policiers ont trouvé Adama Boubèye Maiga ligoté gisant, dans une flaque de sang. Quoique transporté à la clinique « Kabala » puis à l’hôpital du point G pour des soins intensifs que nécessitait son état, Adama Boubèye Maiga succomba de ses blessures dans la matinée du 24 décembre 2003.

Dans le cadre des investigations entreprises afin d’élucider les circonstances de son enlèvement et de son supplice fatal, ont été interpellés Bouréima Diakité, son cousin et cohabitant Abdouramane Diakité ainsi que les nommés Boubacar Diallo et Dramane Doumbia, promoteurs du garage au service desquels Bouréima était.

Ce dernier, à la barre, visiblement confondu par le scénario des évènements s’est empressé de verser dans une thèse de légitime défense en soutenant avoir surpris en flagrant délit de vol, dans l’enceinte du garage dont il était chargé d’assurer la garde, Adama Boubèye Maiga qui, au lieu de s’enfuir aurait choisi de l’affronter. Que c’est ainsi l’ayant maîtrisé, il a demandé et obtenu le concours de Abdouramane Diakité qui, non seulement lui a apporté les cordes mais également l’aidé à le ligoter.

Ainsi mis en cause, Abdouramane Diakité a tout au long de son interrogatoire nié toute responsabilité personnelle. De même, Dramane, Boubacar et Bouréima sont allés dans le même sens que lui.
Cependant, une seule constance : Abdouramane n’a pu réfuter un seul instant le fait qu’il était physiquement présent sur les lieux des atrocités et qu’il n’aura rien tenté pour dissuader les auteurs dans leur entreprise répréhensible.

Pour ce qui concerne les employeurs de Bouréima Diakité, Boubacar Diallo et Dramane Doumbia, ils ont tous reconnu être passés dans la même nuit du 23 au 24 décembre 2003, successivement au bar restaurant, lieu de l’enlèvement et au garage, lieu de l’accomplissement des atrocités sans pour autant parvenir à donner une version cohérente de cette coïncidence tout aussi énigmatique que troublante, laissant alors peser sur eux de lourdes charges.

La Cour rejetant la thèse de la légitime défense que Bouréima avait fait prévaloir, a déclaré constantes les charges de coups mortels retenus contre Bouréima Diakité et Abdouramane Diakité. Ils ont été condamnés chacun à 3 ans de prison ferme.

Par contre, Dramane Doumbia et Boubacar Diallo qui ont bénéficié des circonstances atténuantes ont été acquittés par la Cour.

Mohamed Daou

08 novembre 2006.