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Bamako est malade, malade des déchets produits et mal gérés par ses citoyens. La capitale, à l’instar d’autres grandes villes africaines, est confrontée à un véritable problème de gestion de l’environnement qui trouve son fondement dans l’urbanisation galopante et mal maîtrisée.

Cette croissance urbaine et la diversité des modes de consommation font que la quantité de déchets produits croît de manière disproportionnée par rapport aux moyens de riposte. Nonobstant la mise en œuvre de nombreuses stratégies pour endiguer le problème, le chemin à parcourir reste encore long.

En tout état de cause, la direction régionale de l’assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances, en partenariat avec le projet MLI/009 ne veut pas rester de marbre face à la dégradation continue de notre cadre de vie. C’est la raison pour laquelle, il a organisé le 2 décembre 2008 à la dette publique un atelier de formation sur les rôles et responsabilités des élus et des agents des services techniques en charge de l’assainissement dans la mise en œuvre de la politique de l’assainissement de Bamako.

L’atelier, qui se veut un espace d’interpellation des élus et des agents techniques à ce qui doit être leurs actions quotidiennes, vise le renforcement de la démocratie locale, l’amélioration du cadre de vie, en particulier sanitaires des Bamakois et de permettre aux Bamakois organisés en association de participer à l’amélioration et à la gestion de leur environnement dans le cadre de la décentralisation.

La session de formation dont la problématique reste la protection des populations contre les risques liés au manque d’assainissement, l’amélioration du cadre de vie et du pouvoir d’achat des populations… devrait aboutir à la détermination du rôle de chaque acteur dans la lutte contre la dégradation de l’environnement. Les objectifs attendus correspondent aux résultats recherchés à travers la mise en œuvre du projet MLI/009 « environnement urbain à Bamako ».

Mohamed Daou


Curage des caniveaux 39 GIE ruinés

La mairie du district, devenue insolvable, a entraîné la faillite de 39 GIE d’assainissement auxquels elle doit près de 200 millions de F CFA pour un contrat de curage de caniveaux. Ces GIE courent après leurs sous depuis plusieurs mois et leurs promoteurs sont menacés de prison par leurs débiteurs.

Pour donner fière allure à la capitale et parer aux éventuelles inondations, les autorités du district organisent chaque année, à l’approche de l’hivernage, une campagne de curage des caniveaux dans le district de Bamako. Les GIE d’assainissement sont sollicités pour le travail.

L’hivernage 2008-2009 n’a pas dérogé à la tradition. Le maire du district a signé le contrat n°176 dénommé : « Programme spécial de curage des caniveaux et traversées des chaussées du district de Bamako » avec 39 GIE. Le travail consistait à curer les caniveaux au prix du mètre linéaire à 500 F CFA et à ramasser les ordures. Le budget était supporté en partie par une société de téléphonie mobile de la place.

Selon les clauses du contrat, signé des mains du maire, la rémunération devait se faire en deux temps : un paiement de 50 % au démarrage des travaux et les 50 % restants à la fin des activités. Une autre clause attribuait 18 % du montant des travaux à la mairie et 3 % aux impôts.

Près de sept mois se sont écoulés, les GIE qui réclament près de 200 millions de F CFA à la mairie du district n’ont perçu aucun sou vaillant alors qu’ils ont rempli leur part de contrat. Chaque fois qu’ils passent à la régie ou à la DAF du district, ils retournent bredouilles en apprenant qu’il n’y a pas d’argent ou que l’opération n’a pas été budgétisée.
La crainte de la prison

Dans le contrat dont nous avons pu nous procurer une copie, la campagne est bien imputée au budget de l’exercice 2008 de la mairie du district, chapitre 623-29. Les promoteurs de GIE envahissent chaque jour la cour de la mairie dans l’espoir de pouvoir empocher leur dû. Certains qui se sont endettés auprès des banques ou des particuliers craignent de se retrouver en prison. Ils sont acculés par des manœuvres qu’ils n’ont pas non plus payés.

« Depuis plus de dix ans que je travaille avec la mairie du district, je n’ai jamais vécu une telle situation » , s’indigne un promoteur de GIE, qui jure de ne plus récidiver tant que l’actuel maire reste aux commandes.

Les promoteurs de GIE, qui ne savent plus à quel saint se vouer, envisagent de saisir le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales ou assigner la mairie du district en justice.

Cette insolvabilité de l’Hôtel de ville de Bamako corrobore quelque peu les récriminations du collectif des cadres du district qui a adressé une lettre ouverte au ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, parue dans « Les Echos » du mardi 3 décembre 2008.

Le collectif dénonce la cessation de paiement sans précédent et le renvoi du DAF, qui est la personnalité la plus importante de l’administration, au chômage.

Abdrahamane Dicko

04 décembre 2008