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Le week-end dernier a eu lieu au Centre du secteur privé, une conférence-débat animée par le notaire maître Boubacar Abdoulaye Sékou Sow, docteur en droit privé, sur le thème  » La communication sur l’environnement des affaires et ses incidences sur la vie des entreprises au Mali « . Etaient présents les acteurs des structures gouvernementales, qui ne sont pas passés par quatre chemins pour dire que la faute incombe aux acteurs du secteur privé.

La présentation du débat était reparti en trois grands volets. D’abord, la première partie consacrée à l’examen du cadre d’exercice de l’entreprise divisé en deux sous-thèmes. Il s’agit, entre autres de  » la pratique des affaires au travers des rapports de l’entreprise avec les partenaires privés « .

La seconde partie était axée sur l’amélioration du cadre d’exercice de l’entreprise avec également deux sous thèmes  » Au travers des reformes législatives  » et «  Au travers des reformes structurelles  » et, enfin, la troisième partie sur les recommandations et suggestions.

En effet, pour créer une entreprise au Mali, il faut, au préalable passer par 21 étapes, contrairement au pays anglo-saxons où les normes tournent autour de 48 heures.
Me Sow a tantôt évoqué la lourdeur administrative, c’est-à-dire le temps qu’on met pour avoir un permis de construire. Ainsi, dans les débats il a été mis en évidence que l’assiette fiscale pèse énormément sur le secteur formel. C’est-à-dire que les acteurs du secteur formel payent normalement leurs impôts tandis que ceux de l’informel ne contribuent en rien.

Ils font des importations et vendent leurs produits moins chers, tandis que ceux qui payent l’impôt dans le secteur formel sont pénalisés et au finish font faillite. Ce qui fera dire au conférencier que  » le secteur informel trop développé au Mali tue le secteur formel « .

La corruption est un fléau qui tue le jeu de la concurrence économique et cela ronge l’environnement des affaires selon Me Sow. Les pouvoirs publics ne sont pas les seuls responsables de tout ce qui arrive à l’environnement des affaires malien.

Par ailleurs, le secteur bancaire est très peu prêteur à cause en partie de l’attitude des acteurs du secteurs privé. Dans la plupart des cas, ce sont des gens qui font des prêts mais qui ne remboursent jamais. Les infrastructures publiques sont quasiment inexistantes au Mali.

Il est en outre ressorti au cours des débats que les ressources humaines ne sont pas de qualité allusion est ainsi faite que l’école malienne connaît depuis les événements de mars 1991. S’agissant de la continentalité du pays, il trouve que notre éloignement de la mer est un facteur défavorisant. L’institution judiciaire, estime-t-il, doit être le dernier recours pour tout sujet de droit. Force est de reconnaître qu’il y a aujourd’hui une crise de confiance dans les tribunaux.

Pour Baïdy Sidibé, directeur du Centre du secteur privé,  » l’environnement du secteur privé a besoin d’être amélioré et assainir au profit du développement du secteur privé « .

Pour tout ce constat Me Boubacar Abdoulaye, Sékou Sow s’est redemandé que faut-il faire pour corriger ces distorsions? Dans la reforme législative on y trouve l’adoption de la loi sur le financement de l’habitat.

La mise en place, depuis octobre 1993, du traité de Port Louis en Ile Maurice de la loi N°06040 du 11 août 2006 portant institution du numéro d’identification nationale des personnes physiques et morales. Et de la refonte du code Minier a abouti à la mise en place d’un code des investissements extrêmement attractifs.

Les reformes structurelles ont trait à la création d’un ministère de la promotion des investissements (actuellement dissous), à la mise en place d’un comité de pilotage de l’allègement et de la réduction des délais et procédures administratifs. Idem, le projet Doing Business de la Banque mondiale.

Cependant, le conférencier recommande qu’il y ait la volonté politique pour repenser l’administration malienne dans tous ses compartements de façon à tirer d’elle le maximum d’efficacité, de célérité et de souplesse. Il faut également susciter une culture de la notion de service public au niveau des agents en charge de l’exécution des tâches administratives.

Fatoumata Mah THIAM DOUMBIA

10 Décembre 2007.