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L’assainissement occupe une place prépondérante dans la vie quotidienne de nos populations car, avec un environnement sain et non pollué, les populations éviteraient de nombreuses maladies liées à l’insalubrité et à la pollution. Cette période particulière de l’hivernage, crée un autre problème de dégradation de l’environnement et aussi de l’insalubrité totale dans la ville de Bamako à travers le blocage des eaux de pluies qui stagnent dans les rues avec les déchets solides qu’elles emportent. C’est dans ce cadre que nous avons approché le Directeur régional de l’Assainissement Contrôle des Pollutions et Nuisances, M. Amadou Tandia. Il nous livre ici son point de vue sur la question.

Nouvel Horizon : Monsieur, quel est l’état de l’assainissement et de la pollution dans le District de Bamako?

Amadou Tandia :
Merci. Je suis très très content de vous recevoir à ce sujet qui est très important pour moi, particulièrement en ce temps d’hivernage. Pour le cas typique de Bamako, avec l’hivernage, nous avons énormément de problèmes d’assainissement, d’abord les eaux n’arrivent pas à couler librement, si je dis les eaux il s’agit des eaux des pluies et des eaux usées. Les eaux de pluies, on a commencé avec les différents caniveaux pour que les eaux puissent s’écouler librement entre les différents quartiers et les différentes rues pour pouvoir regagner le point le plus bas, c’est-à-dire le fleuve Niger.

Mais malheureusement, certains caniveaux et collecteurs se trouvent obstrués. Souvent nous avons des populations qui n’hésitent pas à balayer leur devanture où bien à tailler leurs arbres pour ensuite jeter ces débris dans les caniveaux en se disant que la pluie les emmenerait. Il y a ce phénomène qui est là, qui contribue à bourrer correctement les caniveaux et les collecteurs et à empêcher l’écoulement des eaux.

L’autre facteur qui est non moins négligeable aussi qui est caractéristique de pollution, c’est que souvent des gens se plaisent à vider leurs puisards dans la rue en se disant aussi que la pluie va emporter, mais malheureusement, il ne pleut pas, toute la nuit, les gens des alentours sont indisposés avec les odeurs.

Nouvel Horizon : Quel rapport existe-t-il entre la Direction régionale de l’assainissement et les GIE ?

Amadou Tandia :
Bien. Au milieu de notre direction, j’ai toujours expliqué aux différents GIE qui s’investissent dans le domaine de l’assainissement que nous sommes entièrement à leur service. Pour les aider à tout faire afin que les déchets puissent être évacués au fur et à mesure pour faire moins de nuissance, moins de pollution dans les différents quartiers.

A cet effet, je me rappelle, il y a quelques années de cela, le département a eu à nous donner même du matériel que nous avons donné aux GIE pour qu’ils puissent travailler avec et rembourser ces équipements à moitié pris pour bien mener les missions qui leur ont été confiées à savoir le ramassage des ordures de porte à porte. Nous avons fait cet appui, mais malheureusement nous n’avons pas été suivi dans cette affaire là car, beaucoup n’ont pas répondu présent au moment du remboursement.

Nouvel Horizon : Et le problème de dépôt final ?

Amadou Tandia :
Effectivement, c’est un problème réel. Ce problème a été longtemps posé, mais il n’avait jamais pu trouver de solution. En réalité, Bamako n’avait pas fait toutes ces prévisions, il y a eu des lotissements, des prévisions des dépôts de transit dans les différents quartiers, c’est-à-dire des endroits où les GIE pouvaient sortir les ordures des différentes familles pour les déposer en attendant que la mairie ne s’en charge pour la décharge finale.

Décharge fianale, cela avait été posée à mainte reprises, mais malheureusement au moment où il fallait passer à l’acte pour retenir un espace à titre de décharge finale, il n’y avait plus de terre disponible sur le territoire du District de Bamako. Ce problème ayant été posé au niveau gouvernemental, c’est le gouvernement qui s’est investi, il y a deux ans, pour nous trouver un terrain au niveau de Tienfala précisement à Noumoubougou qui est de 51 hectares pour que cela puisse servir de décharge finale pour Bamako. La clôture est presque terminée, il reste maintenant les équipements pour que cette décharge soit fonctionnelle.

Nouvel Horizon : Certains affirment que le budget alloué à l’assainissement est insuffisant. Qu’en pensez-vous ?

Amadou Tandia :
Sur ce plan, on est obligé de faire la politique de ses moyens. Si je prends l’exemple de cette décharge pour pouvoir faire la clôture, d’abord le terrain a été attribué une fois que l’Etat a donné le terrain, on a eu à faire la clôture, cela a été fait en une année. Maintenant, les équipements nécessaires pour que cette décharge soit fonctionnelle coûtent du pied à la tête.

Cela dépasse les dix milliards. Dix milliards du coup, si le ministère de l’Environnement veut avoir cette somme de la part du gouvernement, vraiment c’est un peu difficile de pouvoir trouver cela, mais c’est un problème qui est là. C’est dire que les budgets alloués ne suffisent pas, mais on ne peut aussi en vouloir à quelqu’un, parce que les moyens ne sont pas au rendez-vous.

Sinon ce n’est pas un manque de volonté des gouvernements successifs, ce n’est pas un manque de volonté de la part du département ou même des services chargés du travail, c’est une certaine impossibilité de mettre à la disposition tout ce dont on a besoin pour faire le travail.

Nouvel Horizon : Et votre dernier mot ?

Amadou Tandia :
Mon dernier mot, c’est d’exhorter les uns et les autres à persévérer. Nous avons certes, des difficultés, tout le monde va se dire que les moyens ne sont pas au rendez-vous, c’est vrai. Mais les uns et les autres doivent comprendre que chacun doit jouer sa partition.

Si je prends un exemple concret, si nous demandons à chacun de s’engager, à commencer d’abord par sa famille, les différentes familles doivent s’engager pour que l’intérieur et les devantures des familles puissent être des cadres de vie assainis. Donc, si tout le monde s’engage comme ça on arrivera à relever le défi.

Propos recueillis par Moussa KONDO (Stagiaire)

31 août 2007.