Partager

Ces difficultés auxquelles sont confrontés les acteurs du secteur ont améné le regroupement syndical (FNAM)constitué par 171 corps de métiers à organiser une conference pour non seulement dénoncer le manque d’égard à l’endroit du secteur mais aussi faire un appel pour bénéficier d’un secours pour les besoins de financement. Cette conférence était animée conjointement par Mme Astou Traoré presidente de la FNAM et par le vice président Oumar Diakité. C’était en présence des présidents de la coordination régionale de Kayes, de Mopti et de Koulikoro.

Créée en 1992, la Fédération nationale des artisans du Mali FNAM selon la présidente Astou Traoré est une organisation professionnelle à caractère syndical. Elle regroupe en son sein 935 associations représentant plus de 46 000 artisans et artisanes. Représentée à travers le Mali, par 70 unions locales qui se répartissent entre 11 coordination regionales. Comme tout regroupement syndical, la fédération nationale des artisans du Mali a pour vocation la défense des intérêts des artisans et la promotion du secteur de l’artisanat. Le secteur est composé de 171 corps de métiers.

Evoquant quelques actions de ce regroupement qui se bat depuis longtemps pour un essor du secteur de l’artisanat, la présidente Astou Traoré a cité entre autres actions la contribution à la formulation d’un code du secteur, à la création des chambres des metiers, à la recture du code général des impôts afin de prendre en compte les réalités du secteur de l’artisanat (concertation pour un impôt synthétique), la question sur la sécurité sociale des artisans, la prise en compte de la spécificté du secteur de l’artisanat dans le code des marchés publics, notamment le non accès des artisans aux appel d’offres etc. Pourtant, expliquera la conférencière, la promotion du secteur de l’artisanat permet entre autres une valorisation des ressources naturelles locales (or-coton,..) une valorisation des savoir-faire locaux (textiles, métaux, bois), cela parce que notre pays se fait remarquer par l’existence de préalables significatifs en matière d’organisation et de structuration du secteur à travers les initiatives privées (dynamiques FNAM, CM et secteur privé en général, mais aussi et surtout une volonté des acteurs concernés et des PTF à soutenir le secteur privé de notre pays. Mais, à en croire la présidente de la Fédération malienne des artisans du Mali, bien que le gouvernement du Mali ait exprimé sa volonté de faire de la lutte contre la pauvreté la priorité de toutes les priorités de développement, aucune action concrète n’est prévue pour le secteur de l’artisanat dans le CSLP et le Mali ne dispose pas de politique ni de stratégie claire en direction de ces innombrables micro entreprises relevant du secteur de l’artisanat.

Autres defis que rencontre le secteur et qui ont été signalés par Astou Traoré, présidente de la FNAM ce sont les difficultés d’accès au crédit d’investissement, les problèmes de débouchés commerciaux et d’accès aux marchés ; les conditions cadres inadaptées à l’épanouissement du secteur privé (fiscalité, contraintes administratives) insuffisance des moyens pour appuyer l’émergence d’entreprises artisanales, l’insuffisance de formation professionnelle, de l’apprentissage et les difficultés liées à leur financement, l’insuffisance de zones d’activités specifiques à l’exercice des métiers de l’artisanat et l’absence de cadre de reférence stratégique de développement du secteur. La conférencière fera remarquer qu’au lendemain des indépendances, notre pays s’est engagé dans une politique économique basée sur l’industrialisation, avec l’agriculture comme pourvoyeuse de matière premières. Selon elle, quarante ans après, il y a eu un echec de cette politique et le Mali n’a jamais réussi à se doter d’un tissu industriel digne de ce nom. Et à en croire la présidente de la FNAM, cet échec s’explique en partie par le fait que l’industrialisation se fonde sur des facteurs rares au Mali dont le capital et la technologie. Quant à son vice-président, M. Oumar Diakité, il dira que le secteur de l’artisanat apparaît comme une alternative pertinente à explorer, car il présente des potentiels considérables comme base de développement de l’économie nationale.

Selon lui, le Développement du secteur de l’artisanat nécessite un facteur dont le Mali dispose en abondance (main d’oeuvre) et utilisé par des facteurs rares (capital et technologie, faiblesse des barrières à l’entrée et à la sortie du secteur, capacité d’absoption du secteur, un des plus grands pourvoyeurs d’emplois directs et indirects, des opportunités économiques offertes aux MPE par le processus de decentralisation en cours et qui permet de fixer les populations rurales dans leur localité, luttant ainsi contre l’exode rural. Elle a déploré l’attitude du ministère de l’Artisanat et du tourisme qui mène une politique qui noie le secteur au profit du Tourisme. Les acteurs du secteur ont appelé les autorités à revoir leur politique en matière de développement de ces deux secteurs. Mais auparavant les responsables de la FNAM qui ne veulent pas croiser les bras ont à leur niveau entrepris des actions qui ont abouti à une grande réforme dans le secteur.

Laya DIARRA

3 juillet 2006