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Du 30 au 31 août 2007, le ministre de l’Artisanat et du Tourisme, N’Diaye Bah, était en visite dans la quatrième région. Au menu de ce déplacement se trouvait la concrétisation d’un voeu du département: la construction de villages artisanaux dans toutes les régions du Mali, sans exception.

Dans six mois, le Mali aura son tout premier village artisanal”, a promis le ministre. Et c’est Ségou, la capitale des “balanzan”, qui aura le privilège d’abriter le tout premier village artisanal du genre.

Le projet est de taille, et l’ambition, à la hauteur des attentes des artisans du Mali, ces hommes et femmes aux talents créatifs qui, jusque- là, évoluent à 98% dans l’informel.

Depuis quelques années, le Gouvernement du Mali s’est engagé dans un vaste chantier de reformation de l’ensemble du secteur informel, en vue de sa transformation en un véritable catalyseur de développement et de lutte contre la pauvreté. Car le secteur informel emploie plus de 70% de la population active.

L’artisanat, qui tire une très grande part de ce pourcentage, ne peut donc pas rester en marge de cette volonté politique affirmée par les plus hautes autorités qui entendent lui faire jouer tout son rôle dans le développement économique et social du Mali.

Pour ce faire, le Gouvernement a engagé un ensemble de mesures pour organiser les artisans, leur faciliter l’accès au crédit, et les former afin de produire plus et mieux, et pour faire connaître les produits artisanaux sur les marchés pour plus de croissance des acteurs du secteur, gage d’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

C’est pour cela que le ministre N’Diaye Bah fera ressortir la nécessité de mettre à la disposition des artisans un espace approprié qui offre les meilleures conditions pour l’épanouissement de leurs s activités artisanales.

D’où le choix de la construction des villages artisanaux pour non seulement réduire l’implantation anarchique des artisans dans les villes, et leur offrir des locaux décents et fonctionnels, mais aussi pour leur faire disposer d’un cadre de formation adéquat.

Aussi, le Ministre de l’Artisanat et du Tourisme, en dépit d’ une contrainte de temps, a pu quitter à temps Bamako pour la cérémonie de pose du premier village artisanal de Ségou.

Le premier intervenant de la cérémonie, le président de la Conférence Régionale des Artisans de Ségou, M.Sanogo, s’est appesanti sur les efforts déployés par l’instance qu’il préside. Ainsi, soulignera-t-il, les artisans de Ségou sont régroupés à 80% autour de la conférence régionale, et font vivre des milliers de personnes.

De 1995 à nos jours, la conférence régionale a pu assurer la formation de 2336 artisans, assister la création d’un Centre de ressources artisanale et d’un projet de fabrication de 13 000 foyers améliorés.

Avant la concrétisation de ce vieux rêve, c’est- à-dire la construction d’un cadre approprié de travail, soulignera le président de la conférence régionale des Artisans de Ségou, trois femmes avaient été désignées comme points focaux, en vue d’une meilleure coordination des activités artisanales dans la ville.

Ces progrès n’ont cependant pas empêché M. Sanogo de faire cas des difficultés auxquelles les artisans de Ségou sont confrontés, à savoir, l’insuffisance de personnel d’encadrement et de ressources financières. L’homme ne désespère pourtant pas, avec tous les efforts en cours déployés par le département en vue de promouvoir l’artisanat dans le pays.

A cet effet, il citera le programme source de croissance pour la réduction de la pauvreté, la perspective d’un partenariat avec la Jamahira Arabe Libyenne, annoncée lors de la dernière visite officile du Président de la République, Amadou Toumani Touré, dans cette République soeur, et le vaste programme de reforme fiscale.
Ces efforts, dira-t-il, dénote de la volonté du Gouvernement de mieux structurer le secteur, toutes choses qui suscitent l’espoir des artisans.

Selon la présidente de la Fédération Nationale des Artisans du Mali (FNAM), Mme Astan Traoré, le village artisanal revêt une importance capitale, en ce sens qu’il constituera une vitrine permanente capable de réunir au même endroit les meilleurs artisans, les meilleurs produits, et une capacité de production et de commercialisation sur place.

Toute chose dont le secteur artisanal a besoin aujourd’hui. “Il offre également de réelles opportunités pour la formation professionnelle et l’équipement des ateliers qui contribueront à la production de produits de qualité et de respect des délais. Enfin, ce village est un instrument de création de richesse et de lutte contre la pauvreté qui gangrène notre pays”, a indiqué Mme Astan Traoré.

Face à la faiblesse des moyens, notamment l’absence de centres d’accueil, de regroupement et de commercialisation dans les villes secondaires du Mali-toute chose qui entrave l’épanouissement du secteur de l’artisanat-, la Présidente de la FNAM a lancé un appel à l’endroit des acteurs, à commencer d’abord par les artisans eux-mêmes , ensuite les partenaires au développement, les structures d’appui et publiques, pour plus de soutien et d’engagement dans l’aboutissement du programme de construction de villages artisanaux.

Car, c’est de cela, dira-t-elle, que dépendra l’avenir du secteur de l’artisanat, et sans doute, celui de notre pays. “M. le Ministre, votre présence à cette cérémonie symbolique témoigne votre engagement et celui de votre département pour le développement du secteur de l’artisanat. Les artisans du Mali ne cesseront jamais de vous en remercier” dira-t-elle à l’endroit du ministre N’Diaye Bah, convaincue que le village artisanal vient à point nommé pour, à la fois, combler un déficit et susciter un espoir. Car, conclut-elle, “il sera, sans nul doute, une réelle opportunité de produire plus facilement, et de commercialiser aisément.

Quant au représentant du Gouverneur, M. Djibril Kéita, il abondera dans le même sens tout en soulignant que ”la réalisation de ce village répond aux attentes des professionnels de l’artisanat qui ont toujours émis le voeu d’avoir un cadre de regroupement approprié pour mieux exprimer leurs talents et être plus compétitifs.
Par ailleurs, ce village artisanal aura un impact positif certain, à la fois sur la formation et l’emploi des jeunes qui est au coeur des préoccupations des autorités nationales, dans la perspective de réduire la pauvreté et favoriser la croissance économique et notre pays
”.

Quel apport pour la région de Ségou elle-même ? Le représentant du Gouverneur répond : “Je demeure convaincu que ce village donnera une implusion nouvelle à l’artisanat ségovien qui fait vivre une frange importante de la population et contribuera à faire de notre cité une destination touristique fort prisée”.

Pour conclure, le ministre de l’Artisanat et du Tourisme, N’Diaye Bah, dira que le 30 août 2007 marque une date mémorable dans les annales de l’artisanat malien. Et pour cause : il consacre le démarrage du programme de construction des villages artisanaux dans chacune des capitales régionales et à Bamako.

En fait, cet ambitieux programme visesurtout à faire jouer à l’artisanat tout son rôle dans le développement économique et social dans notre pays. Le ministre a déjà sa vision du rôle et de la place à l’archétype du village artisanal qui sortira des chantiers battus dans six mois à Ségou, pour la promotion de l’artisanat malien : “Le futur village artisanal est intégré dans le circuit touristique de Ségou. Ce faisant, il constituera une étape importante de la visite des sites touristiques locaux, pour offrir à nos visiteurs étrangers les produits de l’excellent savoir-faire de la région, contribuant ainsi, comme le Centre N’Domo consacré au bogolan, et le magnifique Festival sur le Niger, à la notoriété de Ségou. Il résultera inéluctablement, de l’exploitation de ce site, d’importantes retombées pour l’économie régionale, particulièrement, en termes d’emplois créés et de revenus générés. De ce fait, il particiera à l’effort de réduction de la pauvreté, l’un des objectifs majeurs de la Politique de Développement Economique et Social du Mali. Vous comprenez aisément pourquoi ma joie est si grande de poser la première pierre de la construction de ce village artisanal”.

Aussi, le ministre exhorte les partenaires techniques et financiers, et les acteurs impliqués à rester mobilisés afin de mettre en oeuvre ce programme pour un plein épanouissement de l’activité artisanale au service de la réduction de la pauvreté au Mali


Le village artisanal de Ségou

Ce village, une première du genre, sera édifié sur un site de deux hectares, dans le style architectural local. Sa réalisation sera entièrement financée par le Budget National pour un coût de près d’un milliard de francs CFA.

Il est conçu sur quatre grandes zones fonctionnelles: production, exploitation, animation et bureaux. Cette dernière zone abritera les locaux du Centre Régional pour la Promotion de l’Artisanat, de la Conférence Régionale des Chambres de Métiers, et de la Coordination Régionale des Artisans. Le tout pour une meilleure coordination des activités, et pour une plus grande efficacité des artisans de Ségou.

Adama S DIALLO

03 septembre 2007.