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D’énormes arrogants immeubles dressent leur masse au grand marché et à l’ACI 2000 à Hamdallaye. Les bâtiments administratifs, datant de l’époque coloniale, ont été bazardés aux démocrates sincères sous le couvert d’opérateurs économiques. Ces maisons occupées par des services publics pour la plupart ont déménagé à Hamdallaye ACI dans des locaux appartenant à l’Etat ou loger dans des immeubles payés aux frais de l’Etat, appartenant pour la plupart à ces mêmes crapules.

Au titre des baux, selon la Direction générale de l’administration des biens de l’Etat, le nombre de bâtiments baillés s’élève à 352 pour un loyer annuel de 1 056 999 804 FCFA. La quasi-totalité des bâtiments baillés appartiennent aux princes du jour.

Pour preuve, le ministère chargé des Institutions et porte parole du gouvernement logeait dans l’immeuble d’une inspectrice des impôts à plus d’un million de FCFA par mois. Les ministères de l’Education de Base de l’Alphabétisation et des Langues Nationales, de l’Environnement et de l’Assainissement sont tous en location.

Une façon directe et intelligente pour détourner les fonds de l’Etat. Les montants sont toujours majorés. A titre d’exemple, en 2000 l’immeuble qui abritait le ministre des institutions était payé sur papier par la direction administrative et financière à 3 millions de FCFA par mois. A l’époque, le ministre, interrogé par nos soins, déclarait qu’il lui faut alimenter son parti.

Malgré les discours politiques mielleux, les bonnes intentions et les professions de foi, les changements tardent à venir. Et le peuple reste sceptique.
En attendant des jours meilleurs, on évalue, le soir, autour d’un thé, l’évolution de l’équipe au pouvoir, les chances d’un tel ministre, le limogeage d’un autre, etc.

En plein centre- ville, devant un immeuble construit en trois mois, des badauds s’arrêtent et s’écrient : «c’est notre argent volé et investit comme ça». Est-ce à dire pour autant que le Malien n’a plus confiance à ses dirigeants ? Pas du tout. Il les juge à travers leurs actions. Ainsi, l’enthousiasme et la popularité du régime ATT ont pris un sérieux coup.

En suivant progressivement le choix politique d’Alpha Oumar Konaré à savoir le diktat du FMI et de la Banque mondiale (la privatisation des secteurs économiques), l’actuel chef de l’Etat semble en désaccord avec ses compatriotes. Celui qu’on appelait «sans- sous- ni- caisse» lors de son arrivée au pouvoir sait que les Maliens le jugent.

Quant à Alpha Oumar Konaré, le nombre d’entreprises disparues entre 1992- 2002 n’a fait que des démocrates riches (21) milliardaires.

Safounè KOUMBA

07 avril 2008.