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Un adage dit : « quand on veut abattre son chien, on l’accuse de rage ». Les arrestations arbitraires d’hommes politiques, la semaine dernière, sentent fortement le complot dont les principaux visés sont Soumaïla Cissé et Modibo Sidibé, tous deux, candidat à la présidentielle avortée du 29 avril 2012.

Tout le reste ressemble sans doute à un montage, qui obéit à un plan machiavélique. La junte militaire, qui n’a pas encore révélé tous ses secrets, veut coûte que coûte intimider ces deux leaders politiques. Et s’il le faut, les empêcher par les moyens judiciaires ou extra judiciaires de se présenter aux futures élections présidentielles de notre pays.

Depuis que ces leaders gèrent les affaires publiques dans notre pays, leurs dossiers seraient passés au crible. Mais contre toute attente, ils seraient irréprochables. D’où la nécessité de trouver d’autres moyens de les salir, de les anéantir ou de les humilier publiquement. Voilà pourquoi, le peuple se rend de plus en plus compte des intentions réelles des putschistes, qui sont venus pour tout, sauf gérer la crise au nord. Les actes posés au quotidien convergent tous dans un sens : le palais de Koulouba.

Voulant apporter des preuves inexistantes par essence, le nouveau patron de la gendarmerie s’est planté à tout point de vue. « Des armes trouvées chez certains » ; « toute la lumière sera faite sur cette affaire ou ce dossier » sont des expressions confuses. Ces « certains » ont un nom et un domicile. Pourquoi ne pas montrer les armes dans leur cachette puisque la junte dispose à sa guise des médias publics ? Pourquoi vouloir salir des honnêtes personnes dans le but seulement de nuire à leur carrière politique ? Est-ce un crime de vouloir servir son pays ? Entre autres questions qui hantent les esprits des populations qui ont suivi avec beaucoup d’étonnement et d’amertume l’exhibition de preuves d’une grande légèreté. Dans tous les cas, le peuple n’est pas dupe. Et c’est à lui que revient le dernier mot.

Klezié

L’Aube du 24 Avril 2012