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C’est un homme radotant et rassasié de jours (84 ans) qui, après avoir joué 26 ans durant au chat et à la souris avec la Justice internationale, a été présenté au parquet de Nanterre en vue de son incarcération, avant que la Cour d’appel de Paris ne décide de son extradition ou non vers La Haye pour répondre de 11 chefs d’accusation de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Parti de rien pour devenir l’homme le plus riche du Rwanda à la fin de la décennie 80, Félicien Kabuga avait mis son immense fortune à contribution non pas pour être utile à ses compatriotes, mais plutôt pour désosser son pays déjà plusieurs fois victime de morsures de l’histoire, en s’impliquant activement dans la fondation et le financement de la tristement célèbre Radio des mille collines qui diffusait ad nauseam, l’idéologie suprématiste des extrémistes hutus, selon laquelle les autres ethnies et, en l’occurrence les Tutsis, sont de catégorie inférieure et ne méritent pas autre chose que la mort. Malheureusement, le président rwandais d’alors, Juvénal Habyarimana, avait fini par croire à la réalité des fariboles chantées et dansées par ses flagorneurs jusqu’auboutistes de la pire espèce, et ce qui devait arriver arriva à partir d’avril 1994 avec la mort de près d’un million de Tutsis et de Hutus modérés, suite à l’attentat qui a coûté la vie au président le 6 avril de la même année.LePays