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Le président du Cercle de Réflexion et d’Action des Jeunes (CRAJ), Mahamane Mariko a été arrêté le mercredi dernier à son lieu de travail par 3 éléments de la Brigade d’Investigations Judiciaires. Le mobile de cette arrestation ne serait autre que son activisme associatif.

Depuis le début du banditisme dans le septentrion malien, le Cercle de Réflexion et d’Action des Jeunes (CRAJ) est l’un des mouvements à condamner à haute voix les différentes attaques de nos casernes, notamment celles de Kidal et de Ménaka.

Récemment, le CRAJ, à travers des affiches sur lesquelles on pouvait lire « Abas Kadhafi, parrain des mercenaires », « Libérez les otages« , « Non à une ingérence de l’Etat libyen »,« la radiation des dissidents au sein de nos forces armées de sécurité », « Abas la Libye« , a condamné la gestion du problème du nord.

Ces affiches ont décoré les carrefours et les places publiques de Bamako et les capitales régionales.

Quelques jours après avoir manifesté son mécontentement de cette manière, les rebelles se font entendre à Nampala, et dans les localités de Nara et Bamamba.

Cette prise de position du président du CRAJ, Mahamane Mariko a été mal perçue par les autorités maliennes. Ainsi, il a été interpellé pour une interrogation musclée le 15 décembre dernier.

A la suite de cette interrogation Mahamane dira qu’il ne fait que défendre l’intérêt de la nation et suivre la ligne de son mouvement et que rien au monde ne peut lui arrêter. On l’accuse de nuire aux relations diplomatiques entre le Mali et la Libye.

C’est ainsi que les membres du CRAJ subissent toutes sortes de pressions et d’intimidations voire des agressions. C’est pourquoi le CRAJ a organisé un point de presse le lundi dernier à la Pyramide de Souvenir. Cette conférence de presse était animée par son président, Mahamane Mariko.

Avant de commencer, il a rendu un vibrant hommage à tous les martyrs qui ont versé leur sang pour la patrie malienne.

Le président du CRAJ dira que la situation actuelle nous interpelle tous. Il n’a pas apprécié les propos du président ATT. Qui selon lui, sont confus « tantôt bandits armés, tantôt rebelle ».

Le président du Cercle de Réflexion et d’Action des Jeunes n’a pas fait cadeau au Guide de la rébellion libyenne. « Sur quelle base, le Guide se permet de dire sur les antennes de l’ORTM que la rébellion est finie », s’est étonné M. Mariko. Il accuse le guide libyen d’avoir entretenu le banditisme dans le nord Mali.

Le président du CRAJ a condamné le banditisme et les attaques et exige la libération de tous les otages et demande aux plus hautes autorités une implication forte pour la gestion définitive de cette crise.

En répondant à ATT, Mahamane Mariko dira que ses militants vont s’inscrire le plutôt que possible comme réserviste pour défendre la patrie malienne. « Le CRAJ ne se laissera plus faire, plus jamais d’agression, plus jamais d’intimidation », a-t-il conclu.

La réaction ne se fera pas attendre. 48 heures après la conférence de presse, le président du CRAJ, Mahamane Mariko a été arrêté par les éléments de la Brigade d’investigations judiciaires. Il passera 24 heures dans le cachot de ladite Brigade. Le lendemain, il fut conduit avec un P.V devant le Parquet de la Commune III où il sera libre.

Aussitôt, après sa libération, le président du CRAJ décida d’organiser un point de presse à la Pyramide, le vendredi dernier. Mais, le directeur de la Pyramide opposa un niet catégorique à la tenue de cette conférence.

C’est donc sur le terrain de basket-ball que Mahamane déclara que le combat ne fait que commencer et que ne rien pourra stopper le CRAJ dans sa prise de position sur des questions d’intérêt nationales.

Il faut noter que plusieurs associations de défenses des droits humains ont vivement condamné cette arrestation arbitraire et ignoble.

La question que se pose les patriotes est de savoir si nous n’allons pas vers une restauration de la dictature qui n’approuve la liberté d’expression, la liberté d’association.


Moustapha GUITTEYE

19 Janvier 2009