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Depuis l’arrestation le jeudi 14 juin de Seydina Oumar Diarra dit SOD, la presse malienne (Directeurs de publication, journalistes, responsables d’organisations professionnelles) s’est mobilisée pour réclamer la libération sans condition du confrère. D’abord, les journalistes se sont réunis en assemblée générale extraordinaire à la Maison de la presse pour rédiger une déclaration dans laquelle ils dénoncent «l’arrestation arbitraire» et «l’emprisonnement illégal» de Seydina Oumar Diarra.

Avant de réclamer sa libération sans condition et sans délai. Ensuite, un sit-in prévu le samedi 16 juin devant la maison d’arrêt de Bamako a été finalement empêché par les forces de sécurité. Une marche de protestation est programmée aujourd’hui. Le rassemblement est prévu devant la Maison de la presse.

Les manifestants quitteront ce lieu à partir de 9 heures 30 à destination du ministère de la Justice via l’échangeur du Babemba, le ministère des Finances et celui de la Communication. Après cette série d’action, les journalistes projettent d’organiser une journée sans presse.

Incarcéré à la prison centrale de Bamako, depuis le jeudi 14 juin dernier, notre confrère Seydina Oumar Diarra alias SOD, secrétaire de rédaction du quotidien Info-Matin, va comparaître le mardi 26 juin prochain, en correctionnel en citation directe devant le tribunal de première instance de la commune III du District de Bamako.

De même que son co-accusé, l’enseignant Bassirou Kassim Minta. L’information a été donnée par l’un de ses avocats, Me Mamadou Konaté, qui a animé un point de presse, le vendredi 15 juin, à la Maison de la Presse sise à Darsalam.

Accusé injustement et en violation de la loi sur la presse et délits de presses d’offense au président de la République (voir le commentaire de Chahana Takiou en page 2), notre confrère court une peine de trois mois à un an de prison avec une amende de 50 000 à 600 000 FCFA.

Son avocat, Me Mamadou Konaté, souhaite qu’on n’arrive pas à ce point. «Le président de la République, Amadou Toumani Touré, ne va pas ouvrir son second mandat par la condamnation d’un journaliste» a-t-il estimé. Avant d’appeler les hommes de médias à la mobilisation, dans les règles de l’art, pour la défense de la corporation.

Même son de cloche chez les responsables de presse qui ont défini les actions à entreprendre afin d’obtenir la libération pure et simple et sans condition de notre confrère Seydina Oumar Diarra.

Parmi ces actions à mener, il y a le sit-in prévu devant la prison centrale de Bamako, le samedi 16 juin, mais finalement empêché par les forces de l’ordre qui ont verrouillé très tôt les voies d’accès. Il est prévu, ce matin lundi 18 juin, une marche de protestation sur le ministère de la Justice.

Une journée sans presse figure également au nombre des actions envisagées. Ce jour-là, il n’y aura ni journaux, ni d’émissions sur toutes les radios privées. Ce sera le jour de deuil de la presse malienne.

Rappelons que notre confrère SOD a été interpellé et inculpé pour avoir publié et commenté un sujet de dissertation que le jeune enseignant Bassirou Kassim Minta du Lycée Nanaïssa Santara de Bamako a donné à traiter à ses élèves de 10è Lettres. Il porte sur les amours cachées du Président de la République.

18 juin 2007.