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En réaction à l’interpellation suivie de la mise sous mandat de dépôt du général Amadou Haya Sanogo, des voix s’élèvent à Kati pour dénoncer une justice à double vitesse. Au cours d’un mouvement de protestation organisé hier, ces manifestants exigent une prise de mesures concrètes concernant le massacre des leurs à Aguel Hok.

La colère grogne dans cette ville garnison de Kati, d’où est partie le 21 mars 2012, une mutinerie qui a abouti au renversement du régime d’Amadou Toumani Touré. Le chef des mutins, le capitaine Amadou Haya Sanogo, élevé en août 2013 au grade de général de corps d’armée, a été entendu le 27 novembre dernier par la justice et placé sous mandat de dépôt le même jour. L’officier général est depuis incarcéré et détenu dans un lieu tenu secret.

«Nous sommes déçus par cette décision et nous ne comprenons pas du tout son arrestation», a indiqué un jeune, en marge de cette manifestation organisée en fin de matinée du jeudi 28 novembre, qui voit le général Sanogo comme un «héros qui a délivré le Mali d’une situation chaotique».

A Kati, on se dit convaincu que la justice a ainsi sévi en réaction à une pression venant des familles du Camp des parachutistes communément appelés les «bérets rouges». Sanogo est accusé de complicité d’enlèvement et d’assassinat dans une affaire de disparition de certains éléments de ce corps militaire, suite à une tentative de contre coup d’Etat le 30 avril 2012, réprimée dans le sang. «Nous aussi, nous avons perdu des proches le 30 avril», s’est indignée une femme, avant d’assurer : «Nous manifesterons notre mécontentement jusqu’à la libération de Haya».

Première décision presque arrêtée : les soutiens de l’ex-chef du Comité national de redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (Cnrdre), auteur du coup d’Etat du 22 mars 2012, entendent marcher le dimanche 1er décembre 2013. Dans leurs exigences, figurent la libération de leur mentor mais aussi une lumière sur les exécutions sommaires de soldats maliens à Aguel Hok dont «la plupart sont des époux et des enfants des femmes de Kati».

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE

Le 29 Novembre 2013