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Afin d’étouffer dans le verre la tornade soulevée à la suite de la nomination du chef de l’ex junte au grade de général de corps d’armée, les stratèges putschistes du 22mars 2012, ont crée l’histoire de tentative d’empoisonnement de Sanogo par le colonel Youssouf Traoré, suivi de l’arrestation de ce dernier. Avant d’apporter un démenti à l’information vraisemblablement montée de toutes pièces par eux-mêmes. Le coup a bien réussi.

Contrairement à ce qu’on peut imaginer, le groupe d’officiers de l’ex junte de Kati a plus d’un tour dans leur sac. Ils n’ont pas seulement des fusils et des munitions, ils disposent des stratégies de communication assez huilées pour faire et défaire l’opinion.

Tenez, à moins d’une semaine du tsunami soulevé sur le plan national et international sur les nominations non justifiées par mesure exceptionnelle du président par intérim de certains officiers (Colonel Moussa Sinko et le colonel major Didier Dacko)au grade de général de brigade et surtout du chef de l’ex junte le capitaine Amadou Haya Sanogo au grade de général de corps d’armée, l’affaire du colonel Youssouf Traoré de la même junte est survenue pour certainement détourner les esprits sur l’essentiel et sauver d’affaires le président de la république par intérim Dioncounda Traoré. Celui là même qui s’est défendu à Ouagadougou avec l’argumentaire qu’il y’a des problèmes au sein de la junte.

Dans ces genres de montage tous les observateurs sont unanimes que Sanogo et sa plèbe ne sont pas à leur premier coup d’essaie. Mais cette fois-ci, ce qui a embrumé la supercherie est la complicité certaine d’un correspondant bien connu de l’AFP dans notre pays.

Qui, sans investigations sérieuses a fait de cette banale affaire une fin de monde sur les ondes de RFI, avant de contribuer à le désamorcer, avec le démenti apporté par l’acteur principal de la mise en scène. Dans la foulée, le coup a doublement réussi. D’abord, cette information dans un premier temps aurait soulagé tout ceux qui protestaient contre la promotion du capitaine Sanogo, étant donné qu’il s’agissait d’une réprobation d’un officier de la même junte, voulant attenter à la vie du ‘’prince du jour’’.

Ensuite, les commentaires et les interprétations soulevés par cette affaire allaient finir par donner raison à Dioncounda, qui a justifié sa mesure exceptionnelle dans le souci d’élucider certains problèmes avant l’arrivée du président de la République intérim. Ainsi, curieusement, partout on a oublié, sinon on ne parle plus de la promotion, jugée honteuse, du capitaine Sanogo, mais des mensonges sur une tentative d’empoisonnement de ce dernier. Malin, malin et demi.

Colonel Youssouf Traoré, un dindon de la farce !

A Kati, surtout dans le camp du général de corps d’armée Amadou Haya Sanogo, on estime que la presse malienne ressemblerait au chien qui se rue sur tout ce qu’on jette devant lui. Du coup une information, telle l’arrestation d’un caïd de Sanogo, allait défrayer la chronique et constituer les choux gras des médias maliens.

Partant, on a sorti du sac, la tentative d’empoisonnement du nouveau général de corps d’armée par le colonel Youssouf Traoré. Alors que le concerné en réalité est parmi les véritables proches de Sanogo, à qui il doit son réintégration à l’armée ainsi que sa nomination au grade de colonel.

En la matière les stratèges de Kati sont forts dans les mises en scène communicationnelles pour étouffer des levées de bouclier. Pour rappel, à plusieurs reprises on a véhiculé des scénarios de séparation et de guéguerre entre Sanogo et son N°2 Konaré pour faire taire des opinions contraires à leur présence sur la scène publique. Ou bien même, des tentatives d’assassinats fomentées par le ‘’zigouilleur de Ziniaré’’, le président burkinabé, Blaise Compaoré, contre Sanogo.

En tout état de cause, cette fois-ci le coup a bien réussi, car l’intox causée à atténuer des ardeurs contre les quatre étoiles de Sanogo, qui ne tarderont pas à briller sur les écrans de l’ORTM.

Moustapha Diawara

Tjikan du 23 Août 2013