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ATT souffle le chaud et le froid

Le président malien Amadou Toumani Touré, dit ATT, qui a prêté serment au cours d’une cérémonie des plus sombres de notre histoire politique le 8 juin dernier pour son second mandant, s’adonne toujours à son jeu favori de faux fuyant en balayant d’un revers de main les multiples attentes de son peuple qui attend désespérément les retombées du fameux consensus, méthode de gouvernance qui a permis à une certaine élite politique de s’enrichir effrontément sur le dos des Maliens. Le réchauffement du front social auquel nous assistons n’est autre que l’échec de la politique de l’autruche menée depuis 5 ans.
Ce mandat, qui commence déjà sur des braises ardentes, ne sera pas du tout paisible pour les Maliens qui avaient constaté depuis 2 ans, les signes d’essoufflement d’un régime qui a enfilé la tenue d’une dictature rampante.


Arrestation des journalistes

Quelques semaines après son investiture, notre pays se trouve au devant de l’actualité internationale. Cette fois- ci pas dans le bon sens. Mais en terme de recul des libertés d’expression. Pour une histoire banale des frasques d’un président d’une République imaginaire, 5 journalistes et un enseignant, auteur du sujet de dissertation, sont arrêtés et inculpés pour offense au chef de l’Etat. Le jugement tant attendu se déroule à huis clos. Les 5 journalistes écopent des peines de prison de 8 à 4 mois avec sursis, assorties des amendes et le pauvre enseignant 2 mois de prison ferme et d’interdiction d’exercer la profession.

Cette arrestation des journalistes, qu’on croyait régler peut être à la malienne, prend une dimension internationale. Les associations de presse se mobilisent à l’intérieur comme à l’extérieur. Le régime, de celui pensait être le précurseur du consensus dans la démocratie dont on ne cesse de faire l’éloge, est condamné sous tous les cieux. Le Mali prend un coup sérieux. Les bailleurs de fonds s‘inquiètent. Le modèle démocratique s’écroule comme un château de cartes.

Flambée des prix

Au même moment, les prix des produits de première nécessité prennent l’ascenseur. Ainsi pour mettre un peu d’ordre dans la maison, 6 ministres montent au créneau. Les explications fournies sont loin de convaincre les consommateurs. Et chaque jour que Dieu fait, les prix des produits connaissent une légère augmentation. Le dernier en date est l’augmentation du kilo de la viande. Malgré les mesures prises par le gouvernement et les incessantes rencontres avec le syndicat des bouchers, les consommateurs ne savent plus encore à quel saint se vouer. Les bouchers, pour manifester leur mécontentement, observent un jour de grève, créant la panique chez les autorités.

09 juillet 2007.