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Dans un communiqué de presse déposé dans à notre rédaction, l’assemblée spirituelle nationale des Baha’is du Mali se déclare très inquiète à la suite de l’angoissante nouvelle selon laquelle les membres des «Amis d’Iran», le groupe qui coordonne les activités de la communauté baha’ie, en l’absence d’une institution nationale dans le berceau de la foi baha’ie, ont été arrêtés de façon sommaire et arbitraire par les autorités iraniennes lors des raids menés aux premières heures du 14 mai 2008.

Les Baha’is constituent, avec près de 300 000 fidèles, la minorité religieuse la plus importante en Iran. Elle est aussi la plus réprimée.

En effet, six membres de sa direction ont été arrêtés et incarcérés le 14 mai dernier. Un septième avait été interpellé le 5 mars.

Le Baha’isme n’est ni un schisme, ni un syncrétisme, mais une religion à part entière, avec ses textes sacrés, sa liturgie, son calendrier et surtout son propre message divin. Mais depuis l’accession de Mahmoud Ahmadnejad à la présidence de la République, en 2005, la répression à l’égard des Baha’is s’est accrue. Deux cents d’entre eux ont été emprisonnés au cours des trois dernières années.

Le fondateur du Bahaïsme, Mirza Ali Mohamed (1820-1850) s’était présenté lui-même comme Bab, «la porte» en arabe, c’est-à-dire la voie d’accès à Dieu.

Accusé d’apostasie, il sera exécuté. Son successeur, Mirza Hussein Ali (1817-1892) rompit totalement avec l’islam, prenant le titre de Bahaa’ullah «splendeur de Dieu», d’où le mouvement tire son nom.

Exilé en Palestine, il repose à Saint- Jean- d’Acre, près de Haïfa, devenu le lieu saint des Bahaïs.


Pierre Fo’o MEDJO

17 Juin 2008