Partager

Le communiqué rendu public le jeudi dans l’après midi, indiquait l’épilogue d’une mutinerie qui n’aura pas été matée dans le sang, mais maitrisé sans drame. On était peu enclin à douter d’un tel communiqué venant du ministre de la Défense, et faisant suite à une sortie musclée du président Ibrahim Boubacar Kéita, brandissant en direction de Kati, la main de fer sorti du gant de velours.

Selon le communiqué : « Le Ministre de la Défense et des Anciens Combattants à l’honneur d’informer l’opinion nationale et internationale qu’à la suite de l’agitation créée le lundi 30 septembre 2013 par un groupe de soldats et de sous-officiers à la Garnison de Kati, une opération conduite par l’Etat-major Général des Armées a abouti à la neutralisation sans violence des éléments impliqués dans des évènements ayant terni momentanément l’honneur et l’image des Forces Armées et de Sécurités. Toutes les armes individuelles et collectives qui étaient en possession des mutins ainsi que celles détenues à la résidence du Général Amadou Aya SANOGO ont été récupérées et réintégrées dans les dépôts logistiques sécurisés par les troupes déployées dans le cadre de l’Opération « SANIYA ». A ce jour, la place d’armes de Kati est totalement sous le contrôle de l’Etat-major Général des Armées ».

Ni ce communiqué et aucun autre ultérieur, jusqu’à ce jour n’a pu dresser pour l’opinion nationale et internationale, une liste des mutins « neutralisés sans violence ». S’ils sont arrêtés et détenus, le ministre peut-il en donner la liste complète des mutins en détention ?

L’article publié hier mercredi par notre confrère de l’hebdomadaire ‘’Le Reporter’’, évoque un « grand bluff du gouvernement », s’agissant des arrestations. Selon le confrère, les membres de l’ex-junte, avec en tête le Général Amadou Aya Sanogo se porteraient à merveille et plus renforcés que jamais, disposant d’engins lourds à Kati, et d’éléments de renfort probablement arrivés du front. Les officiers membres de l’ex-junte dont on a parlé des arrestations, se la couleraient douce, seuls des subalternes ayant pris part à la mutinerie auraient subi la foudre de l’opération Saniya au grand bénéfice du Général Amadou Aya Sanogo dont les armes n’auraient pas été récupérées comme l’indique le communiqué du ministre de la Défense. Si les révélations faites dans l’article de Kassim Traoré que nous avons interviewé, se confirment, alors il y a lieu de s’interroger sur les motivations réelles du communiqué signé par le ministre de la Défense, et il devra s’expliquer pour l’opinion nationale et internationale. Alors quel sens donner à la déclaration du président IBK, selon laquelle, Kati ne fera plus peur à Bamako, en tout cas pas à Koulouba ? Wait and see !

B. Daou

Le Républicain du 10 Octobre 2013