Partager

Boubacar Sawadogo, ça vous dit quelque chose ? Sans doute pas. Il n’est, en effet, ni un homme politique connu ni un opérateur économique de premier rang, encore moins un sportif de renommée ou un homme de culture adulé. Vous n’y êtes pas du tout. C’est juste la face hideuse d’un homme que l’humanité sait engendrer. C’est en effet l’un des cadres d’Ansar Eddine dont la course folle a pris fin il y a quelques semaines à Sikasso (Mali) où il a été arrêté avant d’être transféré à Bamako, même si l’information n’a été rendue publique qu’en début de semaine.

On ne sait pas quand ce précieux colis sera expédié à Ouagadougou mais on ne peut que se réjouir de ce coup de filet qui met hors d’état de nuire un dangereux terroriste, car nuire, il sait le faire. Puisque parmi ses hauts faits d’arme figure l’attaque contre la gendarmerie de Samorogouan, dans l’ouest du Burkina. Ce 9 octobre, on se le rappelle, la brigade territoriale de gendarmerie de la localité avait été la cible d’hommes armés ayant tué trois éléments de la maréchaussée et incendié le matériel roulant qui s’y trouvait.

Outre Samorogouan, le Burkina Faso a été frappé à plusieurs reprises : il y a eu l’enlèvement d’Iulian Gherghut, un officier de sécurité roumain le 4 avril 2015 à Tambao, l’attaque d’Oursi le 23 août dernier, l’enlèvement du couple Eliot à Djibo le 15 janvier 2016 et la déflagration sur l’avenue Kwame-N’krumah le même jour qui a fait 30 morts. Si ça se trouve, ce lieutenant d’Iyad Ag Ghali devait aussi être derrière ces différents actes terroristes, puisque dans sa lettre de mission, Boubacar Sawadogo devait implanter une cellule djihadiste dans son pays. Et Allah seul sait s’il doit exister ici ou là quelques cellules dormantes, prêtes à se réveiller de la plus sanglante des manières.

La neutralisation de la vermine Sawadogo montre aussi à souhait, s’il en était encore besoin, que le terrorisme n’est pas toujours comme on l’imagine : cet étranger qui est d’autant plus féroce qu’il n’intervient pas dans son propre pays. De Samorogouan à Nice en passant par Bassam et Maiduguri ainsi qu’Orlando, c’est souvent le fils du pays qui a mal tourné et qui se retourne contre la contrée de ses pères. Un peu à l’image du chien enragé qui mort la main qui le nourrit. Mais Sawadogo alpagué, combien sont-ils encore à nous côtoyer tous les jours ?

Mohamed Arnaud Ouédraogo
L’observateur Paalga du 21 Juillet 2016