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Dans l’interview, Aroudeiny Ag Hamatou, maire de la commune rurale Anderaboucane (cercle de Menaka), se prononce sur les états généraux sur la décentralisation, de leur apport sur la crise du Nord et la réconciliation nationale. Interview

Les Echos : Qu’est ce que vous attendez des états généraux sur la décentralisation ?

Aroudeiny Ag Hamatou : Notre attente c’est que notre pays se donne des institutions fortes. C’est une bonne réflexion par rapport à la résolution de la crise que nous connaissons dans notre pays. C’est aussi la refondation de tout ce que nous avons pu faire jusqu’ici pour que nous puissions mieux voler.

Les Echos : Est-ce que vous pensez que ces assises peuvent être une solution pour les questions de paix relatives au nord ?

A A H : Ces assises font partie des solutions de la crise. Les assises ne seront pas une baguette magique, mais elles donneront un cadre, c’est un des aspects qui peuvent aider les autorités centrales à savoir vers où il faut aller.

Les Echos : Pensez vous qu’avec la création du ministère de la Réconciliation et du Développement des régions du nord, le gouvernement est dan la dynamique de la réconciliation et du retour de paix au nord ?

A A H : Je pense que la création du ministère de la Réconciliation est une très bonne solution. Ce ministère nous permettra également à mobiliser toutes nos valeurs sociétales pour que par tout où les Maliens puissent vivre en paix, en cohésion et en synergie afin que le pays puisse aller de l’avant. Une nation ne se construit pas seulement à une décennie. Une nation est assez forte au prix des siècles.

Je pense qu’au-delà de la crise malienne, nous devons chaque fois nous arrêter pour regarder ce qui a marché dans notre volonté de vivre ensemble et de construire un pays émergent et ce qui n’a pas marché. Pour moi, ces assises que nous faisons en ce moment est une évaluation normale pour la construction d’une nation malienne forte et réussie.

Les Echos : Que penses-vous du récent plaidoyer à l’Onu du ministre de la Réconciliation ainsi que du Haut représentant de l’ONU ?

A A H : Je pense que ces plaidoyers sont une bonne chose dans la mesure où notre pays connaît aujourd’hui des difficultés qui ne sont pas seulement des problèmes maliens. C’est aussi les problèmes du Sahel pour ne pas dire que c’est un défi du monde. Je pense que nos gouvernants doivent toujours interpeller la communauté internationale pour qu’elle comprenne ces problèmes qui ne sont pas non seulement pour le Mali, mais un défi pour le monde. Le terrorisme est une menace pour la paix dans le monde.

Il faut une multiplication des initiatives et des moyens pour éradiquer les terrorismes. Je demande aux Maliens de rester sereins. Sachons que chacun de nous a une responsabilité de tout ce qui se passe dans ce pays et chacun de nous doit apporter une contribution pour relever le défi.

Propos recueillis par

Sidiki Doumbia

Bintou Maiga

(stagiaire)

24 Octobre 2013