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Symbole de la lutte contre le terrorisme, le capitaine Sékou Traoré alias Bad, tué avec ses compagnons en service commandé à Aguelhok le 24 janvier 2012, vient d’entrée dans la galerie des héros de l’armée malienne immortalisé. La 37e promotion de l’Emia portera à jamais son nom. Preuve de la reconnaissance du sacrifice suprême des militaires d’Aguelhok en 2012.

Fiers de porter le nom de cet officier mort à la tâche, les récipiendaires de la 37e Promotion de l’Ecole militaire inter armées (Emia) sont au nombre 36 pour le cycle ordinaire et trois pour la formation spéciale. Ils ont juré d’honorer la mémoire du capitaine Sékou Traoré.

Pensionnaire de l’Emia entre 2002 et 2005, le capitaine Bad avait effectué de nombreux stages dont un en Chine de 2009 à 2010 dans le cadre des opérations spéciales à l’Académie d’infanterie mécanisée de Shijiazhuang.
Médaillé commémorative de campagne et Croix de la valeur militaire à titre posthume, Sékou Traoré (paix à son âme) était le commandant de la 113e Compagnie nomade d’Aguelhok. C’est à ce titre en 2012 qu’il a engagé le combat avec ses hommes jusqu’à épuisement de tous les moyens face à une coalition de séparatistes et terroristes.

Au cours de cette bataille acharné, Bad comme aiment l’appeler les intimes et ses hommes furent arrêtés et assassinés le 24 janvier 2012. La prise de la ville s’accompagnera d’un massacre de plusieurs prisonniers maliens.

Flash-back
Le 18 janvier, la petite ville d’Aguelhok est attaquée par des rebelles. L’assaut débute à 3 h 30 du matin, les assaillants commencent par couper le réseau téléphonique, tandis qu’un groupe de terroristes, dissimulés dans des habitations progressent vers le camp militaire sans être vus. Ils trouvent une position favorable sur les toits d’où ils peuvent mitrailler le camp militaire. De plus, en périphérie de la ville, les enseignants et étudiants de l’Institut de formation des maîtres (IFM) sont faits prisonniers. Ils seront utilisés comme boucliers humains pour se protéger d’éventuels raids aériens.

Cependant le premier jour, l’armée malienne repoussent les forces indépendantistes et islamistes. Elle effectue même quelques sorties avec des BRDM-2. Selon le ministère de la Défense, ce premier combat fait 35 morts chez les assaillants. Les pertes de l’armée malienne sont d’un mort et 7 blessés.

Quant aux forces d’Ançar Eddine, elles seraient dirigées par Abou Mohamed dit Cheikh Haoussa, le commandant en second du mouvement dirigé par Iyad Ag Ghaly. Selon un officier des services de renseignements, les assaillants sont commandés par le colonel déserteur Ibah ou M’Bam Ag Moussa dit « Bamoussa ».

Le vendredi 20 janvier, un convoi de l’armée malienne, parti renforcer la garnison d’Aguelhok, est repoussé lors de la bataille d’In Emsal.
Après quelques légères escarmouches, le 24 janvier, à 5 h du matin, les rebelles lancent un deuxième assaut. A court de munitions, les militaires maliens se rendent. Mais ils sont massacrés le même jour, certains sont tués d’une balle à la tête, d’autres sont égorgés.

Le lendemain, la caserne est bombardée par l’aviation malienne et, venue de Kidal une nouvelle troupe malienne commandée par le colonel Ag Gamou fait route pour Aguelhok, soutenue par des hélicoptères Mil Mi-24. Les rebelles préfèrent se retirer et abandonnent la ville, reprise sans combat par les soldats maliens, 41 corps de militaires sont retrouvés dans des fosses communes, selon un premier bilan.

En, signe de reconnaissance de la bravoure du capitaine au service de la nation, le chef de l’Etat, chef suprême des armées, Ibrahim Boubacar Kéita, a baptisé la 37e promotion de l’Emia du nom de Sékou Traoré dit Bad. Témoignage éloquent de la valeur de l’officier, ses camarades de classe parlent d’un parcours scolaire brillant alors que ses compagnons d’arme évoquent une carrière professionnelle marquée du sceau de l’excellence.
Selon un rapport de publié en janvier 2013 par le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme, 153 soldats maliens ont été faits prisonniers et selon une estimation militaire 94 d’entre eux auraient égorgés ou exécutés d’une balle dans la tête.

Alpha Mahamane Cissé

L’Indicateur du Renouveau du 11 Août 2016