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Après les affrontements qui ont opposé la semaine passée le régiment des commandos parachutistes de Djicoroni, ex- garde présidentielle, au reste de l’armée malienne, les arrestations et les interpellations se multiplient à un rythme où le peuple s’inquiète et parle de purge. A un moment où les forces de défense et de sécurité doivent s’unir pour regagner la ligne de front pour chasser les bandits armés qui règnent en maîtres absolus dans le Nord.
Depuis les tentatives de l’échec de la prise de l’ORTM, de l’aéroport de Bamako- Sénou et de la garnison de Kati, QG du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE) dans la nuit du 30 avril au 1er mai par les bérets rouges, l’armée malienne traverse une des crises les plus aigues de son existence.

En effet, dans la neutralisation du régiment auquel appartient l’ancien général fuyard, ATT, certains hauts gradés de l’armée malienne seraient aux arrêts ou interpellés. Si on n’y prend pas garde, ces procès d’intention risqueraient de dévier notre armée de sa mission régalienne de défense de notre territoire dont les 2/3 sont aux mains des gens sans foi.

Aujourd’hui, l’urgence pour les militaires n’est plus moins que la reconquête de la partie septentrionale et la sécurisation d’une population qui perd chaque jour davantage l’espoir quand à la volonté réelle de notre armée à faire face à sa mission de sauvegarder l’intégrité territoriale. Et cette population le prouve chaque fois que l’occasion lui est donnée de s’exprimer sur les ondes des radios étrangères.

Au lieu de lancer un appel aux autorités militaires et politiques, nos sœurs et frères qui vivent sous la menace d’une crise alimentaire et de menace de mort permanente invitent la communauté internationale à leur venir en aide. Ce cri de détresse est un signal fort à nos autorités plus préoccupées par les intérêts égoïstes que l’on peut tirer d’une nomination fantaisiste et népotique.

Et les affrontements sanglants qui ont opposé les militaires donnent raison à pas mal de nos compatriotes qui pensent qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un positionnement pour le partage du butin. Dont le premier acte s’est concrétisé par la formation du nouveau gouvernement.

Aussi, dans le milieu militaire, serait- il question de payer aux bérets rouges leur fuite précipitée dans la débâcle que notre armée a subie devant les rebelles. Selon certaines sources, les commandos parachutistes n’auraient livré aucun combat et auraient été les premiers à abandonner la ligne de front.

Donc, il fallait s’attendre un jour à un affrontement entre des hommes qui se regardaient en chiens de faïence. Et la situation a explosé ce jour 30 avril avec des morts et des blessés, encore une fois de plus des Maliens.
Dans cette guéguerre, l’armée sortira affaiblie. Surtout qu’après la traque des bérets rouges, on est en train de procéder une purge qui ne dit pas son nom.

Les interpellations et les arrestations en cours ne viseraient que les hauts gradés proches des anciens présidents ATT et Alpha Oumar Konaré. Sachons raison gardée. Sinon, on risque de tout perdre.
Aujourd’hui, nous devons avoir une armée dit haut et fort que «nous préférons la mort que la honte» et non «la honte que la mort».

Yoro SOW

L’inter de Bamako du 7 Mai 2012