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Tant à travers ses tweets que ses prises de paroles, l’honorable Moussa Mara semble prendre plaisir à porter un manteau d’opposant, sans le dire.


Dans son récent tweet, qui a fait tiquer sur la colline du pouvoir (le palais de la présidence, Koulouba), le désormais Honorable/Excellence Moussa Mara se donne une toute autre liberté de ton. « Liberté pour Clément Dembélé : Je demande aux proches de Clément de porter plainte pour enlèvement afin que la justice se saisisse de ce dossier et qu’on mette un frein aux arrestations arbitraires et détentions extrajudiciaires au Mali », a-t-il tweeté.

S’y ajoute que dans une interview accordée à notre confrère L’Essentiel du Mali, le président du parti YELEMA se veut toujours critique et défenseur de « la politique autrement ».

« Il est vrai que les conditions de son élection en tant que député et puis de la façon dont il a été imposé à son propre parti par le chef de l’Etat ne militent pas en sa faveur. Il souffre donc au début de plusieurs défauts de légitimité qui expliquent la défiance des maliens. Le Mali d’aujourd’hui a besoin d’un parlement défenseur du peuple et très indépendant pour ce faire. Quand le chef de cette Institution est installé par l’exécutif, il est clair que c’est très mal parti »

A propos de son positionnement à l’Hémicycle, Moussa Mara est intransigeant sur son indépendance et son esprit critique et de propositions. « Nous ne sommes pas de la majorité, à la différence de presque tous les autres partis. Etant seulement trois députés, nous ne pouvons former de groupe parlementaire. Nous serons donc non-inscrits mais nous comptons nous battre pour défendre nos idées et les intérêts de nos concitoyens. Comme nous l’avons promis, nous nous inscrirons dans les commissions et nous travaillerons au sein du parlement pour contribuer à le rendre plus efficace. Nous ne sommes demandeur d’aucun poste et nous maintiendrons notre stricte indépendance vis-à-vis de l’exécutif ».

L’ex-Premier ministre promet de se battre pour aider la commune IV, où il a été élu avec son colistier le jeune maire Assane Sidibé.

Parlant de la crise scolaire, M. Mara dira qu’il y a des solutions qui nécessitent une forte volonté politique du Gouvernement. « L’une de nos priorités de députés sera d’interpeller fortement le Gouvernement afin qu’une solution soit trouvée à la question de la crise de l’éducation. Il faut impérativement mettre les enseignants dans leurs droits et rapidement. Si on a été capable de dégager 500 milliards de FCFA pour faire face à la pandémie du COVID 19, on doit pouvoir trouver 10% de cette somme pour l’éducation qui engage notre avenir », a-t-il martelé.

Bruno D SEGBEDJI
L’Essor du 27 Mai 2020