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Les ingérences malheureuses dans les choix et les élections des responsables constituent une plaie dans notre système de démocratie en construction.

Il n’est que d’observer les cas illustres tels que cette élection qui a porté à la tête d’une grande organisation socioprofessionnelle un haut responsable dont tout le monde convient qu’il n’a pas le profil de l’emploi.

Ce qui est grave dans cette affaire, c’est que son élection aurait été planifiée et favorisée par de hauts responsables qui auraient de l’avis général pesé lourdement dans le vote des délégués venus des régions pour le renouvellement.

Ces gens n’ont nullement rendu service à l’intéressé et encore moins au pays.

Qu’est ce que ces responsables de ce Mali dit démocratique depuis plus de 15 ans peuvent reprocher aux anciens responsables de l’ex UDPM dont ils sont en train de perpétuer les pratiques ?

Qui ose dire qu’on n’est pas en plein dans la restauration de l’ancien système ? Où est le changement ? La seule certitude, c’est que l’élection de ce responsable est une grosse bévue qui ne profite, on ne le répétera jamais assez, ni à l’élu, ni au pays, mais à ceux qui en seraient les inspirateurs de ce que je n’hésite pas un instant à considérer comme un complot ourdi contre le Mali et les braves populations dont les intérêts sont ainsi sacrifiés au non de quel dessein inavoué !

D’autant que dans le contexte ouvert d’économie intégrative que nous vivons, le premier responsable de cette organisation doit défendre les intérêts du pays et de ses millions de mandants au plan international auprès de l’OMC, de l’OHADA (et que sais-je encore ?).

Il va sûrement dans le mur et c’est l’image même du pays qui en sortira terni.
Pourtant, la campagne médiatique des préparatifs de cette élection mettait l’accent sur le choix de responsables auxquels les membres de cette organisation s’identifieraient.

Mais à l’arrivée, c’est un faire valoir que l’on fera élire avec un piston de la pire espèce à savoir la corruption. Encore un pauvre innocent à qui on fera porter les chapeaux faisandés.

Tout cela se murmure dans les salons et dans les bureaux et l’on prétend construire et renforcer ainsi la démocratie. Non, assurément et ATT gagnerait, et le Mali avec lui, à opérer les vrais changements pour lesquels il avait été élu.

Nous avions tous pensé, à son élection en 2002, qu’il disposait en tant qu’Indépendant, d’une marge de manœuvre plus importante qu’un candidat issu d’un parti politique pour procéder à des changements notoires dans la vie publique au Mali.

Aujourd’hui, force est de reconnaître que c’est bien la déception car, tout comme sous le régime défunt de GMT, l’entourage du Boss composé de gens zélés et qui se croient investis de la mission de régenter la vie publique sont en train de pourrir l’atmosphère au vu et su de tous.

C’est un crime que d’assister passif à ce genre de pratiques qui consistent à barrer le chemin à certains uniquement parce qu’ils ne sont pas à la dévotion de quelqu’un.

On peut régler les comptes sans passer par des actes anti-démocratiques d’achat de voix et de campagnes systématiques de dénigrement savamment distillées.

De cela, le pays n’a nullement besoin et les responsables de tels actes doivent être sanctionnés, fussent-ils des proches du Boss. Bon, comme l’impunité a droit de cité pour certains, je peux toujours rêver…

Etant donné qu’aucune opposition crédible et digne de ce nom n’existe dans ce pays, il appartiendra aux médias privés essentiellement, à quelques citoyens responsables et aux rares intellectuels courageux de dénoncer ces maux qui minent le pays. Preuve que la démocratie est bien en recul depuis 2002.

L’entente cordiale contre nature qui regroupe ATT et l’ensemble des partis politiques du pays autour d’un grand mets de strapontins et de porte feuilles, au nom du renoncement aux convictions profondes dont les uns et les autres s’étaient toujours targués par le passé, n’arrange rien.

Unanimisme soporifique ou pandémie généralisée de suivisme ne permettront pas de construire le pays, qu’on le se tienne pour dit ! La démocratie, faut-il le rappeler, c’est instaurer le débat dans la gestion des affaires de la cité.

Sans ce débat libre, il n’y a pas de démocratie et alors le régime en place est dictatorial. Le prix à payer pour instaurer la démocratie, c’est permettre que le débat sur les questions de sociétés soit instauré.

Il est temps de tirer sur la sonnette d’alarme par rapport aux agissements de ces zélés s’accrochant à leurs intérêts privés égoïstes et mesquins et qui sont décidés à rentrer dans tous les murs qui s’opposent à leur élan avant qu’il ne soit trop tard.

D’autant que ces gens ont des moyens considérables et qu’à l’occasion des élections de 2007, ils risquent de doter le pays, par le même truchement d’achat des consciences, d’un parlement composé de députés de bas étage, incapables de prendre par eux-mêmes la moindre décision sans s’en référer à leurs obligés.

Aujourd’hui, le parlement est composé de députés qui sont dans leur grande majorité à la hauteur et cela est heureux.

En effet, la présente mandature ne manque pas de piquant et les débats à l’AN ont commencé à intéresser les populations qui suivent avec un grand intérêt les interpellations des membres du gouvernement par les honorables députés.

Mais qu’en sera-t-il en 2007 lorsque des courtisans et sous-fifres de la pire espèce seront jetés à la pelle à l’AN en qualité de députés pour servir les intérêts de quelques quidams?

Il y a bien de quoi s’en inquiéter et faire appel à la vigilance d’ATT sur les agissements de certains qui se disent proches de lui et qui filent du mauvais coton.
A tout le moins…

Youssouf CAMARA

22 août 2005