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A l’instar des autres pays de la planète, l’Afrique n’échappe pas à ces deux réalités sociales que la conjoncture économique et la mondialisation n’ont contribué qu’à exacerber : l’argent et la politique.

Chaque pays ayant ses propres “chats à fouetter”, surtout les pays dits “sous-développés” ou “en voie de développement”, l’Afrique se retrouve le plus dans “l’oeil du cyclone“, pourrait-on dire.


Le pari sera t-il tenu?

Le climat politique ivoirien se réjouit actuellement de l’ère de la “réconciliation nationale” consacrée par l’entrée de leaders de l’ex-rébellion dans le gouvernement. Mais avec les enjeux incertains d’une élection présidentielle dont la date, maintes fois fixée et maintes fois reportée, cette entente gouvernementale entre parties de Ggagbo et de Soro risque de transformer la joie de cette réconciliation en rictus de dépit.

Et pour cause : les actuels recensements électoraux, relatifs à l’identification des citoyens en vue de la prochaine élection présidentielle, accusent bien des couacs. A tel point que le Premier ministre Guillaume Kigbafori Soro s’en inquiéte et déclare que lesdits recensements ne finiront pas avant la date fixée pour ladite élection présidentielle. Et qu’il s’avère nécessaire… de repousser la date de cette élection,… une fois de plus.

Alors, une question capitale pend à la bouche des citoyens, particulièrement ceux de la capitale ivoirienne : Laurent Koudou Gbagbo acceptera- t-il une fois de plus ce énième report de la date de l’élection présidentielle, en dépit de sa volonté et sa disponibilité à se soumettre au “deal” de la réconciliation nationale?…

Des ministres aux gris-gris

L’on se souvient qu’avant cette deuxième réconciliation nationale ivoirienne, il y en avait eu une première en Juin-Juillet 2003. Et qu’elle a été “capotée”, du fait que la méfiance régnait plus que jamais (ne règne-t-elle pas encore?) au pays de Gbagbo. Qu’on en juge

Avant d’entrer dans la salle du Conseil des ministres, les membres du gouvernement étaient soumis à une fouille en règle. C’est à voir même si les fouilleurs ne poussaient pas le zèle, voir l’audace, jusqu’à aventurer leurs mains… là où il ne faut pas…

C’est que les ministres de la “réconciliation nationale” étaient tous bardés de “waks” (fétiches), pentacles et autres objets “anti-missile” (de protection occulte). Mais les sbires de la Sécurité d’Etat leur confisquaient toutes ces “médailles de la légion… d’horreur”, et ne les leur rendaient qu’à la fin dudit Conseil des ministres.

Dommages et intérêts

Autres lieux, autres réalités. En Juillet 2003, pendant que les dirigeants ivoiriens se crêpaient le chignon pour la suprématie du pouvoir, une affaire toute différente se passait au Kenya.

En effet, à la même date, le ministère britannique de la Défense était assigné en justice par… 650 femmes kenyanes. Pourquoi? Parce que de 1971 à 1997, ces femmes avaient subi… des viols répétés de soldats anglais. De ces unions aussi forcées qu’indésirées est née une ribambelle de sang-mêlé.

Si bien que les mères de ces métis s’étaient transformées en syndicats de plaignantes qui réclamaient à cor et à cris la bagatelle de… 30 millions de dollars de dommages et intérêts au gouvernement de sa gracieuse Majesté britannique.

Compensations

Qui parle de dommages sous-entend une compensation. Aussi, il y a quelques mois, l’Italie consentait la faramineuse somme de 5 milliards de dollars US à la Libye, soit… 2 500 milliards de FCFA. Et pour quelle raison? Pour compenser 25 ans d’occupation coloniale de la Libye par l’Italie.

Pourtant, la Libye fut occupée par l’Italie durant 32 ans, soit de 1911 à 1943. C’est dire que l’ancien pays colonisateur reste encore redevable de 7 ans de compensation financière à son ancien pays colonisé.

C’est constater, d’autre part, qu’on a beau être riche, comme l’est le Guide de la Jamahirya arabe libyenne, une rentrée fraîche d’argent est quand même toujours la bienvenue. Comme quoi, on a beau être riche comme Crésus, on ne crache pas sur l’argent, bien au contraire


Oumar DIAWARA

17 Octobre 2008