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La situation politique au Mali est en pleine mutation après une expérience plus ou moins riche dans la pratique démocratique. Tous vous diront que notre démocratie est jeune, qu’elle a besoin du temps pour se raffermir. Cependant, force est de constater que les actes qui sont en train d’être posés le long du processus démocratique ne sont pas toujours de nature à aider le peuple malien à avancer dans la consolidation des acquis.

C’est pourquoi, au fur et à mesure du processus démocratique, à la faveur des pratiques incompatibles avec les valeurs sociétales et démocratiques, le peuple malien: classe politique et représentants de la société civile, il y a de plus en plus de questionnements. Du côté des pouvoirs publics également, c’est le même cas. Alors, que faut-il faire? Où se situe le problème? Par où commencer?

Une remise en question pour un don de soi

C’est sans doute la reponse à cette série de questions qui nous aidera à évoluer favorablement vers la consolidation des acquis, mais aussi la quête de nouveaux repères en matière politique. Cela signifie, à n’en pas douter, qu’il est nécessaire de se remettre en question, de corriger les lacunes et insuffisances afin d’aller de l’avant.

A l’étape actuelle du processus démocratique, il n’est pas évident que tous adhèrent à cette démarche et cela pour plusieurs raisons. La classe politique est fortement divisée et ce n’est pas aujourd’hui que cela a commencé. En effet, on se rappelle que depuis la gestion du pouvoir par l’Adéma, les différentes composantes de la classe politique étaient en proie à des divergences d’intérêts et de vues qui finiront par affecter leur cohésion.


Une tradition scissions

Curieusement, même l’ancien parti majoritaire au pouvoir n’a pas été épargné par ce cycle infernal de scission. Consécutivement à ce processus, certains partis étaient affaiblis, perdant ainsi des cadres et militants, donc une frange plus ou moins importante de leur électorat. La situation des partis politiques ne fut pas davantage reluisante avec l’arrivée d’ATT au pouvoir.

En effet, le peuple malien est témoin du fait que les partis politiques sont confrontés à des crises nées de leur pragmatisme qui jure le plus souvent avec les exigences envers les partis dont la vocation première est la conquête du pouvoir. Mais la réalité est que tous ne peuvent accéder au pouvoir, en raison de leur faible représentativité sur l’étendue du territoire national.

Dans tous les cas, au file du processus démocratique, des voix se sont levées au sein de la classe politique pour affirmer qu’aucun parti, à lui seul, ne pouvait remporter les élections présidentielles. Cette idée fait surtout allusion aux partis dont les leaders se feraient des illusions qu’ils pourraient gagner les présidentielles avec ou sans le soutien d’autres.

La source des divergences

L’expérience démocratique au Mali démontre qu’aucun parti solidement implanté n’a pu préserver sa cohésion de façon durable. C’est à ce niveau qu’il y a le pêché originel de la plupart des partis. Dans les rangs, l’Adéma demeure le plus fort jusqu’à la preuve du contraire et cela malgré que ce parti ait subi trois scissions. C’est surtout à ce niveau que s’impose une révision de copies afin de corriger les problèmes qui entament fréquemment la cohésion des partis et la crédibilité de certains acteurs politiques.

A bien voir à l’intérieur des grands partis, on se rend compte qu’il y a toujours deux grandes tendances: ceux qui se montrent conservateurs et se battent toujours afin que leur parti présente des candidats à toutes les élections et ceux attirés le plus souvent par des alliances avec d’autres partis pour, au finish, tirer les bénéfices ou récompenses de leur soutien politique ou électoral.

Des cadres au crépuscule de leur carrière politique

Comme le diront certains acteurs politiques, être membre du gouvernement est une sinécure. C’est d’ailleurs à la faveur de cette ambition que certains hauts cadres mettent leurs partis en difficulté, n’hésitant pas à claquer la porte du parti, pourvu qu’ils restent ministres.

Mais, l’expérience nous a démontré que les acteurs politiques qui s’adonnent à de telles pratiques sont au crépuscule de leur carrière politique. C’est pourquoi à ce nveau également il y a lieu de revoir les relations des cadres avec leurs partis. Ils doivent être les premiers à respecter la légalité afin d’inciter les militants de base à tous les niveaux à faire de même.

C’est cet exercice qui s’impose aux uns et aux autres, toutefois s’ils veulent aller loin. Politiquement. Il s’agit de prospecter de nouveaux repères qui feraient que les uns et les autres s’imposent une discipline de nature à préserver la cohésion de leur parti. Cela n’est possible que lorsque les premiers responsables des partis donnent l’exemple.

Malheureusement, certains d’entre eux sont dans le dilemme s’expliquant par la faiblesse de l’ancrage idéologique au sein des partis. Aussi, ces nouveaux repères, ce ne sont pas des associations politiques qui seront en mesure de les élaborer. Alors, chacun doit prendre ses responsabilités face aux perspectives.

Moussa SOW

17 Octobre 2008